Le bataillon AZOV: du néonazisme à la résistance ?

On entend depuis plusieurs semaines parler du bataillon Azov, notamment dans les combats à Marioupol. Les combattants sont décrits par les médias comme "résistants" et "protégeant la population". Pourtant, Azov est considéré comme un groupe ultra-nationaliste, ayant commis de nombreuses exactions. Explications.

En 2014, l’Etat ukrainien est au bord de la faillite et leur armée est affaiblie par la désertion de soldats pro-russes. Alors naissent des milices armées spéciales. Parmi elles, « Azov » dont les symboles sont le soleil noir et le Sieg heil (salut fasciste) .

Nationalisme soldatique

Le régiment est financé par le milliardaire Biletsky, leader de l’organisation ultra-nationaliste « Patriotes d’Ukraine » et du groupe politique « Assemblée sociale-nationale ». Biletsky d’ailleurs quittera Azov pour devenir président du parti « Corps national ».

Avakov devient alors patron du mouvement, il est ministre de l’intérieur jusqu’en 2021. Il nommera à des postes clefs certains responsables d’Azov. Par exemple, Vadim Troyan deviendra chef de la police de la région de Kiev.

Haine des russes et hitlérisme

Au départ, le bataillon est formé pour protéger Marioupol, au bord de la mer Azov. Certains bâtiments sont dans les mains des pro-russes depuis avril 2014. Le régiment est considérer comme le lieu du nationalime soldatique, réunissant les militants d’extrême-droite et les groupuscules para-militaires ultra-nationalistes et néo-nazis.

En effet, parmi eux, on retrouve les Ultras ukrainiens, ceux-là même qui avaient brandi pendant l’Euro 2012, lors d’un match contre l’Angleterre un drapeau nazi. Des organisations néo-nazies européennes et américaines rejoignent le bataillon.

Camps d’été à partir de 6 ans

Depuis 2015, Azov organise même des camps d’été pour les enfants à partir de 6 ans, les « Azovets » pour leur apprendre à manier les armes, en chantant des airs patriotiques insufflant la haine des russes. Mais pas seulement.

Si les russes sont ses ennemis jurés, le bataillon n’en est pas moins antisémites, comme il le prouve le 15 octobre 2020, lors de la marche honorant les collaborateurs nazis. Les membres d’Azov défilent avec une banderole antisémite contre le président Zélensky, d’origine Juive.

De plus, ils créent en 2018, des patrouilles anti-LGBT et anti-rom. D’ailleurs, ils attaquent plusieurs camps avec des haches tuant et blessant plusieurs personnes dans l’année 2018.

Dernièrement, le 27 février 2022, alors qu’ils se sont engagés dans la guerre contre la Russie, certains combattants se filment en train de mettre de la graisse de porc sur leurs balles à destination des tchétchènes musulmans venus en soutien à la Russie.

Actes de torture

L’ONU a signalé à différentes reprises les actes de torture, viols, détentions arbitraires et utilisation de chocs électriques depuis 2018, par le régiment.

Sur la scène internationale, le Canada a refusé l’aide au bataillon, déclarant qu’il s’opposait aux idées néo-nazies. Les Etats-unis, après réflexion, ont refusé d’envoyer des soldats américains, en 2015, pour entrainer les combattants Azov.

Le bataillon rejoint la garde nationale

Pourtant, depuis novembre 2014, le bataillon a rejoint la garde nationale du pays. Pourtant, ses membres n’ont jamais voulu respecter les accords de Minsk, en refusant, par exemple, le désengagement de l’artillerie lourde sur le territoire.

Malgré tout, le bataillon Azov ne représente que 2 % des combattants engagés dans la guerre contre la Russie. Ses rangs ont grossi, ces derniers mois. Si ses liens avec le néo-nazisme sont encore très présents, certains ukrainiens ont rejoint le bataillon pour combattre les russes sans appartenance politique ultra-nationaliste.

Propagande russe

la Russie, quant à elle, utilise l’histoire et l’essence de ce régiment pour légitimer son invasion, en parlant de « dénazifier » l’Ukraine. Sa victoire contre le régiment lui sert de propagande, en expliquant lutter contre les idées d’extrême-droite. Or, il serait très injuste de considérer l’Ukraine comme un pays nazi, alors qu’Azov reste très marginal, dans le pays.

Dernièrement, Facebook a autorisé le discours en faveur du bataillon Azov. Mais à la seule condition qu’il ne parle que des interventions militaires. Sur la plateforme, Azov était banni depuis 2019.

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1 réflexion sur “Le bataillon AZOV: du néonazisme à la résistance ?”

  1. Jean-Michel Moriset

    Bonjour,

    Vous oubliez dans votre papier de faire l’histoire du mouvement nationaliste ukrainien depuis Simon Petlouria, Stepen Bandera, Roman Souchko et Roman Choukhevytch ; en vous intéressant à leur biographie, vous vous rendriez compte ce que signifie pour les nationalistes le mot « Résistance ». Deux traits caractérisent cette dernière : 1. l’élimination physique des populations exogènes : Roms, tziganes, polonais, juifs, russes, etc. 2. La prostitution de leurs idéaux fascistes aux intérêts impérialistes du moment tantôt anglo-saxon tantôt allemand. Par exemple, un personnage comme Stepen Bandera pendant la Seconde guerre mondiale combattit avec les Nazis puis à la fin de la guerre passa chez les anglais et devint un agent du MI6. Il fut tué le 15 octobre 1959 à Munich par un agent du KGB. Le premier nationaliste génocidaire, Simon Petlouria le fut en 1926 à Paris par un anarchiste juif à la solde du Guepeou, fondateur de la LICRA. Enterré au cimetière du Montparnasse, sa tombe est fleurie par tous les présidents de l’Ukraine depuis 1991. Qu’il y est un renouveau nazi en Europe de l’Est dans les anciennes républiques socialistes soviétiques n’est pas un mensonge de Vladimir Poutine. C’est une réalité. Par exemple, le 16 mars est devenu à Riga en Lettonie la journée du Légionnaire qui célèbre une unité lettone des SS… Ce ne sont pas des mouvements marginaux en plus du régiment Azov, vous avez une foule de groupes armés issus de Sloboda, Aïdar, secteur droit, etc. Des groupes armés, entraînés, financés par l’OTAN sur le modèle des réseaux stay behind de la guerre froide. La guerre contre la Russie ne s’est jamais arrêtée et a recommencé de plus belle à partir du coup d’état de la place Maïdan de 2014 auquel ont participé des snippers géorgiens, des agents de MI6 et la CIA. Ces groupes ont constitué des bataillons de répression qui ont assiégé les régions russophones du Donnetsk et de Lougantsk pendant 8 ans… Pour les russophones ukrainiens, l’invasion de l’armée russe le 24 février 2022 est vécue comme une libération. Pourquoi selon vous plus de 5 voire 7 millions d’ukrainiens ont fui le pays ? Est-ce seulement la peur des tchéchènes de Kadyrov qui les a fait fuir…

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