Au GEM TSA, soyez qui vous voulez !

Le GEM TSA est un groupe d'entraide mutuelle pour les personnes porteuses d'un trouble du spectre autistique. Celui de Chamalières accueille toutes les personnes qui souhaitent de l'aide des conseils ou simplement partager un moment de solidarité ou de convivialité.

Ce matin, on est allés à Chamalières. Juste en face de la gare, nous avions rendez-vous avec le GEM TSA, un groupe d’entraide mutuelle pour les personnes adultes porteuses d’un trouble du spectre autistique.  Nous avions rencontré l’une de ses membres lors d’une grande réunion destinée aux acteurs de la santé et de la culture sur le territoire. Quelques temps après, l’association nous rappelait dans le but que l’on vienne y faire des ateliers radio.

Bref, ce matin, on est allés à Chamalières. On ne devait pas rester très longtemps. Le rendez-vous était prévu pour définir les détails de nos futurs interventions. Mais très vite, on a pensé qu’il fallait absolument faire un article sur cette structure essentielle et passionnante. On vous explique.

Un lieu, plusieurs acteurs

Le GEM, c’est un groupe d’entraide mutuelle. Comme son nom l’indique, ici, la solidarité et la bienveillance priment. La structure est destinée aux personnes atteintes d’un TSA (Trouble du Spectre Autistique). Pour fonder un GEM, il faut trois types d’acteurs. D’abord une entité en charge de la gestion, des finances, du personnel et de l’administration. Ça, c’est le rôle de la Fondation Jacques Chirac. Il faut aussi un parrain ou une marraine. La bonne fée du GEM TSA, c’est Aspie-Friendly, programme d’inclusion pour les personnes autistes à l’université. Enfin, un GEM doit forcément contenir une association de membres comme ici, « T’Asperger ».

Il est neuf heures lorsque nous arrivons dans les locaux. L’entrée donne directement dans la grande salle. Un bar, des tables et des chaises : tout invite à rester un moment et à discuter. De l’autre côté de la pièce se trouve un piano et une petite bibliothèque. Une salle est réservée aux ateliers. Elle est presque vide et son mobilier est amovible pour que chacun puisse l’utiliser comme il le veut. Enfin, une salle de repos se trouve au fond. Ici, on vient pour bavarder, pour travailler, s’amuser ou tisser des liens.

Un groupe d’entraide ouvert sur la cité

C’est Lydie qui nous accueille. Elle est l’une des deux salariés de l’association. Cette dernière, éducatrice spécialisée et art-thérapeute est là depuis l’ouverture de la structure. À ses côtés, c’est Lucas. Lui vient plutôt du sport spécialisé et de la nutrition.

Mais l’association compte aussi plein de membres. Ils sont d’ailleurs tous bénévoles. Mais pas tous TSA. La structure est certes ouverte aux autistes mais elle se donne aussi pour mission d’accueillir les parents, accompagnants ou tous ceux qui souhaiteraient des conseils. Les locaux sont ouvert du lundi au vendredi de 10 heures à 18h30. Parfois, deux ou trois personnes passent. Certains jours, c’est une dizaine. Lorsque des évènements sont prévus, c’est carton plein.

Un peu comme un bistrot

Le GEM n’a rien à voir avec une structure médicale. Il faut plutôt le voir comme un bistrot culturel. Ici, chacun est libre d’entrer et d’échanger. Particularité : tout se fait en autogestion ! « Si un membre veut utiliser les locaux sans que l’un de nous ne soit là, il n’a qu’à le dire et on lui laisse les clés. », explique Lydie.

Chacun son truc

« Les personnes qui sont ici ont des parcours variés et parfois difficile. C’est formidable pour eux de pouvoir l’exprimer et exprimer leurs centres d’intérêt.« , poursuit-elle. Certains sont passionnés d’ufologie. D’autres d’astronomie ou d’origami. Chacun peut proposer son ateliers et l’organiser, du yoga aux jeux de société en passant par le massage. Lucas et Lydie se chargent ensuite de créer le planning de la semaine.

10 heures. Bernard arrive avec sa chaise de massage. Il commence son atelier Amma (soigner avec les doigts en japonais). C’est son métier dans la vie de tous les jours. Pour lui, c’est important de faire découvrir par le toucher. Océane, elle, est en train de faire son agenda de la semaine avec des pictogrammes. « Je fais ça car j’ai du mal à retenir l’écrit. Moi, c’est plutôt les images. », indique la jeune femme.

Élina est au piano. Elle s’arrête le temps de nous expliquer son parcours. À l’école, c’était chaotique. Elle voudrait travailler ici « car malgré la timidité, je voudrais aller vers les autres. Ici, je suis aidée mais j’aide aussi. ». Elle est violoncelliste et pianiste. « La première fois que j’ai joué devant les autres, c’était là. Ici, je me sens utile, valorisée. Quand j’ai pris mon appart, j’étais super fière de le dire à Lucas, Lydie et les autres. ».  

Un lieu nécessaire
  • « Les TSA, dans l’esprit des gens, ce sont soit des personnes en train de se taper la tête contre les murs soit des génies. Mais en fait, les plus nombreux sont ceux au milieu. Les gens qui viennent ici ont envie de cette visibilité. », indique Lydie. Bernard est TSA. Lorsqu’il a été diagnostiqué en 2003, on lui disait que la France avait 30 ans de retard sur l’autisme. Aujourd’hui, elle en a 50 selon lui. « On a eu un monsieur de 70 ans qui venait de comprendre qu’il était asperger. Le pire, c’est le camouflage. La faculté à imiter les autres dans la sphère sociale pour cacher ses troubles. Les femmes sont les championnes dans ce jeu. Mais c’est épuisant et c’est là que se produisent des burnout… Ici, on peut se dire « Il y en a d’autres qui fonctionnent comme moi. ». » , confie Lydie.
  • Bernard lui, est employé chez Michelin. Il s’est vu proposer de passer ses deux dernières années dans une association. Le choix a été vite fait. Il nous raconte la difficulté qu’il a eu pour terminer sa carrière. À travers ce lieu, il peut aider les autres en retour, surtout sur le plan professionnel.
  • Si pour nous, ce rendez-vous a été une découverte passionnante, pour ceux qui donnent chaque jour leur temps au GEM, l’association mériterait plus de visibilité. Surtout, le Groupe cherche toujours plus de soutien et de mécènes pour développer son activité et sa solidarité.

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