Les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) ont débuté depuis le 14 mai au sein de l’entreprise IKEA France. « Nous sommes le 3eme pays pourvoyeur de chiffr d’affaires derrière les Etats-Unis et l’Allemagne. » Explique Hocine Redouani, syndicaliste CGT.
Et pourtant, au siège, les augmentations des salaires ne sont pas au programme. « Nous ne recevons pas d’intéressement, une participation très faible, on espère 300 euros cette année. » Explique le syndicaliste.
80% de smicards
En effet, Ikea joue sur l’optimisation fiscale « ou évasion, ça dépend le point de vue » rectifie le salarié. Même le fisc français a épinglé l’entreprise à différentes reprises.
« Nous n’obtenons pas de primes car les chiffres demandés sont inatteignables. Donc, 80 % des salariés vivent au SMIC » S’indigne Hocine.
Aujourd’hui, en France, on compte 37 magasins. 20 sont déjà en grève depuis le début des négociations.
A Clermont-Ferrand, les salariés rejoindront le mouvement demain. Le centre d’appel clients était en grève dès ce matin.
Augmentation collective
« La direction veut mettre en place des augmentations individuelles, en fonction des entretiens avec le manager. » Mais, cette solution est insatisfaisante pour l’ensemble des salariés. « Il suffit qu’on ne s’entende pas avec son manager, et c’est foutu… » Dénonce une jeune salariée qui sera en grève demain. « L’augmentation collective est juste car tout le monde participe à la richesse de l’entreprise. »
La CGT réclame 250 euros bruts pour les salariés et 75 euros pour les cadres. « Il faut quand même savoir qu’à la revalorisation du SMIC? 70 % étaient en dessous. Ce sont des salaires de misère. Beaucoup d’entre nous demandent des avances sur salaire. » Il y a 15 ans, les salariés étaient rémunérés 11% au-dessus du SMIC.
145 millions de bénéfices
En 2024, l’entité française a réalisé 145 millions de bénéfices. » Alors, nous voulons une augmentation de nos salaires mais aussi de meilleures conditions de travail. » Selon les salariés, on leur demande trop de polyvalence. Selon la CGT, Une moyenne de 40 % de turn over est comptée dans les magasins français, et jusqu’à 80 % dans celui de Nice. »
De nombreux accidents de travail ont été recensés. En moyenne, avec la mise en place d’un système de Drive, les salariés préparent jusqu’à 2 tonnes de meubles et fournitures par jour.
« Nous avons droit à 15% sur 3000 euros d’achat par an, voilà notre privilège, une ristourne sur une demie cuisine… » S’amuserait presque le responsable syndical. « Aujourd’hui, ça ne nous suffit plus. »
12 mille salariés et 37 magasins
De plus, les syndicats CGT, FO et CFDT qui ont quitté la table des négociations regrettent que les effectifs soient stables : 12 mille salariés alors que de nombreux magasins ont ouvert en 15 ans. « L’automatisation des lignes de caisse y est pour quelques chose, c’est évident » confessent les salariés.
Alors, ils ont décidé de ne rien lâcher. « On va copier nos camarades polonais, canadiens, suisses et allemands. En 48 heures de grève, ils ont obtenu 18 % d’augmentation. En France, on a les moyens de bien payer les salariés, aussi… »
Demain, les salariés de Clermont-Ferrand seront donc en grève devant leur magasin.
Le dépôt central de la marque a aussi déposé un préavis qui pourrait compromettre les approvisionnements des boutiques.