Tribune Collective sur la nécessité d’occuper et de faire vivre un lieu de vie associatif et militant à Clermont-Ferrand

Plus que jamais, la fragilité de notre système se révèle à nous et la nécessité de redéfinir collectivement de nouveaux modèles de sociétés s’impose. Le climat s’emballe, la sécheresse augmente d’année en année, les réservoirs de biodiversités sont sans cesse menacés et ce sont toujours les plus démuni·e·s qui, en première ligne, sont percuté·e·s de plein fouet par les récentes crises sanitaires, écologiques et sociales que nous vivons. En 2019, l’état d’urgence climatique et social a été déclaré symboliquement par nombre de citoyen·ne·s, collectifs et associations. La mairie de Clermont-Ferrand a également déclaré l’état d’urgence climatique, il y a bientôt un an. Pour autant, avons-nous réellement pris le pas sur cette urgence ?

Force est de constater que les institutions publiques, qu’elles soient volontaires ou non, ne suffiront pas à répondre aux enjeux qui sont les nôtres. La lutte et l’organisation citoyenne en collectifs et associations jouent aujourd’hui un rôle incontournable, tant pour espérer conserver un semblant de vie démocratique que pour imaginer, désirer et construire ensemble des mondes futurs à la fois nécessaires et souhaitables.

À Clermont-Ferrand, mais aussi partout ailleurs, des ponts se sont dressés entre les luttes écologiques et sociales. Les réflexions et actions menées conjointement par les associations, collectifs, syndicats et mouvements sont de plus en plus courantes. Qu’elles soient sociales, environnementales ou culturelles, les revendications qu’ils portent sont à la fois plurielles et convergentes. Il s’agit donc de prendre conscience du caractère essentiel et de la complémentarité de ces luttes, mais aussi d’agir en conséquence. 

Afin de faciliter les mouvements de convergence et pour mener efficacement les actions de ces collectifs, il devient donc impératif de créer des lieux physiques où se rassembler, s’organiser, croiser les luttes et pratiquer ensemble l’éducation populaire. Pourtant, malgré cette urgence, il manque toujours cruellement de lieux et d’espaces dédiés à la rencontre et à l’expérimentation.

Après la récente fermeture de la Maison des Associations et face aux alternatives peu satisfaisantes qui ont été proposées aux ancien·e·s occupant·e·s, des citoyen·ne·s sympathisant·e·s des associations/mouvements pour la justice climatique et sociale ont décidé d’agir en réquisitionnant un bâtiment vacant appartenant à la collectivité, et donc – rappelons-le – aux citoyen·ne·s.

En soutenant l’ouverture de ce lieu, nous souhaitons montrer notre détermination : la réquisition citoyenne est un acte politique et engageant qui reflète la nécessité d’une réponse radicale et populaire aux enjeux actuels. Cette réponse se doit d’être à la fois collective, sincère et positive.

Par notre soutien, nous nous joignons donc à cette démarche qui sert un objectif commun : expérimenter et cultiver ensemble les changements sociétaux nécessaires aux transitions écologiques et sociales, signifiant par là notre engagement dans la construction des mondes à venir.

Co-signataires : ADML 63 la Doume, Alternatiba 63, ANV COP 21 63, Citoyen.ne.s pour le Climat 63, La Cimade 63, Cocon, Extinction Rebellion 63, Les Gilets Jaunes 63, Un Guidon dans la tête, l’Hôtel des vil-e-s, Lieutopie, Osez le Féminisme 63, Le PARCC OASIS, Paroles de bibs, QUEER Auvergne, RESF 63, Les Résilientes, Union Communiste Libertaire 63 et Youth for Climate 63.

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Publié le 17 octobre 2020
Écrit par Laura Massip

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