» 70 euros par mois en moins pour nous femmes de ménage, c’est énorme »

Depuis quelques semaines, les femmes de ménage de l'entreprise d'Onet, dans le Puy-de-Dôme ne finissent pas de rager. Elles ont reçu un courrier leur annonçant qu'elles feront 15 minutes par jour en moins, leur faisant perdre 70 euros mensuels. Explications.

C’est un coup de fil, un soir de pluie. Elles sont plusieurs à raconter leur histoire.

Des histoires qui se ressemblent. Elles font le ménage au tribunal, dans les Auchan du département, ou au centre des Impôts de Clermont-Ferrand. Majoritairement, elles ont signé un contrat de 70 heured par mois avec Onet, l’entreprise qui les emploie.

Le 26 avril, leur « chef » les avertit qu’elles vont avoir un avenant à leur contrat, effectif dès le premier mai. En effet, selon leur direction, l’entreprise souffre financièrement, et doit réduire de 15 minutes par jour le temps de travail de certaines de leurs salariées.

Les femmes de ménage font alors leur calcul. 15 minutes de moins par jour équivaut à un perte de 70 euros mensuels. « Nous sommes déjà dans un milieu précaire, certaines d’entre nous savent à peine lire et écrire. Nous n’avons pas les moyens, le temps, l’énergie pour nous défendre. »

Malgré tout, elles vont se renseigner, et vont voir les entreprises pour lesquelles ONET est prestataire. Auchan n ‘est pas au courant de cette baisse de temps de travail. « Leur contrat n’a pas été revu à la baisse alors qu’ONET nous paie 52 heures au lieu de 70. »

Pire, les prestataires veulent que le travail continue d’être réalisé. « Donc, le chef d’agence en charge de notre secteur estime qu’on doit faire le même travail mais en 15 minutes de moins. »

L’avenant n’arrivera que le 13 mai au domicile des salariées, qui pour la plupart, refuseront de le renvoyer. « Il y est écrit que sans retour de notre part, cela signifie que nous sommes d’accord. Mais, on n’a pas voulu signer un contrat avec lequel on est en désaccord. »

Car les filles se renseignent. En fait, Onet va bien. Plutôt bien même, financièrement. L’entreprise vient même de racheter ISS, autre entreprise de propreté.

Au niveau local, un contrat avec Constellium vient d’être signé. A l’heure de l’écriture de ce papier, des annonces de recrutement sont publiées pour au moins 4 temps pleins.

« On s’est demandés si ça ne venait pas de là. Déshabiller Pierre pour habiller Paul. » Expliquent les femmes de ménage. « Ils ont besoin de temps plein à Issoire, alors ils économisent sur nos contrats. »

Le chef d’agence de la Roche-Blanche en charge du secteur n’a pas répondu à nos questions. Le siège à Marseille n’était pas au courant de cette situation. Le service communication a pris en charge notre demande d’interview, mais n’a pas donné suite.

Bizarrement, hier soir, les salariées ont reçu un appel pour les avertir que leur contrat allait se poursuivre comme avant et qu’elles allaient être remboursées pour le mois de mai…

« Pour nous, 70 euros par mois, c’est énorme…Et on a vite compris que rien n’était légal, ni l’avenant envoyé 15 jours après le début de mois, ni le fait de ne pas avertir les entreprises pour lesquelles on travaille. C’est trop facile de nous taper dessus. Les chefs nous pensent sans défense. Mais, cette fois, on ne se serait pas laissés faire… »

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