En 2021, Olivier Véran vient au CHU de Clermont-Ferrand, rencontrer la première patiente à laquelle on a prescrit le cannabis thérapeutique. Depuis 1600 patients ont pu en bénéficier et prouvé que ça marchait.
Le cannabis ne peut être prescrit que lorsque les malades sont dans une impasse thérapeutique, avec des douleurs dites réfractaires.
150 mille personnes seraient sujettes à ces douleurs que rien ne soulage.
Différents protocoles d’expérimentation ont déjà été renouvelés.
Le dernier décret pour les prolonger de nouveau a été signé en décembre 2024. « Ca m’agace qu’on laisse trainer. Qu’on arrête les expérimentations et qu’on signe la mise en place définitivement » S’exclame Marion Canalès. En effet, le protocole est mis en place jusqu’en juin. « Soit on arrête soit on généralise. Mais des patients attendent. »
Le ministre de la santé semble d’être d’accord pour enfin la mise sur le marché. « Mais, il faut accélérer les choses, car il faut que l’agence du médicament, la commission européenne donnent leur aval. Ca prend du temps et la deadline c’est juin, date de la fin d’expérimentation. »
Evidemment, cette mise en place sera très cadré, ne servira que pour des soins palliatifs ou des douleurs résistantes à tout autre traitement. « On sait bien que le but n’est pas de détourner le cannabis à des fins festives. » S’agace Marion. « Le ministre s’est senti obligé de dire qu’il était favorable au cannabis thérapeutique mais qu’il condamnait la drogue récréative. Comme si les deux avaient un rapport. » S’exaspère la sénatrice du Puy-de-Dôme.
Pourtant, même Marion Canalès sait que la mise sur le marché de ce genre de traitement ouvrira d’autres débats comme la conduite de véhicule sous emprise de cannabis. « Les patients devront rouler avec leur ordonnance sur eux. » Bref, il reste un peu de travail, alors que des milliers de patients attendent avec impatience cette nouvelle forme d’anti-douleurs efficaces.