La CGT dénonce la « grande braderie du FRET »

Face à l’annonce de la liquidation prochaine du FRET SNCF, la mobilisation se met en place. Mardi 18 juin, la CGT a appelé au rassemblement pour dénoncer une aberration sociale et écologique et dire qu’un autre avenir est possible pour le transport de marchandises.

Le FRET SNCF est l’entreprise ferroviaire française qui gère le transport de marchandises. Le 23 mai de l’an dernier, sa liquidation a été annoncée et devrait prendre effet le 1er janvier 2025. Une décision qui fait suite à une enquête menée par la Commission Européenne après des avances sur trésorerie et une dette financière conséquente. « L’enquête concernait la France et l’Allemagne qui ont été condamnées pour subventions illicites », explique Hervé Gonthier, secrétaire régional CGT-Cheminot.

En réponse, le gouvernement dont le ministre délégué chargé des transports à l’époque Clément Beaune a présenté un plan de discontinuité. Pas de consultation, pas de délai, l’État considère que la France ne remboursera pas sa dette. Elle opte pour la privatisation et la vente des machines.

Pourtant, une commission d’enquête de l’Assemblée Nationale indique que « cette destruction de FRET SNCF était vraisemblablement préméditée par le gouvernement depuis 2019. Un plan de discontinuité avait alors été commandé au cabinet McKinsey par les services du ministère des transports », écrit la fédération des cheminots de la CGT. « Il y a eu des auditions des anciens PDG, des ministres et des experts. Les conclusions c’est que la décision du gouvernement n’est pas juste et la commission préconise un moratoire mais le gouvernement ne veut pas l’appliquer », précise Thierry Gonthier.

Conséquences sociales, économiques…

En 20 ans, il s’agit du septième plan de restructuration pour l’entreprise. Entre 2009 et 2021, 10 000 emplois ont été perdus et 450 nouvelles suppressions de poste sont attendues en fin d’année. « Ces 450 emplois supprimés ont été annoncés en CSE. C’est pour financer cette privatisation. On ne connaît pas encore la déclinaison régionale. L’entreprise se veut rassurante en disant qu’on sera peu touchés ici mais pour l’instant, on n’a pas de garanties et au-delà du nombre, c’est le principe même de privatisation et de se débarrasser du FRET qu’on dénonce », indique Hervé Gonthier.

… et écologiques

En 2020, le transport routier de marchandises a dépassé les 25% des émissions de CO2 du transport du pays alors qu’il ne représente que 5% des véhicules. L’empreinte carbone du FRET ferroviaire est 9 fois moins impactante que la route. « Ces mêmes qui prônent des mesures pour pallier le dérèglement climatique font tout pour détourner les marchandises du train vers la route ! », dénonce la CGT dans un communiqué. « C’est un non-sens social économique et écologique. On va remettre des camions sur les routes alors que la plupart des pays européens voisins développent le ferroviaire », alerte le secrétaire régional.

Mobilisation

Mardi 18 juin, un rassemblement comptant 120 personnes a eu lieu sur le site de triage des gravanches, à Gerzat, cœur du transport de marchandise sur le territoire, à l’appel de la CGT-Cheminots fédérale Auvergne-Nivernais de défense du FRET ferroviaire et du FRET SNCF. Le syndicat a établi des propositions concrètes au travers de ses 2 cahiers revendicatifs « ensemble pour le Fret » et « Pour la continuité du Fret SNCF ».

Sur place, la candidate Nouveau Front Populaire aux législatives à venir Marianne Maximi et des membres du PCF dont Pierre Miquel, cheminot et secrétaire PCF 63 ont soutenu la mobilisation et la demande de moratoire réitérée par la CGT. « On soutient le programme du Nouveau Front Populaire.  Toute la CGT appelle à le faire.  La fédération des cheminots également. Le programme politique qui porte le plus les revendications de la CGT c’est celui du NFP », termine l’élu syndical.

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