Tous les ans, le Collectif de Luttes Contre les Extrêmes-droites (CLED) , regroupant 27 organisations, appelle à une manifestation antifasciste pour rappeler que le danger néofasciste n’est pas loin. 400 personnes étaient donc réunies dans les rues clermontoises, dans une ambiance bon enfant, notamment menée par une fanfare et des slogans antifascistes.
Et pas seulement le traditionnel « Siamo Tutti antifascisti », slogan né en 1920 en Italie contre Mussolini, honoré par les applaudissements en rythme et en l’air.

Le cortège de départ s’est d’abord rempli de jeunes, puis les syndicats étudiants tels que l’Union Etudiante ou la FSE ont suivi. (Ces deux syndicats ont d’ailleurs récolté 3 places à eux deux lors des élections étudiantes, alors que le syndicat d’extrême-droite, La Cocarde, et le syndicat l’Uni n’en ont obtenu aucune.)
Le syndicat Solidaires, Greenpeace, ATTAC, les milieux LGBTQIA+ étaient aussi bien représentés. Enfin des personnes non encartées sont venues peaufiner les rangs.
Lors de la manifestation, de nombreux passants ou personnes à leur fenêtre ont applaudi la foule. « Cela fait du bien de se sentir soutenu par la population. » Explique un jeune militant. Ce à quoi lui répond un homme d’une cinquantaine d’années, venu faire ses courses : « Il ne faut pas être idiot pour se rendre compte que le monde entier devient fasciste et qu’il faut lutter contre. »

Alain Chevarin, historien, explique que « la situation n’a jamais été aussi dangereuse depuis 80 ans. »
Contexte international
Ainsi, Loris, du syndicat Solidaires, dans sa prise de parole place de Jaude, rappelle le contexte international avec notamment la milice Ice aux Etats-Unis, mais pas seulement : « En effet, Capgemini, entreprise de conseil française a collaboré avec ICE pour près de 5 millions d’euros pour fournir des solutions de localisation des migrants, mais grâce à la mobilisation des syndicats et les réactions du public, Capgemini s’est séparée de sa filiale états-unienne. »
Il rappelle qu’en Europe, le climat se détériore : « Ici en Europe, partout les extrêmes droites progressent dans les urnes et parfois gouvernent déjà. Elle s’allie avec la droite au parlement Européen pour durcir la politique migratoire et baisser les règles environnementales aux entreprises. En Italie, les lycéen-nes sont invités à dénoncer leur professeur-es qui seraient « de gauche ». En Ukraine, ou l’invasion russe fait encore rage, les militants d’extrême droite de toute l’Europe s’engagent des deux côtés dans des milices et s’entraînent en espérant une guerre de civilisation. Ces extrêmes-droites sont toutes en lien entre elles et sont proches de Trump, Le Pen et Bardella apparaissent même dans le dossier Epstein pour leurs financement de campagne. »

Il termine son discours par une approche plus mondiale rappelant les drames en Iran, Syrie ou encore la Palestine.
Contexte national
Juliette Lanos, militante LFI, donne un contexte national dans lequel le RN ne cesse de progresser, avec 125 députés à l’assemblée. « Selon les chiffres du ministère,déjà sous estimés, il y a aujourd’hui en France 25 agressions racistes par jour (soit une hausse de 30 % depuis 2022). Quant aux agressions transphobes ou homophobes, elles ont triplé par rapport à 2016. » Elle rappelle que cette violence n’est pas un hasard, mais les politiques et les médias ont participé à la démocratisation des idées néo-fascistes. « C.News et les médias Bolloré sont le triste exemple de comment les médias forgent désormais un discours raciste, islamophobe, conservateur, qu’ils imposent comme seul objet de discussion médiatique. Ces 4 dernières années le mot « immigration » a été prononcé 69 353 fois sur la chaine, c’est à dire presque 50 fois par jour ! »
D’abord se rassembler
Enfin le FPRA, Front Populaire Révolutionnaire Antifasciste clermontoise, a terminé les prises de parole en parlant de l’actualité locale, notamment avec Clermont Non Conforme, groupuscule néofasciste basé dans la capitale auvergnate. Le FPRA rappelle donc la nécessité de se rassembler pour lutter contre la montée de l’extrême-droite. « Les fascistes profitent des nombreuses destructions de la bourgeoisie pour se nourrir de la confusion et embrigader des jeunes qui se fanatisent (…) l’un des vices du capitalisme c’est de nous isoler, donc la riposte c’est d’abord de se rassembler. »
Après ces prises de parole, Yves Chilliard de l’AFPS 63 a pris la parole au nom du peuple palestinien.
Puis, le cortège s’en est allé devant la maison de la culture où se déroule actuellement le festival international du court-métrage. « Une façon de nous visibiliser et d’appeler à la solidarité. »
1 réflexion sur “« Le fascisme est à nos portes… »”
Mais le fascisme est au pouvoir depuis plusieurs dizaines d’années.
Si l’on regarde de près le contenu des grandes orientations de politique économique de l’Union européenne et ses réformes structurelles qui flexibilisent le marché du travail, retardant l’âge de départ à la retraite et nivelant par le bas les conditions de travail de la plupart de nos compatriotes, le contenu de l’article 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne qui réglemente depuis plus de trente ans la profession de nos aïeux et à lui seul, draine plus du tiers du budget européen, le statut très humaniste de travailleur détaché, le dumping social et les délocalisations encouragées par l’acte unique européen de 1986 et qui permettent de faire entrer en concurrence les législations sociales des pays constitutifs de l’UE tout en favorisant celles qui s’assoient en toute quiétude sur le droit du travail. Le peuple est bafoué depuis bien trop longtemps.
Si le RN passe au pouvoir, cela ne sera que la continuité d’une politique néo-libérale qui n’a cure des classes sociales défavorisées et non une rupture totale comme vous le prétendez.
Rappelez que vous que le gouvernement Valls 2 (de 2014 à 2016) a procédé à des démantèlements de camps de migrants, des chasses aux clandestins, des reconductions aux frontières, des interdictions de manifestations (lors de la cop 21, les écologistes alternatifs ont été embarqués par les forces de l’ordre), la promotion d’un globalisme destructeur de la planète. Et à cette époque, je ne me souviens pas de beaucoup de manifestations de groupes antifascistes.