Réseau Canopé en Danger, dans le silence total…

Personne n’en a entendu parler, pourtant, de grands chamboulements sont opérés au sein du ministère de l’Education Nationale, avec notamment la fermeture des 100 ateliers Canopé répartis sur le territoire français, laissant 1500 personnes dans l’expectative quant à leur avenir. Explications.

Opérateur de l’éducation nationale, seul éditeur dans le domaine public des outils pédagogiques, le réseau Canopé accompagne les professeurs dans leurs pratiques pédagogiques, et propose des formations, des outils, des expositions. Il prête aussi le matériel nécessaire pour que les partenaires culturels puissent réaliser correctement leurs ateliers. (A Mediacoop, par exemple, nous avons fait appel à plusieurs reprises à l’Atelier Canopé pour des prêts de studio radio mobile, ou encore pour le prêt d’un amphi pour la restitution de nos ateliers. )

Mais depuis quelques mois, la survie du réseau Canopé semble incertaine. Pourtant, 1500 agents travaillent au sein de l’établissement. 600 enseignants détachés, 400 fonctionnaires et 400 contractuels qui représentent plus de 90 métiers. En octobre 2019, tout va bien dans le meilleur des mondes, un rapport de la commission des finances est rassurant : la structure fonctionne bien, économiquement les choses sont viables. Il faut dire que les efforts ont déjà été fournis depuis 2015. En effet, Réseau Canopé s’appelait avant les CRDP (Centre Regional de documentation Pédagogique). Déjà dans un souci d’économie, les moyens avaient donc été mutualisés pour créer Canopé avec plus de 150 emplois perdus.

Parallèlement à l’annonce de la commission des finances, par voie de presse, les employés apprennent qu’il faut économiser plus de 3,5 millions d’euros sur le budget 2020, et donc réduire la masse salariale. Nadège Gohier, porte-parole du personnel estime à 150 emplois menacés.  » Le budget 2020 permet simplement de payer les frais de personnel. Nous ne pouvons plus débourser un euro pour nos actions…Donc qu’allons-nous faire ? Nous estimons être en budget de faillite.  »

Surtout qu’une deuxième annonce provenant du Conseil d’administration alerte à nouveau, le 18 décembre 2019. «  On apprend que les 100 antennes ( appelés ateliers) réparties sur notre territoire vont tout simplement fermer au 1er janvier 2021. Les agents seront replacés dans les rectorats pour assurer la formation des enseignants. On s’inquiète pour les 400 contractuels, mais aussi pour les 13 pôles régionaux qui à notre avis vont aussi disparaître, il ne restera alors que la direction générale…mais pour diriger quoi ?  »

La mobilisation est alors unanime. Une intersyndicale se met rapidement en place, ainsi qu’une coordination des personnels non syndiqués. «  Nous allons devoir assurer la formation continue des professeurs mais ce n’est pas notre coeur de métier, nous sommes face à un budget qui ne correspond à rien. Et nous n’avons aucun interlocuteur. les décisions ont été prises sans concertation… »

La preuve en est, le directeur général a démissionné jeudi dernier, car en désaccord avec toutes ces décisions.  » Nous avons un directeur provisoire qui n’est autre que celui qui a été placé à la tête de l’ONISEP à l’époque de sa ré-organisation, ce n’est donc pas très rassurant…« 

Les agents du réseau Canopé se sont donc joints aux différentes manifestations nationales et ont appelé à deux grèves spécifiques. Une pétition a été mise en ligne ainsi qu’un site Internet.

Pour signer la pétition : https://www.unepetition.fr/rcendanger

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À propos de cet article

Publié le 16 janvier 2020
Écrit par Eloise LEBOURG
Éloïse Lebourg est journaliste. Après une école de journalisme reconnue par l’Etat et la profession, elle apprendra sur le terrain à déconstruire tout ce qu’on lui a appris. Après des détours par Charlie, France Inter, RTL ou RFI, elle se positionnera dès 2006 sur les radios associatives dans lesquelles elle œuvrera comme journaliste puis directrice d’antenne, jusqu’en 2014. Pigiste pour reporterre, Hexagones ou Politis, elle reviendra à ses premiers amours : l’enquête au long cours. Dès 2010, elle crée les Rencontres Nationales des Medias Libres et du Journalisme de Résistance qui se déroulent depuis, chaque année à Meymac en Corrèze, chaque dernier week-end du mois de mai. En 2015, elle crée avec Matthias Simonet, Mediacoop dont elle est la gérante-associée.

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