« La première année, j’ai eu 14 enfants à gérer sur une semaine. J’avais 24 heures. Autant dire que je n’ai pas pu faire mes accompagnements correctement. » L’AESH travaille en milieu rural et doit se répartir sur plusieurs écoles. Comme toutes ses consœurs, le temps partiel de 24h lui est imposé. « On a un CDI après 3 ans de CDD, mais on n’est pas reconnues comme fonctionnaires. »
Ces femmes, car le métier est exclusivement féminin, vivent donc avec 950 euros nets par mois. « Et nos frais kilométriques sont remboursés parfois l’année suivante. » Rajoute une AESH qui se rend dans plusieurs établissements de l’Allier. Parfois, les affectations des enfants peuvent changer en cours d’année. Bref, rien ne dure, quand on est AESH.

Alors, elles réclament un statut de catégorie B de la fonction publique. « Cela nous permettrait d’obtenir la fin des temps partiels imposés. On pourrait bénéficier de la retraite des fonctionnaires et obtenir une vraie formation continue. »
En effet, alors qu’elles doivent gérer des enfants en situation de handicap, elles ne reçoivent que 60 heures de formation. « On y apprend comment fonctionne l’Education Nationale, et on a juste 3 heures sur l’autisme, par exemple. »
Demande de formation
Et pourtant, le métier demande de sacrées compétences. Par exemple, l’une raconte qu’elle s’occupe actuellement de 3 enfants dont un qui a des excès de colère, l’autre qui a un trouble de l’attention et de la coordination, et l’autre qui souffre d’une paralysie.
Une autre doit jongler avec 3 élèves dans trois classes différentes. « L’un a un bras atrophié, l’autre souffre de troubles cognitifs, et le troisième est diagnostiqué autiste. » Parfois, les enfants souffrent d’un handicap social. « Mais, on doit travailler sans formation spécifique. Alors comme nous sommes des femmes, nous sommes vouées à être patiente, douce et compréhensive. » Ironise une AESH qui se rend chaque matin dans une maternelle et les après-midis dans deux classes primaires différentes. « J’ai calculé je fais 180 kilomètres par semaine. » Ajoute l’une d’elle.

Une délégation était donc reçue par le rectorat ce midi. Un enseignant FSU-SNUIPP explique : « On n’obtient aucune déclaration, mais ca crée un débat de fond, repris chaque année politiquement. Et petit à petit, on arrive à des progrès. »
Des élèves notifiés sans AESH
Cet enseignant raconte qu’il a dans sa classe » une AESH mutualisée qui doit passer normalement une douzaine d’heures avec un de mes élèves mais elle ne fait que 6 heures car d’autres enfants dans d’autres classes ont besoin d’elle. Au final, personne n’est content. Ni les élèves, ni les profs, ni les parents, ni l’AESH. »
Car c’est bien la MDPH qui notifie les besoins en AESH. « Ils peuvent notifier un nombre d’heures ou simplement écrire qu’il y a un besoin d’aide qui sera ensuite apprécier par le corps enseignant en fonction du nombre d’AESH sur l’établissement. » Explique Isabelle, AESH FSU à Riom, et présente à la délégation reçue, aux côtés de la CGT Educ, Sud-Solidaires et la SNALC. « Ce mouvement doit prendre de l’ampleur, on a besoin des parents. On sait qu’ils sont déjà pris avec souvent leur enfant en situation de handicap. Mais, ils doivent venir en soutien. C’est important. »
Comme le réclame une représente AESH de la CGT Educ « nous voulons une autre école. Une école inclusive, avec un vraie statut, une vraie formation. Encore aujourd’hui, des enfants qui ont une notification MDPH n’ont pas leur AESH. C’est un scandale. On casses des enfants, des parents, des profs. En Allier 85 enfants notifiés n’ont pas d’AESH. » Pire, certains enfants ne rentrent pas dans les chiffres parce qu’ils ont une AESH, 2 heures par semaine. « Alors, qu’on sait qu’ils en ont besoin au moins une dizaine d’heures par semaine. »
Le mouvement devrait donc continuer dès la rentrée, selon les syndicats qui n’ont pas l’intention de baisser les bras.
1 réflexion sur “« Un vrai statut et un salaire décent pour les AESH »”
les enfants atteints de troubles autistiques, cognitifs ont besoin d’une pédagogie adaptée. C’est pour cela que les IME et autres expériences éducatives alternatives ont été créés. Ce n’est pas l’école qui doit être inclusive mais la société. L’enfant qui s’écarte de la norme ne peut pas vivre dans une classe faite pour le plus grand nombre ( l’école pour tous de J Ferry). L’école inclusive c’est bien pour les déficits sensoriels ou moteurs mais pas du tout pour les troubles du comportement et autres singularités humaines éminemment respectables.