La cour de l’université est remplie d’étudiant.e.s qui ne comprennent pas trop ce qu’il se passe. « Elle va rouvrir la fac ? » Questionne une jeune fille. D’autres, heureux, disent retourner se coucher. Il est 8 heures, heure du début des cours, en ce jeudi matin. Les étudiant.e.s mobilisé.e.s ont mis poubelles, chaises, tables à chaque entrée de l’université pour en bloquer l’accès.
Certains élèves viennent demander des explications : « Moi, je sui d’accord avec votre mouvement, mais j’ai peu de moyens et je ne peux pas me permettre de redoubler mon année, donc, je ne peux pas louper trop de cours. » Exprime un 1ere année en licence d’histoire.
Les jeunes mobilisés sont très conscients que le but n’est pas de pénaliser leurs camarades : « En fait, il faut comprendre que ce qui pénalise les études ce ne sont pas nos blocages mais les raisons pour lesquelles ont fait ce blocage. Le problème de notre génération, c’est la politique qui se fout de la jeunesse. » Exprime un jeune sur les barricades.
Une assemblée Générale est conduite rapidement afin de connaître les suites du mouvement. Une cinquantaine de jeunes se réunissent en rond. « On devrait prévenir les autres universités de notre mouvement et comme ça, on ferait une AG à 14H pour définir la suite. » Expriment plusieurs personnes.

Les étudiant.e.s se mettent en route pour avertir les autres facultés de leur mouvement. 9H.Départ pour la rotonde où sont dispensés des cours de droit et économie. D’abord hué.e.s, les étudiant.e.s sont finalement applaudi.e.s par un plein amphi.
Une seule enseignante leur refusera l’accès car « n’avait pas été prévenue ». Leur accueil reste apprécié. « Ce sont des étudiants comme nous. Dans ces amphis, il y a aussi des jeunes qui ne mangent pas tous les jours, qui n’arrivent pas à travailler et bosser à côté. On a des a priori les uns sur les autres, mais c’est parce qu’on ne se connaît pas. On vit dans des mondes qui ne se croisent pas, alors qu’on a le même âge. » Me racontent deux jeunes filles qui aimeraient que les préjugés tombent.
Retour à la fac de lettres, où à 10 heures, de nouveaux étudiants arrivent pour aller en cours et doivent faire demi-tour. Seuls les étudiants qui ont des rendez-vous avec la psychologue sont autorisés à rentrer. « On ne touche pas à la santé, déjà que c’est compliqué ! »
Le groupe décide de partir à l’université de Carnot pour annoncer l’Assemblée Générale de 14H. « Plus on sera nombreux à l’Assemblée Générale, plus nos décisions auront du poids. » Explique un étudiant syndiqué à l’Union Eudiante.
La FSE, Fédération Syndicale Etudiante, est aussi présente pour bloquer l’université et rassembler les étudiant.e.s : « Nous sommes la jeunesse. Nous devons aussi être dans la rue, pour notre venir. Pour une société plus égalitaire et juste. »
Cet après-midi, les étudiant.e.s décideront donc de la suite du mouvement. Puis, celles et ceux qui le pourront et le voudront devraient rejoindre l’Assemblée populaire du mouvement « Bloquons tout », à 18 heures aux Carmes.