Ils sont une vingtaine à attendre les nombreux passagers qui sortent du tram, place Gaillard de Clermont-Ferrand, ce samedi 9 décembre. Membres des Jeunesses Communistes, militants antifas, ils se sont retrouvés pour distribuer des tracts contre l’extrême-droite.
« Nous avons été tellement bien reçus. On se rend compte que notre ville n’est pas prête pour laisser les extrêmes-droites s’implanter. »
En effet, les passants lisent le tract, encouragent les jeunes militants, et discutent quelques minutes du danger des idées xénophobes et racistes véhiculées par les groupuscules qui tentent de s’implanter dans le paysage auvergnat.
Clermont Non Conforme, groupuscule néo-nazi et le syndicat étudiant La Cocarde avaient envisagé, dans un premier temps, un rassemblement devant le palais de justice de Clermont-Ferrand pour dénoncer le massacre des français, tentant une récupération politique du meurtre de Thomas.
L’appel à rassemblement à Clermont-Ferrand avait été déclaré par Julien Chmielewski, membre de Clermont Non Conforme, du Rn 63 et de la Cocarde.
Même s’il n’a pas eu lieu, les jeunes militants antifascistes de Clermont ont voulu marquer le coup. « Pour nous, c’est important de montrer qu’on ne laissera pas de place aux néo-nazis » Explique un militant, venu tracter ce samedi.
Une dame assez âgée s’arrête pour lire le tract. « Ah, je vais en prendre plusieurs pour mettre dans les boîtes aux lettres de mon immeuble. C’est important ce combat-là. » Sourit-elle.
Plus tard, deux jeunes passent à toute vitesse. Puis s’arrêtent. « On n’a pas compris vous êtes pour ou contre l’extrême-droite? » Demandent-ils. « Contre, évidemment. » Alors, les deux jeunes rebroussent chemin, et prennent un tract avant de discuter avec les jeunes militants.
450 tracts seront alors distribués en une heure. « Nous n’avons vu qu’un couple nous dire qu’il votait extrême-droite. Toutes les autres personnes nous ont super bien accueillis. On se rend compte que les gens ne veulent pas de l’extrême-droite ici. Ni ailleurs. On a raison d’être là. »
Certains membres de l’ultra-droite ont d’ailleurs été interpelés et passeront en justice en janvier. Tristan Arnaud, fiché S, qui en 2018, avait écopé de 3 ans de prison et 5 ans d’interdiction de territoire, se retrouvera dès le mois de janvier en face de la justice. Il devra répondre de faits de violence commis en pleine rue. Roman Schmidt a lui aussi été entendu pour des faits de violences et devra comme son camarade, se présenter devant la justice.
« Ils dénoncent la violence, disent qu’elle vient de l’immigration. Mais, ils oublient qu’on dénombre depuis 2017, 4 attentats perpétrés par l’extrême-droite. »
Ces militants de l’ultra-droite sont souvent fichés S, au vu de leur violence et leurs agressions récurrentes. Depuis le début de l’année, nous avons recensé une vingtaine d’agressions physiques avec pour la plupart des blessés.
Un comble pour ceux qui dénoncent la dangerosité des « étrangers. »