Audition libre pour deux responsables syndicaux de la SNCF

Ce matin, à 9 heures, un rassemblement a eu lieu devant le commissariat de police de Clermont-Ferrand. Arnaud et Charly, deux responsables syndicaux de la CGT SNCF étaient entendus pour des faits remontant à la mobilisation de 2019/2020.

« Je n’ai même pas reçu de convocation, on m’a prévenu par téléphone, on m’a dit que la SNCF portait plainte contre moi… » Charly en rirait presque, si ce n’est qu’il a ses enfants à récupérer aujourd’hui, et qu’il aimerait bien que ça ne dure pas trop longtemps. Son camarade Arnaud est déjà à l’intérieur, on lui reproche des « Faits de grève ». Il faut dire que les cheminots se sont faits entendre lors des manifestations contre la réforme des retraites. « On nous reproche des dégradations de biens publics, je crois, enfin je ne sais même pas, ce que je sais c’est que je suis le quatorzième à passer ! Et qu’on a tous le même profil, on est responsables à la CGT cheminots… »

D’ailleurs s’approche un ancien responsable régional. « Je suis poursuivi pour vol, dégradations, arrêt des trains. C’est le directeur TER Auvergne qui a déposé plainte contre moi, mais il assure dans cette même plainte ne pas avoir été présent au moment des faits…Il a malgré tout désigné 7 personnes dans son procès-verbal… »

Pour les vols, il semblerait qu’ont disparu les télécommandes de 8 climatiseurs… « On n’a que ça à faire !  » un autre cheminot s’approche, « surtout que la dégradation, c’est une porte défoncée, c’est lui qui va prendre, mais moi je te l’ai dit, ce n’est pas lui, c’était moi, mais moi, ils ne me convoquent pas… »

Alors que Charly est entré depuis quelques minutes, Arnaud sort enfin : « Bon, ben tout ça pour ça, les faits reprochés : un feu de palette sur un piquet de grève. la direction ne le sait pas encore, mais leur plainte est donc sans suite. C’était juste pour me faire perdre mon temps, pour nous faire peur, pour criminaliser l’action syndicale…Il n’empêche que j’ai de quoi porter plainte pour diffamation après tout ça… »

Un cheminot s’approche et raconte. Il est réparateur sur les voies. Avant, ils étaient 4 brigades de 10 personnes chacune. Désormais, ils ne sont plus que 12 en tout. « On ne peut pas assurer la sécurité des voies, on n’a plus les moyens, alors certes, on est en Auvergne, contrairement à Paris, on n’a pas un train toutes les quatre minutes, mais mes collègues et moi, nous voyons que certaines portions sont dangereuses. Nous n’avons plus de sous, nous sommes la dernière boite publique, on sait ce qui nous attend. Ils vont tout privatiser. Mais quand ce sera le cas, ce sera trop tard, il ne sera plus l’heure de pleurer, c’est aujourd’hui qu’il faut se battre, tant que nous sommes encore à peu près vivants. Mais dès que nous faisons grève, on cherche à nous le faire payer, en nous poursuivant en justice. »

Charly finit par sortir, « on me reproche d’avoir conduit un camion en décembre 2019, ça tombe bien, c’est justement mon métier ! » dit-il en riant avant de poursuivre : « La direction veut continuer le harcèlement, mais elle ne m’empêchera pas de dormir. » En conclusion, la CGT SNCF a annoncé porter plainte contre sa direction, suffisamment armée par de nombreuses affaires de harcèlement, diffamation, le syndicat veut surtout que  » la peur change de camp« . « Les criminels ce n’est pas nous » conclut l’un des preneurs de parole.

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