Un procès se termine, un autre commence

Christian Lacoste, secrétaire CGT de Constellium devait comparaitre devant la cour d’appel de Riom dans une affaire de harcèlement à l’usine d’Issoire. Mercredi 17 novembre, le parquet s’est finalement désisté classant ainsi l’affaire.

Clap de fin pour le procès Constellium et les charges retenues contre Christian Lacoste, salarié du site d’Issoire.  Également secrétaire du syndicat CGT de l’usine de transformation d’aluminium, ce dernier était convoqué devant la cour d’appel de Riom mercredi 17 novembre à 13h30. Ce qui devait être un épisode de plus dans une affaire de harcèlement moral qui dure depuis 2013 n’a finalement pas eu lieu. Le parquet s’est désisté, classant ainsi la procédure définitivement. 

Bataille judiciaire 

L’affaire a connu son lot de rebondissements. En septembre 2013, Mathieu Lèbre, ouvrier chez Constellium se suicidait quelques semaines après une altercation avec un autre salarié, ce dernier se faisant licencier. La famille de Mathieu Lèbre a porté plainte contre des employés et le syndicat CGT pour harcèlement. Classée sans suite une première fois, l’affaire a été relancée et trois personnes ont été mises en examen, dont Christian Lacoste. 

Le secrétaire du syndicat s’est vu accusé en parallèle par l’entreprise d’avoir volé des tôles. Convoqué par Constellium en octobre 2020, les accusations ont été réfutées par l’inspection du travail quelques semaines plus tard. En revanche, l’affaire de harcèlement prenait un nouveau tournant. Le parquet a requis six mois de prison avec sursis contre deux salariés de Constellium et une amende de 50 000 euros pour la CGT lors d’un jugement en mars 2021. Deux mois plus tard, en mai, le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand prononçait finalement la relaxe générale pour les trois salariés et le syndicat. 

Désistement du parquet, affaire classée

Coup de théâtre. Le même juge qui avait prononcé la relaxe a fait appel de sa propre décision. Ainsi, Christian Lacoste était à nouveau convoqué, par la cour d’appel de Riom cette fois, à se présenter mercredi 17 novembre. En arrivant sur place, on s’attendait déjà à une longue après-midi sur les bancs du tribunal. Pourtant, à 13h, c’est un amas rouge, de la fumée et des chants qui nous attendent sur le parvis. 

De nombreux salariés de Constellium syndiqués à la CGT étaient venus soutenir l’accusé. Sur les chasubles, des inscriptions nous font remarquer la présence d’ouvriers de Dachser et de l’AIA. Christian Lacoste prend le micro devant la foule. « Les dirigeants de Constellium ont voulu nous faire payer la note », lance ce dernier. Après la prise de parole, nous allons à sa rencontre. « On est soulagés car la procédure, ça fait 8 ans qu’elle dure. Il faut être très forts et solidaires. », nous confie-t-il. « J’ai une pensée pour les salariés morts à cause des conditions de travail de Constellium. Nos dirigeants sont des machines à détruire », poursuit le syndicaliste. 

Le parquet s’est désisté. Par conséquent, une relaxe générale a pris effet immédiatement. Bien que soulagé, pour Christian Lacoste, c’est un procès qui se ferme et un autre qui s’ouvre. Son syndicat, la CGT et la famille de Mathieu Lèbre ont porté plainte contre Constellium. Dans l’entreprise, il y a eu six suicides entre 2011 et 2015. 

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