« On ne peut être bientraitant dans un contexte maltraitant »

Après la sortie de notre premier article, nous avons été contactés par de nombreuses sources dont des parents qui ont décidé de raconter leur vécu avec l'IME de Vertaizon. La lanceuse d'alerte a aussi tenu à nous joindre.

Des parents, des salariés et une lanceuse d’alerte en colère après leur lecture de l’article de La Montagne. « La parole a été donnée à la direction de l’ADAPEI. Cela ne représente pas du tout le point de vue des parents et des salariés. »

Le coup de fil commence fort et dénonce une enquête qui vient troubler l’enquête judiciaire en cours. « Comment peut-on condamner sans preuve et comment surtout ne pas donner de responsabilité à une direction qui sème la terreur depuis des années ? »

Chaos à l’IME de Vertaizon

Les mamans ont la voix qui tremblent en racontant les années qu’elles viennent de vivre. La lanceuse d’alerte ne dort plus les nuits. Les salariés sont majoritairement en arrêt maladie.

C’est le Chaos à l’IME de Vertaizon.

Et deux mondes s’affrontent. « Il est compliqué de faire comprendre que nous dénonçons les actes de maltraitance de nos enfants tout en condamnant les conditions dans lesquels on fait travailler les éducateurs. Des conditions qui amènent à des maltraitances de toute part. »

On faisait boire du vinaigre à mon fils juste « pour se marrer »

Carine, maman d’un jeune résident de l’IME depuis 12 ans, a décidé de parler. « Mon garçon a fait partie des victimes de 2017. On lui a fait boire du vinaigre juste pour le plaisir de faire mal. Le médecin ne comprenait pas pourquoi son œsophage était si abîmé. » B. son fils souffre d’une maladie génétique qui fait de lui un enfant non-verbal et à surveiller « pire que le lait sur le feu. » Gourmand, il mange et boit tout ce qu’on lui propose.

En 2017, des salariés dénoncent des actes malveillants de la part de leurs collègues.

« On nous a empêchés de déposer plainte »

A l’époque, on dit aux parents de ne pas porter plainte, l’ADAPEI 63 le fait pour eux. « On n’a pas eu de nouvelles, on pensait que c’était sans suite. »

Mais, un matin, ils apprennent que l’audience se tient le jour même. Le père de B. se rend alors au tribunal, sans y être convié. « Il n’était pas prêt le pauvre. On lui a demandé de témoigner à la barre mais il n’avait rien préparé. » Les deux salariées sont donc relaxées en première instance, faute de preuve.

Mais, Carine ne se laisse pas faire. Et, alors que l’appel est en préparation, elle récupère des témoignages. Elle apprend qu’en plus de faire boire du vinaigre, son fils est régulièrement frappé avec des clefs sur la tête. « Il a été opéré à 4 mois du crâne, donc apprendre ça, c’est terrible. »

Prison avec sursis

La pugnacité de la maman marche bien. En appel, les deux femmes écoperont de 1000 euros d’amende, 6 mois avec sursis et interdiction à vie de travailler avec des personnes vulnérables. « Ce fut un soulagement, mais pas pour tout le monde. »

En effet, la maman avait témoigné sur France Bleu, et avait été contactée par la directrice de l’ADAPEI, Madame Viala. « Elle m’a tout bonnement fâchée, me disant que je n’avais pas le droit de m’exprimer. Déjà qu’on m’a empêchée de porter plainte ! »

Terreur instaurée par la direction

Les parents le reconnaissent aisément. La terreur règne. « L’IME de Vertaizon a un agrément spécifique pour les polyhandicapés. Il y a une grosse liste d’attente. Et nos enfants ont une prise en charge très lourde que l’on ne peut assumer au quotidien, on a peur de perdre nos places. »

C’est ce qu’a vécu une autre maman. « J’ai un jour laissé mon fils et on m’a appelée le soir pour me dire qu’il n’était pas très bien. » Explique-t-elle. « Je suis arrivée et j’ai compris qu’une éducatrice avait administré une dose d’un médicament contre la schizophrénie, alors que mon fils n’a aucun traitement, il est autiste lourd et souffre d’une maladie génétique qui ne nécessite pas de prise en charge médicamenteuse. » Son fils est amorphe, sur un matelas. Il ne bouge plus. Elle l’emmène directement aux urgences. « L’éducatrice m’a dit qu’elle s’était trompé de Mathéo, alors qu’elle le connaissait bien, pourtant. »

Dose médicamenteuse administrée par erreur

A l’hôpital, on lui explique que le cas est grave, comme inscrit dans le formulaire. A l’IME, aucune cheffe de service, aucune astreinte. Le petit garçon s’en sortira. Et Madame Viala, comme seule réponse aurait indiqué à la maman que « l’erreur est humaine. » Aucune excuse ne sera présentée à la famille et à l’enfant.

