La culture est-elle en train de disparaître ?

le Budget 2025 y est pour quelque chose. Mais les collectivités territoriales délaissent aussi pour partie la culture. Un risque énorme de voir disparaître la culture de nos vies.Explications.

On vous en parlait dernièrement. Le passculture a été fermé pour quelques mois, victime de son succès. Ce passculture permet de financer les interventions au sein des établissements scolaires ou des voyages à but culturel. Nos ateliers d’Education aux médias sont parfois financés par ce biais. Pour nombre d’enseignants et d’élèves, il s’agit, grâce à des personnes extérieures, d’appréhender l’apprentissage autrement et d’ouvrir les esprits au théâtre, à l’écriture, aux arts visuels, au cinéma, à la rencontre,etc.

0,6 % du budget

En ce mois de mars, les pertes économiques dans le domaine culturel continuent, avec une baisse du financement de la culture par la puissance politique. La culture ne représente désormais que 0,6 % du budget de l’état. Loin du déjà ridicule 1 % qui persistait depuis 10 ans.

Ainsi, dans le domaine des médias et de l’information, qui appartient au ministère de la culture, nous remarquons que les résidences de journalistes sont interrompus, tout comme les mises en place d’actions culturelles autour de la presse. D’ailleurs, le Fonds de Soutien aux Medias de Proximité qui financent le pluralisme de l’information sur le territoire n’a toujours pas été ouvert, en cette fin mars. Les années précédentes, il s’agissait de remplir le dossier avant fin février. Personne ne sait si cette enveloppe est vouée elle aussi à être réduite voire supprimée.

-73% en Pays de la Loire

Mais, si l’Etat réduit son enveloppe directe, il n’est pas le seul. Faute de ressources publiques, certaines régions et départements désinvestissent aussi le champ culturel. -73 % pour la région Pays de la Loire, -22% en Aquitaine.

Déjà sous Hollande, sous prétexte de devoir faire des économies, les collectivités territoriales avaient baissé leurs aides à la culture. En effet, la culture semble être la compétence variable.

-50% en Haute-Garonne

Certains départements ne sont pas en reste. La Haute-Garonne a réduit son enveloppe de 50 %, l’Hérault ne finance désormais plus que les archives, les médiathèques et les écoles de musique, économisant 48 % de son budget dédié à la culture.

Seul le département du Tarn a réussi à augmenter son budget dans ce domaine.

Des villes qui résistent

Pourtant, quelques communes résistent et les grandes villes telles que Lille, Bordeaux, Paris, Marseille ont augmenté le budget pour la culture. Il s’agit donc plus de choix politique que véritablement de manque de financement.

La culture a toujours été au cœur de financement croisé entre l’Etat et les collectivités. C’est d’ailleurs son seul moyen d’exister. La culture est un bien public, contribuant à la lutte contre l’intolérance et au bien-vivre ensemble.

Crise budgétaire et pression de l’extrême-droite

Mais, dans une société traversée par une crise budgétaire, et sous la pression de l’Extrême-Droite qui veut mettre un terme à la culture subventionnée, les artistes ont du mal à voir leur avenir. De nombreux festivals ne pourront être renouvelés cette année. Les intermittents voient leur cachet diminuer, notamment pour les petites troupes.

Pourtant, certains artistes ont changé notre vision de la vie, personnellement, par des émotions ou des mots. L’éducation aux médias, depuis plus de 10 ans qu’on la pratique, a ouvert les esprits et fait prendre conscience d’une réalité informationnelle. Qui n’a pas dans sa vie, ce livre, cette pièce de théâtre, ce dessin, cette rencontre, cette discussion qui lui a changé la vie ?

Car l’art, la culture, n’est rien d’autre que ça : le sens de l’existence. Mais, même ça, paraît-il a un prix. Même de ça, du sens de notre vie, on veut nous priver, sous prétexte d’économie…Peut-être même pour une politique de réarmement. N’y a t-il pas plus dangereux qu’une femme qui lit ? Ne vaut-elle pas toutes les armes du monde ? Ne serait-il pas temps que les pouvoirs publics dégainent leurs financement pour plus de culture, et moins de guerre ?

Photo prise lors des mobilisations de Culture en Danger 63

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