Les visages graves, Olivier Bianchi et Marianne Maximi ont invité les journalistes au local de campagne du maire sortant. Sans détour, le maire prend la parole. « Nous allons mettre en commun nos forces pour éviter l’élection de la droite qui s’est beaucoup trop inspiré du programme de l’Extrême-droite. » Débute l’édile. « On ne fait pas un accord de programme mais nous avons des valeurs communes, et notamment de résister face à la droite. »
Au lendemain des résultats du premier tour, où Julien Bony, tête de liste Divers Droite arrive en tête à 33,9%, les deux figures de la gauche locales se sont vite réunies. La liste d’Olivier Bianchi a réalisé près de 30% et LFI menée par la députée Marianne Maximi 17%. « Un très bon score pour la gauche avec notamment une percée pour la liste de Marianne. » Salue Le maire. « Et il faut y comprendre quelque chose, les clermontoises et clermontois veulent une gauche unie, et nous avons entendu cette revendication dans les urnes. »
Fusion des listes
Du côté de la gauche, on joue donc l’apaisement. « On ne doit pas se perdre dans les divisions stériles pour ne pas subir la régression que la droite veut imposer à la ville. » Explique Olivier Bianchi. « Julien Bony veut casser le système, avec des atteintes contre le service public et nous redoutons ce qu’il appelle une politique sociale responsable. »
Marianne Maximi, quant à elle, dit « prendre ses responsabilités face à une droite qui se radicalise. » Elle reconnaît que malgré des divergences, sa liste fait front commun avec la liste du maire, notamment contre les violences faites aux femmes, ou encore l’Extrême droite.
13 candidats LFI sur la liste
Ainsi, la liste sera présentée demain, avec 13 candidats LFI éligibles sur les 55 prévus. « Nous avons calculé au pro-rata des résultats des élections. » Du côté de la liste d’Olivier Bianchi, seules 5 ou 6 personnes n’ont pas voté pour la fusion. « Les autres ont laissé leur place pour que notre rassemblement puisse se faire. »
Concernant les consignes nationales, Olivier Bianchi n’en a que faire. « Le diagnostic local est très particulier sur Clermont-Ferrand. Nous sommes une terre de gauche, et nos accords datent de plusieurs mandats. Nous pouvons être en désaccord sur le fond, mais jamais nous n’avons eu d’attaques personnelles. Même si Marianne reste dans l’opposition, nous nous respectons. » Et à la députée de le redire, « nous fusionnons mais cela ne nous empêchera pas de défendre nos idées et de montrer nos désaccords quand il y en aura. »
Appel aux abstentionnistes
Les deux représentants veulent s’adresser aux électeurs de gauche, qui selon Olivier Bianchi, sont nombreux à demander le rapprochement avec LFI, et avoir une liste unie. « Nous avons entendu, et nous voulons montrer la voie, aussi aux abstentionnistes pour leur dire qu’ils peuvent sauver Clermont de la droite. » Le maire sortant, s’il gagne, a l’intention de se remettre en question et de changer notamment concernant la politique sociale.
Puis, il s’autorise: « Certains comparent LFI à l’Extrême-droite. Mais je le redis ici, l’Extrême-droite est ce qu’il y a de pire. Une gauche radicale ne lui est pas comparable. »
D’aillleurs, la diabolisation du parti dans les médias n’a eu que peu d’effets, puisque les scores du parti de JL Mélenchon a atteint ses scores les plus hauts, sur le territoire national.
Une triangulaire pour Clermont-Ferrand, dimanche prochain
Dès demain, la campagne reprend donc, pour cette liste de la gauche unie. « Nous devons expliquer aux gens les dangers de la droite que nous propose Julien Bony. Et nous devons rassurer les électeurs de gauche. »
A droite, Julien Bony tendait la main, hier sur France 3 aux électeurs du RN, tout en refusant une alliance avec la liste RN qui réalisait près de 11% des voix. Antoine Darbois, tête de liste RN a donc décidé de se maintenir au second tour, faute d’accord, a-t-il annoncé cette après-midi. Une triangulaire aura donc lieu ce dimanche dans la capitale auvergnate.