A cause du manque de place, la maman remet son enfant dans l’établissement. Parfois, il revient sans couche. Un autre jour, il a des bleus. Puis des traces de mains sur les fesses, qu’elle fait constater par le médecin qui notifie des « suspicions de maltraitance. ». « A l’IME on m’a dit qu’il avait des vergetures ! » Le CHU notifiera même une journée d’ITT en victimologie.

Plaintes déposées par la direction contre les parents

Mais là encore, plutôt que d’être soutenue, la maman se verra entendre que la direction va porter plainte contre elle pour diffamation et intention de nuire à l’établissement. « J’ai été convoquée à la gendarmerie mais ça a été classé sans suite. »

Elle demande son soutien au maire de Clermont-Ferrand qui fera un signalement au procureur. Elle alerte la députée Christine Pirès-Beaune qui prend en charge le dossier.

L’ARS 63 ne semble jamais avoir entendu les alertes. La maman décide donc de se tourner vers l’ARS 69 qui organise un audit rapidement.

Carine et d’autres mamans sont passées par l’ARS 69. « Les années sont passées après le procès de deux salariées maltraitantes. Il nous arrivait de voir des bleus sur le bras de mon enfant. Mais, on ne disait pas grand-chose. »

Une violence systémique

Puis éclate dernièrement une nouvelle affaire de maltraitance. « Ca ne nous a pas étonnées » Expliquent les deux mamans. « La violence est systémique sur ce lieu. Les parents, les enfants, les salariés sont maltraités. »

Parmi les personnes incriminées, la lanceuse d’alerte d’il y a 8 ans. « Ca pose question. Devient-on violent dans ce système ? » demande Carine. D’ailleurs, son fils est encore dans les victimes. « Mais ce n’est pas pareil. Là, j’ai l’impression que c’est une maltraitance qui montre une souffrance au travail. C’est pas faire boire du vinaigre pour se marrer, c’est plus des faits et propos qui montrent une lassitude. C’est ce que je reproche : Il faut savoir partir de ce travail avant de devenir maltraitant. »

3 personnes licenciées et 2 mises à pied

5 personnes seront donc mises à pied, dont 3 licenciés.

« Nous en tant que parents, on soutient bien sûr le mouvement des salariés. Ils sont tyrannisés par leur hiérarchie ! On ne peut pas être bientraitant dans un contexte de maltraitance. »

Plus de comité de parents

Une autre maman l’assure : « Il n’y a même plus de Comité de parents à Vertaizon, l’administratrice ayant démissionné, se sentant harcelée par la direction de l’ADAPEI 63, avec laquelle elle était en conflit. » Administratrice qui étale la multitude de mails et courriers reçus. « J’hésite à déposer plainte pour harcèlement. En fait, on ne peut rien dire. Le président de l’ADAPEI 63 nous écrit dès qu’on le contredit. »

Les familles ne sont pas dupes. Depuis quelques années, elles voient la dégradation des conditions de travail et de l’ambiance générale. « On voit un turn over énorme, des arrêts maladies à tour de bras, et des intérimaires parfois mal formés. »

Manque de personnel

Dans la structure, il n’y a pas de médecin, pas d’orthophoniste, ni de psychiatre. « J’ai vu parfois un éducateur pour 7 enfants. » S’exclame une maman venue chercher son enfant pour un rendez-vous. « On a eu 3 cadres de service qui sont restés moins de 6 mois. Ce serait risible si ce n’était pas si dramatique. »

D’autres familles font remonter leur indignation quant à la nourriture. « On nous dit que la structure manque de moyens ; donc nos enfants mangent des rognons et des abats. On nous a prévenus qu’ils n’auraient plus de goûters, faute de financement. »

Une délégation de familles mise en place

Ainsi une délégation de familles est en train de se mettre en place pour être reçue rapidement par l’ARS. « On soutient les professionnels, on veut qu’ils le sachent. Même si pour nous c’est compliqué car on ne pourra pas garder nos enfants à la maison très longtemps. » Exprime une maman qui a dû se mettre en congés.

