« En fait, on se dit que ça ne peut plus durer. Elle en a trop fait. A trop de monde. » Explique une femme, monitrice-éducatrice, non syndiquée. Elle parle de la directrice de l’établissement, arrivée en 2018. « On vit un cauchemar, on voit nos collègues partir en burn-out. Certaines sont licenciées, d’autres ne sont pas renouvelés. »
Dernièrement, une jeune femme a dû partir parce que selon la directrice, elle ne lui disait pas Bonjour. « Et on ne doit pas dire son nom, mais son titre. Et pas madame la directrice, mais madame la directeure. »

Un peu en arrière du rassemblement, une femme qui est partie de cet établissement. « J’adorais les enfants, mais le management est trop compliqué ici. J’ai retrouvé un travail dans un environnement sain, je viens soutenir les collègues qui sont là, qui tiennent pour les petits, j’ai de la peine. » Dit-elle avant de devoir se rendre « épanouie » à son nouveau boulot.
Les syndicalistes de la CGT, à l’initiative du mouvement, sont contents. « De nombreux collègues soutiennent notre action, mais beaucoup ont peur des représailles. On les comprend, les départs sont si aléatoires. »

Pour preuve, 69 prénoms sont énumérés sur une feuille. Tous partis soit en arrêt maladie, soit partis. « Les contractuels ne renouvellent pas leur contrat. On manque de personnel. Plus personne ne veut travailler ici. » Explique un homme qui a assisté une de ses collègues en début de semaine. « En 2 minutes, on lui a remis une mise à pied à titre conservatoire jusqu’à la fin de son contrat. Sans vraiment lui expliquer les raisons de cette exclusion. »
Une de ses collègues rajoute : « On n’a même pas laissé cette femme dire au revoir à son groupe. Certains ont pleuré toute l’après-midi. »

Une maman nous confie : « Je m’inquiète énormément du turn-over autour de ma fille. Je la sens perturbée, car elle s’attache puis les personnes partent. Ce n’est pas possible. Il faut une remise en question de la direction et du conseil d’administration. En tant que familles, nous n’avons pas de lien avec l’établissement, c’est quand même grave. » Des familles qui ont peur de témoigner « Si la directrice a tout pouvoir, elle peut retirer la place de nos enfants ? » questionne un papa.
Pendant le mouvement, un conseil d’administration s’est tenu hier , sans qu’aucune réponse ne soit obtenue. La présidente est allée à la rencontre des grévistes mais a dit ne pas vouloir se prononcer. « C’est un manque de courage et de responsabilité. » S’inquiètent des salariés. « Alors, qui va nous aider ? » Lors du CA, un seul membre a posé la question du mal-être des salariés. Sans réponse de la directrice.

Dehors, alors que le vent se lève, une femme se fait discrète, elle vient de vaincre un cancer. Elle aimerait travailler, reprendre une vie normale comme lui a conseillé son oncologue. « Mais, la directrice me met des bâtons dans les roues, et cela traîne. » Le visage triste, elle repart sur son vélo, espérant pouvoir reprendre en janvier, alors que le médecin du travail l’y autorise depuis novembre. « En plus, elle n’est pas remplacée sur son poste. » Se désolent ses collègues.
Autre doléance du côté des salariés. « On lance des projets pour les jeunes : Les emmener quelque part, leur faire découvrir une activité. On monte des dossiers, et on les voit être retoqués sans argument. » On n’accepte pas la musicothérapie. On a fait de l’équithérapie une seule fois. Pourtant, il y a un budget dédié à ça. »

Selon un gréviste, la directrice aurait répondu à sa demande d’activité: « On n’est pas là pour faire du social. » Une phrase que les agents ont repris, non sans sarcasme. « Si dans les IME ou dans un SESSAD, on ne fait pas du social, on sert à quoi ? C’est comme si, la direction et nous étions dans un autre monde. Mais c’est nous qui sommes en lien avec les enfants. Ce sont nous les éducateurs spécialisés, les moniteurs-éducateurs, les orthophonistes, les psychomotriciens. On veut pouvoir continuer à prendre soin de ces enfants, leur offrir des activités, et notre bonne humeur. Mais dans ce contexte, cela devient difficile. On lance une dernière alerte. Si quelqu’un pouvait nous écouter… »
5 réflexions sur “« 69 collègues sont partis depuis l’arrivée de la directrice en 2018. »”
Je vais sans doute irriter mais combien de claques faut il recevoir avant de réagir? Le journalisme est il le bon sauveur de ces situations désespérantes ? Sans ces articles, rien n’aurait bougé.
c est bien toujours les plus fragiles qui morflent le plus dans les epads les ime a l aze etc etc .c est ca le liberalisme..et c est a vomir. solidairement
Le point de rupture est arrivé. Il faut désormais que le CA prenne ses responsabilités car les salariés, les enfants et les parents ne peuvent pas subir indéfiniment les décisions d’une directrice (pardon ! directeure) qui apparemment ne sait pas qu’un IME fait partie du secteur sanitaire et social et qui dicte ses propres lois. Je pense à cette salariée en rémission de cancer qui voudrait reprendre son activité et qu’on bafoue alors que cela lui ferait le plus grand bien de retrouver son travail et ses collègues. Qu’attend le CA pour démettre cette personne de ses fonctions ? Que cela se termine comme à ORANGE (ex FRANCE TELECOM). Grand merci pour vos articles qui feront peut-être bouger les lignes.
Le secteur social est bien malmené , et peu considéré , il n’y qu’a voir l’état des Ase de France et de Navarre ou des proxénètes viennent enrôler des jeunes filles désespérées de la vie , je ne vous parle pas non plus de nos seniors dans les Epahd ou la maltraitance n’est plus un spectre… que dire de l’adapei et du désordre mais eux au moins ont su réagir et se remettre en question … Mais l’ime des roches fleuries , l’un des plus ancien institut clermontois …!!!! L’un des plus isolé et fermé aussi , volontairement ..!? Il faut éclaircir cet établissement en commençant par les nuisances et apparement elles sont identifiées …,Restent aux CA de prendre ses responsabilités et la révocation n’est pas à exclure . les responsables d’établissement néfastes au bon fonctionnement et au bien être de nos structures sont des agents de l’états comme ces malheureux salariés . On leur rabâche a tout va qu’ils ont des droits et surtout des devoirs … et les directions , cadres sont ils soumis aux mêmes …!? et qui va leur rappeler en cas de dérive et de manquements et d’abus … car apparement dans le cas des roches fleuries nous serions dans l’abus … Si ce n’est pas le avéré , enquête administrative, audit , audition , voire garde à vue si des situations relève du pénal … Il y a une batterie de moyens pour faire la lumière de cette établissement sombre et isolé …
Votre message relate tout à fait ce qu’il se passe dans le secteur social alors que ces métiers sont difficiles mais choisis car on ne les exerce pas par hasard mais par volonté en faisant des études.
Effectivement l’ADAPEI a su réagir et n’a pas attendu des années de conflits et de souffrance comme ce qu’il se passe à l’IME les Roches Fleuries. Les salariés sont épuisés et les enfants en souffrent.
Je suis tout à fait d’accord avec vous sur la possibilité de révocation de cette personne nocive mais je me demande si elle ne bénéficie pas d’une protection d’une personne influente pour être toujours en poste malgré toutes les preuves accablantes contre elle.