« On appelle au rassemblement en réponse à l’abattage des 2 troupeaux pourtant vaccinés, abattus la semaine dernière. » Explique Eric de la Confédération Paysanne 63. « Des vaches ont été infestées après le vaccin, et c’est tout le cheptel que l’on tue. » Eric ne peut s’empêcher de râler aussi sur les forces de l’ordre venues en masse à la ferme. « 200 gendarmes, c’est un peu trop… »
Une maladie vieille de 100 ans
Mais alors pourquoi abat-on actuellement les vaches par troupeaux entiers ? Une maladie vieille de 100 ans, mais normalement développée dans les pays chauds, a débarqué, il y a 8 ans dans les Balkans. Cet été, l’Italie a été contaminée et des vaches malades ont été répertoriées dans les Alpes. « C’est une maladie qui ne se transmet pas à l’homme. » Rassurent Michel Ortiz, du Modef 63 et Julien Raymond de la conf paysanne. « On estime que la maladie ne contamine que 10 % du troupeau, et cela n’a aucun impact sur la qualité du lait ou de la viande. » Poursuit Eric.
Les 3 paysans demandent une vaccination nationale et l’arrêt de l’abattage total. « Ce n’est pas comme ça que l’on crée une résistance à la maladie, de surcroît. » Commente Eric.
Des troupeaux entiers abattus
Pour Michel du syndicat Modef, « On ne voit pas ce qui empêche la France de se retirer du classement de l’UE. Un classement qui indique l’abattage totale en cas de certaines maladies. L’Espagne et l’Italie se sont retirées. » l’éleveur de moutons poursuit : « Perdre un troupeau pour un paysan, c’est terrible personnellement, et financièrement. Même s’il existe des compensations, les éleveurs ont perdu 3/4 de leurs revenus. La loi exige 2 mois de vide sanitaire avant de reprendre un troupeau. » Un constat partagé par Julien : « Un troupeau se construit sur plusieurs générations. On a élevé les filles de nos vaches. Et parfois ce sont nos grands-pères qui ont commencé la sélection. »
Cette maladie est transmise par le moucheron, la mouche piqueuse et le taon. « Il faut conditionner l’apparition de cette maladie en Europe au réchauffement climatique. » Explique Michel. « Et encore? Nous sommes en hiver, mais ça promet pour le printemps, car là, on sera dans la véritable époque des mouches. »
Le dérèglement climatique en faute
Une inquiétudes partagée par la Conf paysanne : « On ne connaît pas la période d’incubation peut-être mais déjà 3000 bêtes tuées en 2025… »
Pourtant, la ministre de l’agriculture a estimé qu’il ne s’agissait que de 0,02% du nombre de bêtes sur le territoire. « Oui, mais 100 % des bêtes de certains éleveurs. »
Ainsi, la conf et le Modef appellent à un rassemblement devant la préfecture. « Sans violence ni fumier. » Des prises de parole seront organisées et une délégation demandera à être reçue par le préfet.
Des éleveurs en colère
« On veut juste que des bêtes saines soient épargnées. Que des bêtes malades soient tuées, on peut l’entendre, même si en Afrique, cette maladie se soigne. Mais, on ne peut pas continuer dans cette politique mortifère. » Explique Michel.
Pour Eric, « C’est un coup de com, que de répéter que la France respecte son statut « Indemne. » Julien préfère conclure ainsi : « Une nouvelle preuve qu’on privilégie l’argent des exportateurs à celui des éleveurs. »