Le rendez-vous était calé depuis quelques mois. Mercredi 18 octobre, 17h30, place de Jaude. Au moment de se retrouver, 300 personnes se sont amassées au pied de la statue de Vercingétorix, à l’appel du RESF, de la CIMADE, de la LDH et d’autres organisations.
Toutes étaient là pour dire stop aux conditions de vie imposées aux mineurs étrangers isolés arrivés jusqu’à Clermont. Pour dire non, également, à toute récupération après l’attentat tragique dans un lycée d’Arras vendredi 13 octobre. « Ça fait 30 ans qu’on est là pour soutenir cette cause mais aujourd’hui, c’est important vu le contexte actuel. », nous confiait une participante. Dans la nuit de mardi à mercredi, les locaux de la CIMADE à Clermont-Ferrand ont été dégradés. Trois vitres de la porte d’entrée ont été brisées. Ses militants avaient reçu de nombreuses menaces sur les réseaux sociaux ces derniers jours. D’autres CIMADE en France ont été visées ces derniers jours.

Une cinquantaine de jeunes à la rue
L’immigration n’est pas un choix facile. Les jeunes qui participent à la manifestation le rappellent à la foule pendant les prises de parole. Le parcours jusqu’ici est souvent semé d’horreurs. Mais une fois la France sous leurs semelles, les jeunes commencent un nouveau marathon.
Actuellement, une cinquantaine de jeunes n’ont aucune solution d’hébergement. Alors qu’ils devraient être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, l’ANRAS (organisme chargé par l’ASE de faire passer les entretiens aux mineurs) accusent souvent les jeunes de mentir sur leur âge. Pas de minorité, pas de prise en charge. Une logique ridicule lorsque l’on sait que cette année, sur 25 recours portés devant le juge pour enfants, 21 jeunes ont finalement été reconnus mineurs. « L’ANRAS, ce n’est plus possible. Votre présence nous donne l’élan pour continuer la bataille car on ne peut pas accepter cette situation. », a déclaré une Conseillère départementale, présente lors des prises de parole.
Déambulation
Partie de la place de Jaude, la manifestation s’est d’abord arrêtée devant le Palais de Justice. « Encore aujourd’hui, ces jeunes sont les plus vulnérables mais c’est ceux qui n’entrent pas dans le droit commun. » a dénoncé Léa Vaz De Azevedo, avocate Clermontoise. Le cortège est ensuite passé par la rue des Gras et la Place de la Victoire au rythme de « Un toit c’est un droit, pas de mineurs à la rue ! » au mégaphone, porté par les jeunes étrangers.

Les prises de parole ont enfin eu lieu devant le siège du Conseil départemental où les jeunes se sont exprimés. L’Union Étudiante Auvergne a également rappelé la situation des étudiants étrangers sans logement. La bataille pour les droits des mineurs isolés et des étrangers en général continue à l’aube d’une nouvelle loi immigration inquiétante portée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.
