Épisode 12. Voilà trois mois que les Français se battent contre le projet de réforme des retraites. Ce matin, il y avait un peu moins de monde dans les rues de Clermont. La faute aux vacances scolaires peut-être. Mais après 12 rendez-vous et des grèves qui tapent fort sur le porte-monnaie, La motivation, elle, n’est pas en baisse.
Et si depuis le réveil, on ne compte plus les « Conseil Constitutionnel » qu’on entend à la radio, dans nos discussions et dans la rue, les manifestants croisés, de leur côté, n’en attendent pas grand-chose.
Pas de vacances pour la mobilisation
Ce matin, pas de blocus devant « Jeanne » ou « Blaise ». Les lycéens sont au repos. Pourtant, nombreux étaient les jeunes dans la rue ce matin. Dès 6h45, un piquet de grève s’est dessiné à l’AIA et un rassemblement s’est formé à la gare de Clermont.
À 10 heures, la manifestation s’est lancée de la place du 1er Mai sous un beau soleil avant de rejoindre Jaude par la rue Montlosier.
« Si on n’est pas là, il va penser qu’il a gagné donc c’est important. », explique Nadège, manifestante.

« Le Conseil Constitutionnel, on n’y croit pas mais quelle que soit la décision, on continuera à se mobiliser. », poursuit sa collègue Murielle, pancarte à la main.
Pas vraiment d’attentes
C’est en effet demain, vendredi 14 avril que les « Sages » doivent rendre leur décision. Ces derniers ont étudié la validité du texte, sa recevabilité après son adoption au parlement à coup de 49.3.
Trois scénarios sont possibles : une validation du texte, une censure partielle ou une censure totale. Le Conseil doit également juger si la demande de RIP (Référendum d’Initiative Partagée) de la gauche est recevable ou non. Le Rip doit recueillir 4.8 millions de signataires pour aller au référendum.
« Je trouve que l’utilisation du conseil, c’est une manière pour le gouvernement de se déresponsabiliser. Nous, au mieux on en attend pas grand-chose et au pire rien. Mais il ne faut pas se résigner. », indique Martin. Son ami Jimmy bosse dans l’associatif. Il admet être chanceux de pouvoir débrayer quelques heures. « Au moins, on peut se dire qu’on aura tout fait jusqu’au bout. Peut-être que le RIP permettra de conserver de l’élan dans la mobilisation. ».
Depuis le début du mouvement, les 2/3 des Français et les 3/4 des salariés concernés rejettent le projet de loi. 62% de la population soutient le mouvement social. Un chiffre en hausse. Aujourd’hui, les syndicats ont annoncé 10 000 personnes à Clermont-Ferrand. (6000 selon la police).








