La conf paysanne dénonce un projet d’agrivoltaïque

La préfecture du Puy-de-Dôme s'était opposée au projet entre Culhat et Bulhon. Mais la société Photosol Développement a gagné à la cour administrative de Lyon.

Le projet avait été retoqué par la préfecture, pour des questions paysagères, environnementales et de priorité agricole. L’arrêté était basé sur l’avis unanime de la profession agricole et des associations environnementales présentes en Commission Départementale de Préservation des Espaces Naturels.

Une multinationale de l’énergie derrière le projet

Ce projet de 103 hectares était proposé par Photosol Développement, désormais détenu par Rubis, une multinationale spécialisée dans l’Energie. « Il ne s’agit pas là d’un développement agricole » S’agace Eric de la Conf paysanne. « Mais simplement d’aider une multinationale à développer son business. »

Pour le syndicat, « installer un parc photovoltaïque artificialise la terre avec des ancrages béton, des clôtures, des lignes électriques perturbant la faune et la flore. »

Les parcelles du projet seraient couvertes à hauteur de 43 %. « L’INRAE estime que c’est une perte de rendement de plus de 40%. » Des éleveurs pourraient mettre leurs ovins sous les panneaux. « Mais cela deviendrait une prestation d’activité très limitée par l’infrastructure mise en place. » Continue Eric.

L’agrivoltaïque, c’est quoi ?

Le sens même de l’agrivoltaïque fait parfois grincer le monde agricole et écologiste. Il s’agit de déposer des panneaux solaires sur des terres agricoles. Le but étant de privilégier la production agricole avant la production d’électricité. Les panneaux doivent donc être suspendus de manière à laisser le champ accessibles aux animaux, et travailleurs. Néanmoins, ce type d’installations est très contrôlé car le passage des engins, l’ombrage, les nuisances visuelles et sonores peuvent détériorer le paysage, ainsi que l’écosystème.

C’est ce qui avait été retenu par la préfecture du Puy-de-Dôme qui avait interdit cette installation par la société d’énergie. « On encourage davantage la pose de panneaux solaires sur les toitures qu’en plein champ. » Conseille la Confédération Paysanne qui rajoute : « Ce genre de projets ne sert qu’aux énergéticiens, au détriment de la paysannerie. »

La cour d’appel administrative a tranché.

La cour d’Appel Administrative en a pourtant décidé autrement, en autorisant ce projet de 190 mille panneaux. Elle estime que l’installation ne sera pas visible des routes départementales, et donc ne pourra pas gâcher le paysage. S’appuyant sur le code de l’urbanisme, elle relève le fait que le règlement peut « autoriser des équipements(…) dès lors qu’elles ne sont pas incompatibles avec les activités agricoles. »

Or, la cour a estimé que les 3 éleveurs prestataires pourraient se dégager jusqu’à 33 mille euros avec ce projet. Enfin, la cour n’a pas retenu crédibles les impacts environnementaux, dénoncés par la préfecture et les associations environnementales. L’état a d’ailleurs été condamné à payer 2000 euros à la société Photosol.

Une décision qui alarme la confédération Paysanne et la FNE 63 quant à l’accélération de ces projets dans le département.

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3 réflexions sur “La conf paysanne dénonce un projet d’agrivoltaïque”

  1. On laisse donc les multinationales faire la pluie et le beau temps y compris dans la production d’énergie !
    les Politiques devraient confier la production d’électricité aux opérateurs plus vertueux et l’environnement n’est pas le seul critère à prendre en compte. Car qui paye les dividendes de ces sociétés boursières, les particuliers qui reçoivent leur facture via ENEDIS ou autre. C’est pareil pour le solaire particulier. On met en place un système qui profite aux détenteurs d’action en alignant les tarifs sur des objectifs financiers qui n’ont rien à voir avec les besoins en énergie.
    De plus comme il est dit Rubis veut « devenir un acteur majeur de la production d’électricité renouvelable en France financé par les excédents de trésorerie de l’activité de distribution d’énergie ». C’est clair, il n’y a pas de petits profits. Les marges liées à la distribution des carburants fossiles donc payées par les consommateurs vont être investies dans des projets qui vont dégager d’énormes profits. Pour des fortunes déjà bien constituées comme Bolloré et Dassault.
    Donc non à ce projet porté dans le seul but de s’enrichir mais oui si c’est un projet déconnecté de la finance.

    1. Pourquoi oui si déconnecté de la finance ? Des panneaux sur les toits et les friches industrielles suffiraient largement à couvrir nos besoins en électricité (étude ADEME). Là on occupe, voire on artificialise, des terres agricoles de qualité alors que la pression foncière n’a jamais été si importante et que l’équivalent de la surface d’un département de terres agricoles disparait tous les dix ans. Comment compte-t-on se nourrir ?
      L’excuse agricole ne tient pas pour se genre de projets. L’ombrage des panneaux fait chuter les rendements, toutes productions confondues. Quid du bien être animal ? Ces surfaces de panneaux photovoltaïques créent des champs éléectro-magnétiques que les humains ne supportent pas, alors que dire des moutons… Enfin modifier une telle surface (1km sur 1km, 15 minutes pour le traverser à pied) là où il y a des zones humides bouleverse fortement le milieu. Quelles conséquences pour la biodiversité ? L’alouette lulu, espèce menacée et nichant sur le site, va-t-elle vraiment s’accommoder du changement ?
      Il n’y a aucune bonne raison de souhaiter ce projet et tous les autres qui sont dans les tiroirs.

    2. A quand un statut juridique encadré semblable à celui du statut du fermage concernant la location de terres agricoles à ces energeticiens dont le seul objectif est de voir leurs projets aboutir avec la connivance de propriétaires pseudos agriculteurs , judas à la vocation agricole dont ils se targuer sur l hotel du profit.

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