Beaucoup des familles rencontrées reconnaissent le travail exemplaire des éducateurs, éducatrices. « Nos enfants ont progressé grâce à eux. Les voir se faire malmener comme ça par la direction, c’est affreux. Bien sûr qu’il y a des mauvais professionnels. Ceux-là doivent partir. Mais que la direction ait été aussi maltraitante avec tout le monde, c’est un scandale. C’est aussi la responsabilité de la direction ce qui arrive. Aucun moyen n’est mis pour le bien-être de nos gosses. Et dès qu’on parle, qu’on se plaint, on reçoit des menaces. »

Pire, une maman a reçu un message de la directrice de l’ADAPEI 63 qui lui disait qu’elle avait l’intention de porter plainte pour diffamation . « J’ai dit du mal d’elle une fois c’est vrai mais on a encore le droit de critiquer les gens qui sont sensés gérer la prise en charge de nos enfants et qui ne le font pas correctement. »

Communication coupée

Les enfants reçus à l’IME de Vertaizon sont des cas particulièrement difficiles. « Certains devraient être en psychiatrie. » Alors, les parents questionnent : « Pourquoi l’ADAPEI ne met pas plus de moyens sur cette structure ? »

Le président de l’ADAPEI 63 ne parle plus ni aux salariés, ni aux autres parents qui font remonter les difficultés. « La situation est exécrable. »

Lors de la réunion d’alerte des parents sur les potentiels cas de maltraitance, une mère a été mise en cause. « On a dit que c’était ma faute, que je ne faisais pas remonter les cas, alors que j’ai fait plusieurs alertes. » La direction a même refusé de recevoir les familles qui s’inquiétaient déjà en décembre de cas de maltraitance et de négligence à l’IME. Le président de l’ADAPEI a même accusé dans un mail, les familles « d’entretenir la polémique et de déstabiliser les équipes du siège de l’ADAPEI. »

La maman de Mathéo a décidé de retirer son fils. « En un mois, il a fait des progrès énormes. Ces derniers temps, il était trop mal à l’IME. Il se mettait à mordre, et comme il y avait un turn over important, il n’avait plus de repères. C’est dommage car on a vraiment de bons éducateurs. »

Plaintes contre l’ADAPEI 63

6 familles ont décidé de porter plainte, « mais pour ma part, ce n’est pas contre les éducateurs, mais bien contre la direction de l’ADAPEI 63. Elle cherche trop à faire porter le chapeau à d’autres. »

Dans le cadre de l’enquête, les parents ont été entendus. Les salariés aussi. La lanceuse d’alerte a elle aussi pu témoigner. « J’ai dit que je ne donnerai pas de nom et j’ai démissionné. Jamais, je ne balancerai mes collègues. En revanche, je veux qu’on sache que j’ai eu beaucoup de pression de la part de la direction. On a été jusqu’à me dire que si je donnais les noms, on réfléchirait pour une rupture conventionnelle. Ca s’appelle du chantage. J’ai donc démissionné. Même si je n’ai pas le droit au chômage. »

Des parents qui soutiennent le combat des salariés

Cette ancienne salariée a, elle aussi, apporté tout son soutien, à ses ex-collègues en grève. « Il y a des gens qui font de leur mieux mais faire de son mieux dans pareille situation c’est encore trop peu. La direction doit prendre ses responsabilités. »

Une direction qui n’a pas voulu répondre aux questions de Mediacoop, pourtant envoyées par écrit.

Actuellement, une enquête est en cours pour des cas de maltraitance de 2 salariés, auxquels se sont ajoutés 3 autres mises en cause dans d’autres services. L’un des licenciés n’a pas été poursuivi pour maltraitance mais à cause de plusieurs blâmes distribués par la direction. Une des mises à pied a démissionné, l’autre a pris sa retraite.

3 personnes sont encore poursuivies à ce stade.

Et plusieurs plaintes ont été entamées contre la direction de l’ADAPEI 63.

Plusieurs salariés ont été depuis mutés, sans raison apparente, mais vécu comme une punition, alors qu’ils n’ont aucune charge contre eux.

NB: L’ADAPEI 63 a une double gouvernance : l’une associative avec le président bénévole -père d’un enfant actuellement placé au centre- (qui est en opposition avec les salariés et les parents), un bureau, des délégués et administrateurs. L’autre salariée dont la directrice générale.

