Die-in : une action choc pour rendre femmage aux victimes de féminicides

Samedi 16 octobre, le collectif NousToutes63 organisera un die-in afin de rappeler les noms de toutes les victimes de féminicides en 2021. La performance aura lieu à 14h30 place de Jaude. 

154 en 2019. 102 en 2020. 90 en 2021. Le chiffre baisse mais c’est toujours trop. Une femme tuée, ce sera toujours trop. Face à ce constat mais surtout face à l’absence de constat des autorités, le collectif NousToutes organisera des évènements partout en France le samedi 16 octobre. La branche Puy-de-Dôme participera évidemment à cette journée mais a choisi de marquer le coup avec une performance choc. 

Rendre femmage

Le die-in est une manifestation statique lors de laquelle les participant.e.s simulent leur mort en se couchant par terre. Par ces morts simulées, l’action de samedi veut faire écho à la mort de toutes les femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Une membre de NousToutes nous explique : « À chaque fois qu’on va prononcer le nom d’une de ces femmes, une participante va se coucher et simuler sa mort. Il y en aura normalement 90 pour représenter les 90 femmes tuées par leur mari ».

Bien sûr, les militantes espèrent la présence du plus de monde possible, notamment pour que certaines femmes puissent venir faire le contour à la craie des silhouettes de celles qui sont au sol afin de laisser une trace de leur action place de Jaude. Chaque personne qui souhaite participer doit venir habillée en noir.  Le collectif veut expliquer à chaque fois les circonstances de la mort des femmes et le contexte dans lesquels les féminicides se sont produits pour mettre en lumière le manque de volonté des autorités et le ridicule de certaines situations. 

Des situations aberrantes

Si l’action de simuler sa mort lors d’une performance publique peut paraître assez forte, selon les militantes, elle est proportionnelle à l’urgence de la situation. En France, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint. « Il y a de grands manquements. L’autorité parentale n’est pas systématiquement enlevée à un père qui tue. C’est une aberration. Les bracelets, c’est bien beau mais pourquoi n’y a-t‘il pas plus de mesures d’éloignement mises en place ? Pourquoi toujours devoir rentrer dans un cadre pour être entendue ? Un maximum de protection, ça devrait être un principe alors même qu’avec une protection simple, des fois, ça ne suffit pas », explique la militante. 

Imposer le regard

Samedi, le collectif souhaite investir l’espace public pour forcer les regards à se poser sur une réalité insupportable. Au-delà de l’action, les membres et tous les participant.e.s gardent la volonté de sensibiliser et d’informer. NousToutes rappelle la présence du numéro 3919, accessible 24h/24H pour les femmes victimes de violence. 

Samedi, à 14h30 place de Jaude, chaque personne sera la bienvenue pour venir soutenir le collectif et ses actions. Au moins 90 femmes devront être présentes pour rendre femmage aux 90 victimes de féminicides cette année. En espérant que d’ici là, le chiffre n’augmente pas. 

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