Solidarité : on a passé une soirée avec la « Maraude Clermont-Ferrand »

Crédit : Dioptrie Photography
Depuis bientôt 7 ans, plusieurs bénévoles de l’association "Maraude Clermont-Ferrand" se réunissent tous les lundis. Certains sont en cuisine pour préparer plus de 70 plats et d’autres sont sur le terrain pour distribuer repas, vêtements, produits d’hygiènes mais surtout de l’amour et du lien social. Lors de la dernière maraude, les bénévoles ont pu nous faire part de leur engagement mais aussi de leurs craintes face à un public toujours plus nombreux.

Ici, la seule règle est qu’il faut prévenir au moins la veille, le dimanche pour le lundi. Sinon, tout le monde peut venir donner un coup de main pour la maraude, que l’on vienne une fois ou que l’on s’engage plus régulièrement. Ce qui ne change pas en revanche, c’est l’investissement des bénévoles. Voilà près de 7 ans que la Maraude Clermont-Ferrand existe. L’association se donne pour mission de venir en aide aux sans-abris par différents moyens.

Maraude « sauvage »

Si la Maraude compte trois personnes au sein de son bureau (Nora, Domitie et Nico), il est difficile de faire le compte des bénévoles. Il y a bien 6 ou 7 réguliers mais sinon, tout dépend du temps et des disponibilités de chacun.

La tournée a lieu tous les lundis. C’est un bénévole qui cuisine. Parfois, il paye tous les produits mais si c’est impossible, l’association fait les courses pour lui ou le rembourse. La cuisine est halal pour ne stigmatiser personne et il faut réussir à faire une soixantaine de repas.

Lorsque tout est prêt, on charge les voitures et la tournée commence. « On dépend purement des dons, il n’y a rien d’officiel. Même si on est une association, on est un peu une maraude sauvage. », s’amuse Nico, bénévole. Sauvage peut-être mais la maraude a su se faire une place auprès de ceux qui en ont besoin et rencontre un succès toujours plus grand.

Repas, fringues et chaleur humaine

Nous avons rendez-vous à 18h30, place de La Fontaine, à Montferrand. Pas de mal à trouver le lieu de rassemblement. On est en avance et une vingtaine de personnes est déjà regroupée. Ça discute, ça rigole, ça se serre la main. Nico arrive. Le grand gaillard décharge le coffre de sa voiture et la distribution commence. « On distribue des repas chauds, des vêtements et des produits d’hygiène. Mais on vient aussi pour l’aspect social, discuter avec les gens, les faire sortir de leur train-train. », explique ce dernier.

Ce soir, avec lui, il y a Karine, Miloud, Lisa, Vivien, Alice et Lucas. « Ici, on vient se rassembler, boire un coup, discuter. C’est vraiment l’esprit de Montferrand, le partage. », explique Hacim, un bénéficiaire qui vient à la maraude depuis 5 ans.

Vivien est bénévole depuis mars. Il est étudiant. « J’avais envie de m’engager et on s’est motivés avec une pote. J’ai choisi ça parce qu’il y a du contact. Et que le public de la rue, c’est ce qui choque le plus, c’est la première misère qu’on voit. », explique-t-il.

Autour de lui, les bénévoles s’activent, il reste encore beaucoup de bénéficiaires à rencontrer. « Merci beaucoup, merci pour tout. Merci Nico. », lance une dame avant de partir. Karine lui donne une paire de gants et la maraude s’en va pour rejoindre la gare, deuxième point de passage.

Un calcul facile à faire

Dans la voiture, ça rigole. Une vraie bande de copains. Nico explique pourquoi tout le monde appelle Karine « Maman gâteau ». « En fait, depuis qu’elle est là, les bénéficiaires ne veulent plus que ses gâteaux tellement ils sont bons. », révèle-t-il.

La plaisanterie est de courte durée. En arrivant à la gare, on trouve plus de monde que prévu. « Bon, c’est un repas par personne ce soir. », tranche Nico avant que l’équipe ne descende du véhicule. Mais même avec cette directive, en l’espace d’une minute, il n’y a plus rien. Pour la première fois, Nico et Karine doivent aller acheter des sandwichs. En attendant, nous restons avec les autres bénévoles et les bénéficiaires aux abords de la gare.

« Il y a de plus en plus de monde. », souffle un jeune homme. Pour la maraude, pas facile de s’adapter. Le public varie selon la période du mois ou la météo. Mais une chose est sûre, les demandeurs ont explosé. « C’est la première année que je vois ça, c’est abusé. Il y a de plus en plus de misère et pour nous, c’est frustrant. Nous on galère un peu mais il y en a qui galèrent beaucoup. », confie Miloud, bénévole depuis 3 ans.

Crédit : Dioptrie Photography

Pour Nico, le calcul est vite fait « Aujourd’hui, avec autant d’argent, on achète moins mais il y a plus de bénéficiaires. ». Ce soir, l’arrêt à Delille sera rapide. Avant, la maraude parvenait même à rajouter un dernier arrêt au Mazet pour distribuer les repas restants. Aujourd’hui, on peine à terminer la tournée classique. Les bénévoles ont un goût amer dans la bouche. Pour autant, ils restent motivés. Noël approche. Comme chaque année, ils organisent une grande collecte. Trois lieux de stockage existent à Clermont, Riom et Orcines. Habituellement, les bénévoles rassemblent 200 à 300 colis. « Cette année, on en espère 500. », optimise Nico.

Lui et la maraude cherchent des bénévoles pour aider à cuisiner ou distribuer les repas ou autres vêtements et produits d’hygiène. Pour cela, il suffit de leur écrire sur le facebook de la Maraude Clermont-Ferrand. Vous pouvez aussi faire un don juste ici.

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