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14 réflexions sur “« On ne peut être bientraitant dans un contexte maltraitant »”

    1. Bonjour
      Je suis à la fois père d’un enfant autiste en IME mais aussi professionnel dans le médico-social…la maltraitance n’est pas la bienvenue…
      Par contre il faut soutenir le travail en structure car c’est pas Simple…

  1. Cet article décrit une réalité parallèle, où PERSONNE n’assume les conséquences de SES actes. Je précise avant toute chose que ce commentaire est tout sauf un soutien à la direction, qui échoue glorieusement à gérer la situation.
    En tant que parent d’un enfant étant dans cet établissement, je trouve honteux, l’instrumentalisation des maltraitances commisent sur nos enfants. RIEN NE JUSTIFIE LES ACTES COMMIS. Point. On parle quand même d’actes de violences physiques et morales, auprès de nos enfants. Il m’est insupportable de lire, entre vos lignes, qu’au final, la seule cause de ses maltraitances, ce serait la direction de l’ADAPEI.
    Un certain nombre d’éducateur et d’éducatrice de cet établissement ne sont pas les victimes faisant le travail exemplaire décrites ici. Ou alors, je ne vois pas les mêmes quand je viens récupérer mon enfant. Certains ont vraissemblablement été témoin des maltraitances signalées et n’ont… Rien dit… Alors pour ma part, je n’ai plus aucune CONFIANCE en eux. Ils veulent toujours avoir raison, et sont, pour l’expérience que j’en ai, loin d’écouter les familles. Surtout quand je vois les ignobleries culpabilisatrices sous fond de psychanalyse moisie qui ont pu être dites par eux, à mon ex-compagne.
    Qu’est-ce qui est attendu de la direction au juste ?? Réintégrer les personnes qui ont violenté nos enfants ??? Non parce que je suis sortis de mes gonds quand j’ai lu « les salariés mutés sans raison apparente ». Des cas de maltraitance, de la part des salariés sur des enfants, ont été signalé, certains salarés savaient, mais n’ont rien dit…. Et vous ne voyez rien qui justifie de mutation ?? Pardon mais moi, je n’ai aucune envie que les personnes maltraitantes restes, pas plus que celles qui se sont tues. C’est la condition de base pour que ça ne recommence pas. Car c’est bien beau de leur part de nous expliquer qu’ils veulent pas être dans le même panier, ou que la direction les a maltraité. Moi, je ne demande qu’à les croire. Mais qu’ont-ils fait, eux, contre leur collègue maltraitant ?? Vous savez, je suis plutôt du genre à voter à l’extrême gauche, alors j’ai vraiment pas envie de faire ami-ami avec les strates managériales déconnectées de leur direction, qui s’achètent une conscience à travailler dans du à but non lucratif. Par contre, je peux pas supporter quand des camarades couvrent des violences.

    Ailleurs dans l’article, la question est posée de savoir pourquoi l’ADAPEI ne met pas plus de moyen. Alors oui, pourquoi ? Vous n’avez pas cherché ??? Le financement de ces établissements dépends de l’état, qui met toujours moins d’argent. Où étes-vous pour venir dénoncer ce manque de moyen ? Combien le département a mis de temps pour verser les primes covid aux salariés ?? S’il y a des responsables dans cette situation, pour la partie financement, ce n’est pas l’association, qui fait malheureusement avec ce qu’elle a. Il faut pas non plus être devin pour voir que la crise énergétique est passée par là. Où était l’état, le département, la région pour compenser les coûts ?? J’ose espérer que les salariés et les autres parents en ont conscience. Mais visiblement pas.
    Tout ça me rend extrêmement triste et en colère. Je suis exténué et à bout. Je suis fatigué de me battre pour des gens qui pensent qu’à leur gueule. Je ne peux plus m’occuper de mon enfant au quotidien, car moi aussi je dois travailler. Surtout que dans un monde idéal respectant les directives de l’OMS, donc pas en France, il ne devrait même pas relever de cet endroit!! Alors voir cet article à côté de la plaque me rend fou de rage. Vous instrumentalisez les violences subits par mon gamin pour quoi ?? POUR RIEN. Je serais d’ailleurs curieux de savoir comment vous avez choisis les parents pour témoigner. Je n’ai jamais été contacté. Aussi, ça risque de leur faire bizarre aux braves petits salariés parfait sous tout rapport quand l’ARS va débarquer, et découvrir qu’ils ont un retard professionnel de 20 ans. Et je dis pas qu’ils en sont responsables, mais bon, ils ont clairement choisi de se croire parfait et d’appuyer sur autre chose.

