La grève des postiers continue

Mardi 18 mai, 90 salariés de La Poste étaient en grève devant la direction générale de La Poste à Clermont-Ferrand. Au niveau national, c'était 90 départements qui étaient mobilisés pour cette grève nationale. Face à un point d'indice des salaires gelé depuis 2010 et des conditions de travail toujours plus précaires, l’intersyndicale des syndicats Sud PTT Auvergne, FO, CFDT, CGT et UNSA demande plus de reconnaissance.

Les revendications des facteurs sont multiples. Ils doivent faire face à l’explosion des livraisons de colis pour des filiales de La Poste, aux risques liés au Covid et au manque de personnel faisant augmenter la cadence des tournées. Ils demandent donc une revalorisation de leurs salaires et de leur statut de fonctionnaire. Toutes les revendications sont à retrouver ici.

Une revalorisation des salaires

Les facteurs, payés entre 1 200 et 1 500 euros, expliquent que leur salaire n’a pas bougé depuis 10 ans. « Le point d’indice des salaires est gelé depuis 2010 pour les fonctionnaires. Quant à ceux qui travaillent pour le côté privé de La Poste, ils ont eu une augmentation de 0,2% de leurs salaires. Malgré le fait que le coût de la vie a augmenté de 1,46%. » explique Christophe de la CGT. Pour les postiers, il faudrait 200 à 300 euros chaque mois pour vivre. « Ainsi que 1 000 euros de primes puisqu’ils nous les ont toutes supprimées cette année » ajoute Laurent, qui travaille au centre de courrier Anatole France.

D’autant plus que les facteurs dénoncent une augmentation de la charge de travail pour la même rémunération. « La Poste justifie les coupes budgétaires par le fait que le trafic de courrier baisse. Sauf qu’on travaille plus car on offre bien plus de prestations qu’avant. On fait du portage de repas par exemple. On vend aussi des produits de La Poste. Sauf que tous les chèques partent pour les filiales de La Poste comme Chronopost. Ensuite ils nous disent que notre service publique n’est pas rentable. » s’insurge Sylvain de la CGT. Les postiers dénoncent donc un sabotage de leur service public pour arriver à une privatisation de ces services.

Une réhumanisation du service publique de La Poste

Les facteurs dénoncent l’embauche d’intérimaires sur trois ans, sans garantie de CDI. « On apprend le boulot aux jeunes qui arrivent et ensuite on les vire quand ils sont formés. Non seulement c’est usant, il faut pérenniser les emplois, mais ils pourrissent l’efficacité du service public. » expose Christophe. Il déplore le fait que ces jeunes salariés font souvent face à un chantage de la direction. Celle-ci les menace de les priver de CDI s’ils partent en grève. « Ces jeunes ils veulent bosser, c’est tout. Donc ils se privent de leurs droits. Et n’auront jamais de CDI… »

Enfin, un accord national est en cours d’application au sein de l’entreprise. « La direction veut créer des unités autonomes de production. Pour augmenter la productivité face à la baisse de courrier, elle veut faire des équipes sans cadres, donc supprimer des postes. Donc les fonctionnaires auront plus de responsabilités pour un salaire toujours aussi bas. Si un problème survient, ce sera nous les responsables. » explique Jean-Philippe de la CFDT.

Les facteurs attendent de connaître le taux de grévistes au niveau national ainsi qu’une négociation avec la direction générale de La Poste avant de décider de reconduire la grève. « Notre métier est social et sociable. On a beaucoup aidé les gens pendant le Covid, face à l’isolement. Donc il faut défendre ce service publique et notre statut de fonctionnaire. » conclut Laurent, un gréviste d’Anatole France.

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2 réflexions sur “La grève des postiers continue”

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