Rassemblement féministe pour dire « non » au vieux monde

Jeudi 11 janvier, l’antenne Puy-dômoise d’Osez le féminisme 63 ! a organisé un rassemblement devant le Palais de Justice de Clermont-Ferrand afin de dénoncer les violences sexistes et sexuelles et leur impunité.

Malgré le froid, pas de quoi décourager la cinquantaine de personnes présentes devant les grilles du Palais de Justice dès 17h30 hier soir. OLF 63 a donné le coup d’envoi de la mobilisation féministe en 2024 en invitant les citoyens à se rassembler et dire « gardez votre vieux monde, nous en voulons un sans violences sexistes et sexuelles. ».  

Coup de pied dans la fourmilière

Depuis 2020, l’acteur Gérard Depardieu est accusé publiquement de viol et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes. Il est mis en examen. Récemment, le magazine Complément d’Enquête diffusait aussi un reportage sur l’acteur mettant en lumière des attitudes tels que des grognements équivoques et des propos à caractère sexuel, notamment envers une enfant. Suite à la vague d’indignation qu’a suscité la diffusion de l’émission, une soixantaine d’artistes signaient une tribune dans le Figaro pour soutenir Depardieu. Depuis, certains se sont désolidarisés et une contre-tribune a été publiée et signée par plusieurs milliers d’artistes.

Stop à l’impunité

« Emmanuel Macron a tranché au plus haut sommet de l’État, à l’image de son bilan en la matière. « Il y a présomption d’innocence », « Gérard Depardieu rend fière la France », dénonçant une prétendue « Chasse à l’homme » exercée contre l’acteur dont il est un « grand admirateur ». », dénonce OLF dans un communiqué.

Les mots du président sont d’une violence inouïe et crache sans retenue sur la parole des très nombreuses victimes de Depardieu. Alors que ce dernier faisait des violences faites aux femmes l’une de ses grandes causes quinquennales, son attitude dans cette affaire balaye d’un revers de main tous ses engagements passés.  

Hier, aux côtés d’OLF, de très nombreux signataires tels que des associations féministes et d’autres, des syndicats et des partis politiques. Objectif, dénoncer les violences sexistes et sexuelles mais aussi, donc, le fléau que représente l’impunité. Rappelons que seules 1% des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation.

Vieux monde contre nouveau monde

Depuis « #Metoo », en 2017, la tolérance sociale recule, l’acceptation silencieuse aussi. De moins en moins, les gens sont insensibles à la cause des femmes. De plus en plus, ils sont conscientisés.

« On ose s’attaquer à une personnalité. Il y a quelque chose de l’ordre du symbolique avec Gérard Depardieu. », affirme Anne-Lise d’OLF. « Il y a quand même beaucoup moins de signataires qu’avec la pétition pour Polanski. Et les personnes se désolidarisent. Mais ce qui m’inquiète, c’est moins les signataires que le président. Mais c’est un bon indice ce mouvement de fond, ces personnes de plus en plus nombreuses qui condamnent ça. », poursuit Ophélie.

Du chemin reste à faire. Sur les violences sexistes et sexuelles mais aussi sur le reste. Hier, le remaniement ministériel battait son plein. Les poids lourds de la Justice et de l’Intérieur restent en place. Aucune femme à la tête d’un ministère régalien. Sur cette question et les autres, « On va continuer à mettre des pavés dans la marre. », assure Leïla Chétih, d’OLF. L’Assemblée Générale de l’association aura lieu le 1er février à 18h30 au centre Jean Richepin et sera ouvert au public.

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