    1. Deltour nicole

      Bonjour
      comme je vous comprends …. et comme je suis fatiguee aussi mere d un enfant Autiste adulte .nous sommes partie en savoie isere pour lui il y a 30 ans je reviens pour ma retraite et contacte les associations pour faire du bénévolat . Mon dieu quel désatre dans le puy de dome le retard de prise en charge s est agrandi … et la prise en charge dégradée à un niveau inimaginable .certains parents se battent comme des lions pour se voir culpabilisés surtout avec nos enfants autistes comme il y a 30 ans voir pire pourquoi dans certaines ARS il y a des formations pour le personnel les parents des prises en charges familiales de l écoute de la bienveillance et donc de l évolution de nos enfants et qu ici ce n est que souffrance qui est responsable de ARS .de l ADAPEI de la politique sociale et médicale ? certainement pas des parents concernés ou alors avec des égots surmenditionnés ….
      il peut y avoir en effet certains personnels avec des problémes mais qui devraient vite Etre reperés par leurs collégues…. Bon courage a toutes ces familles qui souffrent au quotidien pour le bien de leurs enfants vulnérables Nicole Deltour

    2. Bonjour, avant tout, je comprends votre colère. J’aimerais qu’on entre en contact pour échanger sur tout ça. Je suis moi-même maman d’un jeune de l’établissement.
      Je sais bien que tous les salariés ne sont pas irréprochables. Certains sont maltraitants, d’autres sont malveillants, d’autres encore sont négligeant et enfin il en reste qui sont consciencieux et professionnels ! Et ceux-là moi j’ai envie de les croire et de leur faire confiance quand ils disent qu’ils n’ont pas vu les situations de maltraitances. Je maintiens qu’il ne faut pas les mettre tous dans le même sac. L’article ne dit pas que la direction de l’adapei est là seule cause de la maltraitance bien sûr, mais ils ont leur responsabilité quand même. Je vous assure que les 2 salariés mutés ne sont pas maltraitants et ne savaient pas ce qui se passait. Ils font peut-être même partie des plus consciencieux. Vous les connaissez ?
      Vous devez savoir que la direction a pris des décisions comme des mises à pied, des licenciements et des mutations et que ce ne sont pas les maltraitants qui ont été ciblés ! La personne qui a maltraité mon fils a été réintégré après sa mise à pied sur le même groupe ! Celui où est mon fils ! C’est normal ça ? Alors qu’une autre a été licencié pour avoir fait un geste de mise en sécurité !
      Il faut arrêter de penser que l’association n’a pas les finances de mettre les moyens humains et matériels qu’il faudrait sur une structure comme celle là. Oui ils ont des coûts financiers tels que ceux que vous décrivez, mais ne vous inquiétez pas ils ont suffisamment de financements. Il faudrait juste que l’argent soit reinjecté sur le terrain …
      Effectivement la France a 20 ans de retard sur la gestion du handicap, et dans tous les domaines, même sur le plan professionnel… mais ce ne sont pas justement les éducateurs qui sont responsables de ça.
      Alors je vous le redis j’aimerais bien qu’on échange sereinement sur le sujet. Merci

