Débats : des rendez-vous qui font du bien à l’approche de la présidentielle

À l’approche du premier tour de l’élection présidentielle, les Jeunes Communistes du Puy-de-Dôme organisent des débats en libre accès sur des thèmes centraux. Hier soir, les inégalités hommes-femmes et l’antiracisme étaient abordés.

Après un premier débat sur les énergies et l’emploi qui avait regroupé une quarantaine de personnes, un second rendez-vous était organisé hier soir par les Jeunes Communistes du Puy-de-Dôme. À l’approche de la présidentielle, une trentaine de personnes se sont retrouvées au café des Beaux-Arts pour aborder les thèmes des inégalités entre les hommes et les femmes, des violences sexistes et sexuelles et de l’antiracisme.   Loin d’un entre-soi politique ou d’une séance de rabâchage de programme, les rencontres sont ouvertes à tous et communiquées à l’avance pour accueillir un maximum de personnes afin de parler de thèmes qui concernent l’ensemble des citoyens.  

Lorsqu’on s’installe, la nuit n’est pas encore tombée. Mais trois heures plus tard, c’est bien les phares des bus et des voitures qui éclairent la terrasse du café. On n’a pas vu le temps passer à force de suivre les discussions. Entre attendant, des gens sont partis, d’autres se sont rajoutés. À côté de nous, Chloé, étudiante en première année d’histoire a entendu parler du débat à la fac et a eu envie de voir comment ça se passait.

Des temps de parole nécessaires

Si l’initiative de débats publics est bonne, le timing l’est encore plus à l’approche des présidentielles, période importante et souvent électrique. Surtout, les Français ont jusqu’ici été privés de débats entre les candidats face aux refus d’un Emmanuel Macron coincé dans son costume de chef de guerre et qui, depuis sa planète, ne capte pas la fréquence des autres candidats. Mais aux Beaux-Arts, c’est à une autre échelle qu’on parle. Chacun peut échanger sur son vécu, poser des questions, exposer des idées « C’est important de pouvoir débattre, échanger et prendre la parole », nous confie notre voisine de table, Chloé. C’est aussi l’occasion de se confronter. Aux deux extrémités de la longue ligne de verres et de tasses formée par les tables rapprochées, les avis ne sont pas les mêmes. Tant mieux, le débat est fait pour ça.

Les inégalités et les violences

Autour des tables, des militants, de simples curieux, des gens de tous âges et beaucoup d’étudiants. Le premier thème, les inégalités entre les hommes et les femmes est celui qui sera débattu le plus longuement. « On m’a refusé un mini-stage parce que j’étais une fille », lance une étudiante. « Les femmes sont plus en temps partiel car elles assument le foyer et c’est ça qui provoque beaucoup d’inégalités de salaire », poursuit un homme à sa gauche.

Pour prendre la parole, il faut faire signe à la personne qui anime le débat et attendre son tour. Le micro passe de mains en mains. Un étudiant explique : « la question de la parité, je n’en suis pas convaincu ». Ce dernier pointe les quotas et le fait que si des hommes ou des femmes sont compétents, il paraît ridicule de les remplacer. « En fac de droit, on a fait un sondage selon les filières et c’est très genré. Quelle place pour les femmes après la licence ? », rétorque un autre. Une jeune femme lance. « Je vois beaucoup d’hommes qui parlent des femmes ». Pour elle, les inégalités commencent dès le plus jeune âge.

Le rôle de l’école et de l’éducation

« Les cours d’histoire à l’école sont très peu centrés sur les femmes », rappelle l’étudiante. « Les quotas ne sont pas forcément la bonne solution mais on ne laisse pas à la base les mêmes chances aux femmes », indique un jeune homme pour rebondir sur les interventions précédentes. Une jeune femme aborde la question de l’auto-censure puis le débat glisse sur les violences sexistes et sexuelles. « Ce combat passe aussi par le soutien de hommes, on pourrait, on devrait les inclure », commence une participante. Les constats et les avis sont plutôt homogènes sur la question mais des divergences persistent. « Les hommes ont été socialisés dans un contexte, je n’arrive même pas à leur en vouloir quand on me fait une remarque. », lance timidement une jeune femme.

Un homme tient à dire que le harcèlement existe des deux côtés. « Certes mais toutes les femmes ont peur alors que pas tous les hommes », lui rétorque quelqu’un.  Beaucoup de thèmes sont abordés. Des chiffres tombent. 80% des gynécos sont des femmes alors que la plupart des chefs sont des hommes. Des constats aussi. Les policiers sont très mal formés à l’accueil des victimes.

D’autres débats à venir

C’est la question de l’antiracisme qui clôt la soirée. Le thème résonne. En France, face au racisme systémique, aux violences policières et à la rengaine des extrêmes-droites. À Clermont, pour les mêmes raisons mais aussi et surtout pour les récents tags racistes et haineux découverts sur nos murs.

Le sujet est abordé sous différents angles. Celui des discriminations les plus courantes d’abord. « Ma copine est blonde aux yeux bleus mais elle a un nom d’origine algérienne. On lui refuse des logements pour ça », explique un jeune homme. Puis on parle d’immigration. Le débat s’intensifie. On en vient bien sûr à parler de l’Ukraine, de ses réfugiés, du tri ignoble entre les humains qui fuient ou encore de la SNCF qui choisit les bons et les mauvais. Tant d’autres choses aussi qu’il est nécessaire de rappeler. Nécessaire comme ces débats organisés à l’heure où l’espace médiatique est saturé de questions sécuritaires et identitaires.

Les organisateurs nous indiquent qu’un prochain débat, sur la thématique des étudiants, entre autres, devrait avoir lieu juste avant le premier tour de l’élection.

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