Ne pas mourir sans continuer à vivre…

Hier, de nouvelles règles ont été imposées aux français. Le couvre-feu à 18 heures comme le symbole d’une vie tournée vers le travail, et dispensée de quelques loisirs et liens sociaux incontournable à notre bonheur…Mais être heureux doit-il encore être une priorité quand, selon notre gouvernement, il faut sauver des vies ? Mais qu’en est-il des générations qui ne mourront pas de la Covid-19, mais ne peuvent plus vivre ?

Prenons les chiffres du 14 janvier : 21228 nouveaux cas. 6,5 % de positivité sur les tests. Dans 86% des cas, les contaminés sont asymptomatiques et n’ont aucune séquelle de la maladie. Malgré tout, 283 morts ont été annoncées « des suites de la maladie Covid-19 ». La moyenne d’âge des personnes décédées, varie de 81 à 84 ans (selon les sources). 90 % des personnes en réanimation présentent des comorbidités. Il est évident qu’il faut tout faire pour protéger au maximum les personnes fragiles. La vaccination semble d’ailleurs aller en ce sens.

Mais protéger nos plus fragiles ne devraient pas s’arrêter à cela. Car, aujourd’hui, les victimes du coronavirus ne sont pas toujours les personnes les plus âgées. Ce sont, par exemple, les étudiants dont la santé mentale inquiète les psychiatres et autres professionnels de santé. Selon des sources confidentielles dans le domaine du secours à la personne, les interventions concernant les tentatives de suicide et suicides ont augmenté de 40 %, touchant prioritairement les 15/35 ans. Chez les enfants, même constat, ils sont eux aussi victimes de la crise du coronavirus, et doivent aussi être soutenus. Alors que les enseignants estiment qu’il leur sera impossible de rattraper le retard (évalué à 30% du programme) dans les collèges et lycées, les professeurs s’inquiètent aussi dans les plus petites écoles. Retard langagier, développement de troubles sociaux affectifs. Les infirmières scolaires disent, de plus, s’inquiéter pour la santé des enfants qui ne peuvent plus pratiquer de sport. « Certains enfants ont pris du poids depuis mars, de façon déséquilibrée » nous explique une pédiatre clermontoise.

Autres victimes collatérales de cette crise : les gens souffrant déjà d’autres pathologies. La directrice du centre anti-cancéreux Jean Perrin à Clermont-Ferrand a prévenu du fait que les malades du cancer voient leur traitement repousser, et les diagnostics sont posés de façon tardive. Elle a averti sur un risque de surmortalité dans les mois à venir.

Et puis, Lulu, 94 ans, a réveillé autre chose. Cette femme qui a subi la guerre nous a soufflé n’avoir jamais vécu « pire que la solitude ». Résidente en foyer autonomie à Clermont-Ferrand, , elle a passé son confinement, seule. Les plateaux repas distribués étaient sa seule visite de la journée. A cette période, elle perd plusieurs de ses copines « pas à cause de la maladie, mais parce qu’on a toutes glissé, à cause de la solitude, vers l’envie d’abandonner la vie... » Pour cette ancienne résistante, ayant fait face à la mort de son mari quelques années plus tôt, le confinement aura été l’épreuve de trop… »Je m’accroche encore un peu, car c’est mon caractère, mais à quoi ça rime tout ça de nous empêcher de vivre pour ne pas mourir… »

Car c’est bien de cela dont il s’agit…Une question existentielle : Qu’est-ce que vivre ? Si vivre c’est par son existence, contribuer au projet économique de son pays, alors nous vivons tous, nous réalisons cet « effort national », pour que notre société diplomatique survive. Mais vivre, c’est être vivant, ressentir, choisir, pleurer, rire, décider, grandir, apprendre, discuter, danser, voyager, raconter, partager…

Et, dans nos vies, il n’est plus question de cela…Alors, parfois, on tente de s’adapter, en réalisant des choses qui ne nous correspondent pas. On se met à allumer la télé pour tuer le temps. On se résout à leur essentiel, faire les courses. Il reste les réseaux sociaux pour débattre, mais bien souvent les propos sont stériles, sans enjeu, sans preuve, simplement la représentation très égoïste de son propre monde. Un monde fermé.

Vivre c’est aussi lutter. Demain, deux manifestations ont lieu à Clermont-Ferrand, la première à 11 heures contre la loi sur la sécurité globale. La deuxième à 14 heures, en soutien à la Maskarade, dénonçant les poursuites réalisées à l’encontre de certains organisateurs offrant des espaces de liberté notamment par le biais des sound-system. Une dizaine de charts sera présente.

Parce qu’on ne veut évidemment pas mourir tout de suite, mais parce que nous voulons continuer à vivre..

Parce que le monde d’après qui se prépare n’est pas celui des solutions.

Le monde d’après doit être celui de l’éveil des consciences sur le dérèglement climatique et ses conséquences (dont la multiplication des virus), celui du soutien envers les jeunes enfants, adolescents et jeunes adultes qui auront du mal à se reconnecter avec des projets, celui d’un hôpital public plus riche, celui des rêves à réaliser.

Le monde d’après doit être aussi et surtout la poursuite des combats pour nos libertés et nos droits. ll faut donc continuer les combats humanistes et sociaux. Continuer à montrer à nos enfants ce droit au bonheur, aux rires, et aux espoirs…

A Mediacoop, nous ne parlons jamais de la Covid-19, nous laissons cela aux autres, nous avons mille autre choses à faire, alors pardonnez-nous pour cet article, il voulait simplement nous rappeler à tous, que vivre ce n’est pas juste ne pas mourir…

A demain ( dans tous les sens du terme !)

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