      1. Premièrement, quand des cas de maltraitances ont lieu dans des groupes personnes, et qu’ils ne sont notamment pas rapporté pendant longtemps, la nécessité qu’il y ait des changements profonds dans la composition des groupes personnes est impérative. On ne peut pas juste dire qu’on va retirer les personnes présumées coupables, et conserver le reste du groupe, comme si de rien était. Pour ma part, je ne fais plus confiance aux professionnels, et je ne comprends pas sur quoi on se base pour en défendre certain plutôt que d’autre, comme s’il n’y avait aucune dynamique social en jeu. Penser qu’on pourrait laisser tout comme avant, et juste faire partir les maltraitants n’est pas possible. C’est d’ailleurs assez paradoxal de dénoncer le fait que l’environnement soit le problème, mais ne même pas vouloir en changer son organisation.
        Moi aussi, je regrette profondément que certaine personne ait pu être réintégré. Malheureusement, il faut bien le dire : certains des signalements de fait de maltraitance concernent directement des salariés « protégés », et par conséquent, ne peuvent pas être exclus. C’est ubuesque. Mais il semble qu’on soit incapable de protéger à la fois nos enfants et à la fois les salariés en même temps.
        Deuxièmement, qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que l’association a les moyens ? Il suffit de s’intéresser à l’état des comptes. L’association n’arrive même pas à embaucher d’emploi fixe car personne ne veut faire ses métiers et dépense par conséquent des sommes astronomiques pour l’intérim. Comment vous vous y prendriez pour faire autrement à leur place ? Comme dit précédemment, je n’éprouve aucune complaisance pour eux, mais il faut arrêter de croire que c’est si simple. J’appartiens à une association de quartier pour jeune, je ne connais que trop bien le problème, les différents budgets ne peuvent pas être rerépartit si simplement, surtout quand on dépend de subvention qui ne cesse de diminuer. Comme dit précédemment, rien que l’explosion des coûts énergétiques est un problème majeur. Donc prétendre que l’association aurait les moyens et ne les mettrait pas, c’est de la mauvaise foi assez malheureuse. Surtout que dans l’idéal, on pourrait largement souhaiter que les salariés soient bien mieux rémunéré, mais avec quel argent, puisque l’ARS accorde toujours moins ?!
        Troisièmement, je suis d’accord sur le fait que les éducateurs et les éducatrices sont tout, sauf responsable du manque de formation et du retard de notre pays dans ses domaines. Toutefois, je regrette quand même que dès qu’on remette en question certaine de leur pratique avec nos enfants, ou qu’on s’interroge, ce soit toujours des fins de non recevoir, ou une écoute passive pour continuer de faire à son idée après ! Les projets ne prennent pas assez en compte l’avis de nous, les familles. On est oppressé par leur savoir médico-éducatif daté, je ne compte plus les fois où je me suis senti manipulé après coup sur certain choix pour des arguments peu valable avec le recal. Dès lors qu’on dit quelque chose, ou qu’on signale quelque chose ne se passant pas très bien à notre avis, les personnels le prennent mal, se vexent parce qu’on les accuserait de mal faire leur travail, sans aucune remise en question… Je n’ai jamais prétendu que c’était facile. Je prend en charge mon fils suffisament pour le savoir.

        Pourquoi voudriez-vous me contacter ? Palabrer sur ces sujets, ou ergoter pour trouver des coupables ne m’intéressent pas. J’aimerais que l’association et les salariés assument tous leur part de responsabilité, arrête de jouer à un jeu puéril en se renvoyant la balle de leur responsabilité partagée et qu’on avance.

    3. Bonjour, je me permets de vous répondre je ne peux pas laisser passer ce genre de commentairessans réagir en plus de ça couvert par l’anonymat
      Je travaille au sein de cette structure, notamment sur l’unité 4 ou aucun de maltraitance n’est à déplorer et où je pense l’équipe éducative fait son possible pour le respect des projets et l’évolution des jeunes tout en respectant la dignité de chaque personne accueillis
      Je ne peux vous laisse exprimer votre aigreur et tenir des propos diffamant car oui je fais partis des personnes mutés.
      La raison ? J’ai osé posé une question en réunion suite à des propos diffamatoires et insultant de la part de ma direction et 8 jours après convocation pour me signifier ma mutation
      Donc non ce n’est ps des mutations en lien avec des actes de maltraitance, mais des muations punitives pour muselés des employés qui montrent leurs désaccords avec la méthode de l’adapei
      On peut s’expliquer sans problème je suis toujours rester droit dans mes potes et donner 3 ans de ma vie à faire en sorte que les jeunes que j’ai accueillis soit respecté et de tendre à ce qu’ils gagnent en autonomie .
      Merci à vous de faire attention dans la manière donc vous vous exprimé
      Les almagames sont vites arrivés, je me rends disponible si vous voulez davantage d’explications
      Cordialement

    4. Bonjour,
      Monitrice éducatrice dans un autre établissement, j’entends et comprends votre colère.
      Cependant, ne pas tout mélanger.
      Connaissez-vous les Professionnels mutés ?
      Moi oui, et je peux vous assurer qu’ils ne sont pas à l’origine des faits de maltraitance, bien au contraire !
      Les Professionnels concernés ont été suspendus voir licenciés pour certains.
      Ayant votre enfant dans cet établissement, je vous invite donc à prendre contact avec les professionnels mutés, et vous pourrez en juger par vous-même.
      En vous souhaitant tout le courage et la bienveillance nécessaires pour le bon accompagnement de votre enfant.

      Bien cordialement,

    5. Je n’ai aucune envie que mon enfant subisse de répercussion. À vous entendre, tout est merveilleux dans cet établissement. Il y avait juste deux trois mauvaises personnes, qui ont probablement sévit pendant plusieurs années sans que leur collègue ne voit ou ne dise rien, mais eux sont parfait sous tout rapport et n’ont rien à se reprocher. Comme je le disais précédement, au moindre reproche, tout le monde se braque ! Mon intention n’a jamais été, et ne sera jamais de cibler des personnes ou des individus dans leur travail. C’est d’ailleurs pour ça qu’au final je ne dis souvent plus rien, car ça ne sert finalement à rien.
      Vous ne vous rendez pas compte d’une chose. Vous êtes souvent en position de force face à nous les familles. Vous avez des connaissances éducatives qui vous permettent d’affirmer et de convaincre, mais par conséquent, aussi de silencier des choses. Quand on sent jamais son avis pris en compte, écouté, et gardé à l’esprit, à quoi parler, et répéter toujours les mêmes choses ? Chacun gagnerait à plus d’humilité. Je ne pense ni que les éducateurs et éducatrices de l’établissement ni que les administratifs au dessus d’eux, ne sont de mauvaises personnes. En dehors des personnes ayant effectivement maltraités physiquement et moralement nos enfants en tout cas. Par contre, que tous soient incapables de voir et reconnaitre leur propre comportement inadapté, et leur incapacité à se remettre en question, là… Il y a de quoi. Et c’est cela qui me met profondément en colère. Et j’ai autant de colère après la directrice générale qui croit qu’on peut tout régler en tapant seulement du poing sur la table, que les « managers » qui ne connaissent rien (et qui feraient bien de passer quelque jour aux côtés des salariés pour comprendre ce que c’est de s’occuper de personnes dépendantes), que le président qui est incapable de faire la part des choses et mélange tout, ou que les salariés qui se remettent jamais en question.

      Aussi, il serait peut-être aussi bon de remettre en question, tant pour les équipes, que pour la direction, d’où commence les maltraitances et de comment elles naissent. Tout le monde peut être maltraitant à un moment ou à un autre. Même si ce n’est bien sûr pas à des degrés de violence physique ou morale visible. Prétendre avec une assurance infinie qu’on est soi-même pas maltraitant, ou que untel ou unetelle ne l’est pas et ne le sera jamais : désolé, mais c’est ne pas comprendre ce qu’est la maltraitance. Chacun a son propre seuil où il sera conscient qu’il va l’être et s’isoler (ou non) pour ne pas l’être. Croire qu’on ne le sera jamais, c’est être absolument inconscient et se croire surpuissant, personne ne l’est.

      1. Bonjour à tous, merci Bastien et les autres salariés pour ces éclaircissement.
        Quant à Monsieur AL, je proposais de discuter parce qu’après tout, on est dans la même situation, nous sommes des parents d’un enfant qui a subi des maltraitances. Je pensais que ça serait intéressant d’échanger, mais je ne veux pas vous forcer, il y a pas de souci je comprends.
        Toutefois je vais quand même répondre à vos commentaires.
        Sur votre premièrement, effectivement, je crois que ce n’est pas la peine qu’on discute, il semble quand on ne soit vraiment pas d’accord et qu’on n’est pas du tout la même vision des choses. Je ne cautionne pas la maltraitance non plus, mais je ne cautionne pas non plus l’injustice. et je ne pense pas qu’on soit obligé de changer tout pour gérer la maltraitance. On peut repartir sur de bonnes bases avec les bons éducateurs. C’est effectivement scandaleux que des salariés maltraitants soient protégés ! Et si ils ne peuvent pas les licencier, ils peuvent au moins éviter de les remettre avec les résidents qui ont subi leurs actes…
        Concernant votre deuxièmement, j’ai eu l’occasion d’assister à des CA de l’association, je vous répète qu’ils ont les moyens financier. Je ne suis pas de mauvaise foi, et je n’apprécie pas d’être traitée ainsi, je l’ai constaté. « Qu’est-ce que je ferai à leur place ? » comme vous le demandez… je ne peux pas répondre à cette question, je ne suis pas salariée dans ce domaine, je n’ai pas les compétences, mais eux ils les ont ! C’est leur boulot. Effectivement, ils n’arrivent pas à recruter mais ce n’est pas parce que personne veut faire ce métier, c’est parce que personne ne veut travailler pour l’adapei ! il suffit de demander aux éducateurs qui sortent de l’école. C’est ce qu’ils vous répondent.
        Pour le troisièmement, effectivement, je comprends très bien votre colère, si vous êtes tombé sur des salariés tels que vous les décrivez. mais pour nous ce n’est pas le cas, depuis quelque temps on est toujours bien écouté et nos réflexions sont prises en compte.
        Je ne voulais pas vous contacter pour « palabrer », ce n’est pas mon genre mais pour échanger et voir si de notre côté, ensemble, nous pouvons apporter des solutions à cette situation qui nous bloque tous.
        Enfin, sur votre 2e commentaire, je n’ai jamais écrit que le centre était merveilleux et que tout le monde était parfait. je sais bien qu’il va falloir tout reconstruire et que justement tout le monde devra se remettre en question à tous les niveaux. je pense qu’ils le savent aussi.
        Je vois que vous avez vécu des choses difficiles au niveau des échanges avec l’équipe qui s’occupe de votre enfant et j’en suis désolée.
        Pour l’instant, Ce que je voudrais, c’est que la grève s’arrête et que tout rentre dans l’ordre. Pour cela, il faut que la direction ainsi que la gouvernance associative se remettent en question. Merci

        1. Vous parlez sans doute des salariés protégés par un mandat électif comme les représentants du personnel. Toutefois, cette notion de protection s’applique de manière très précise. Un salarié reconnu par la justice coupable de maltraitance sur mineur vulnérable peut faire l’objet d’un licenciement pour faute grave.
          Pour repartir sur des bases identifiées et partagées, il faut que la direction fasse intervenir une aide extérieure comme les organismes habilités à réaliser des évaluations institutionnelles. Sans ce type d’interventions, vous reproduirez la même chose en pensant changer. Les salarié(e)s doivent être associés à toute la démarche ainsi que les syndicats. Direction et encadrement, salariés, représentants du personnel ! Tout autre proposition est inutile. EN second, il faut traiter en parallèle, les questions de maltraitance et revenir aux pratiques professionnelles. IL va sans dire que des résidents présentant les troubles relationnels les plus importants doivent faire l’objet d’une prise en charge adapté : petits groupes de vie, et environnement repensé.

    6. Bonjour, je partage les constats que vous faites sur la genèse des maltraitances institutionnelles et celles engendrées par des pratiques qui dérapent : le soin à apporter à l’autre est une mission très simple. L’aider, lui parler de ce que l’on fait, être aussi à son écoute car il y a quand même une relation qui devrait s’établir, se construire et vivre. Le quotidien est sans doute répétitif mais c’est à la fois sécurisant et un point de départ pour accompagner différemment. Quand on travaille dans ces institutions, il faut au moins une sacrée envie et puis, se professionnaliser. Il ne faut pas de grandes études mais assez pour pouvoir faire des choix le moment venu et selon nos aspirations. Il vaut donc mieux avoir un diplôme d’éducateur spécialisé ou de moniteur éducateur.
      Ensuite, pas de projet institutionnel sans contre pouvoir. Conseil d’administration, comité d’établissement et comité de sécurité sont la pierre angulaire de la bonne marche institutionnelle. Les syndicats ont les moyens d’améliorer le projet collectif. Analyse de la pratique, recrutements de spécialistes, écoute des salariés dans les différents services qui composent l’institution. Il y aussi les conseils de vie sociale, une instance ou les représentants des enfants sont entendus.

  2. Une salariée qui aime son boulot

    Non nous ne sommes pas tous maltraitants
    Loin de là
    Combien de sacrifices familiaux
    Lorsque ma fille toute petite me dit que je préfère mes résidents
    Combien de café goûter et autres financés sur les deniers des salariés car pas d argent
    Préparation d un transfert ( non ce n est pas des vacances pour les éducateurs) c est éprouvant fatiguant mais nous le faisons pour eux . Tout cela financé à travers divers événements dont une brocante où ce dont les salariés qui ont apportés des choses de chez eux . Tous ces moments partagés avec eux pendant 30 ans
    Lorsque la direction vous dit « plus de sirop pour les résidents c est trop cher mais que les cadres mangent au restaurant avec l argent de l association…. Lorsque les cadres de permanence qui touchent une prime d astreinte vous répondent « je ne peux pas je suis en randonnée avec mes enfants »
    Les faits de maltraitance à l IME ont été dénoncés à maintes reprises par des salariés stagiaires remplaçants qui ont été remerciés et cela pendant de nombreuses années
    Les faits de maltraitance existent malheureusement et c est déplorable mais la bienveillance existe également.

  3. Ancien travailleur chez adapei 63

    J’ai travaillé dans un autre établissement.
    Le moment que je faisais l’action parce que je me faisais des soucis concernant la sécurité des résidents et le personnel, on m’a appelé et dit que je ne pouvais plus venir travailler.

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