À Sainte-Marie, la fermeture estivale d’un service inquiète le personnel, les patients et leurs familles.

Le 16 mai, la direction du Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont a décidé la fermeture d’un service pour trois mois. Une décision qui laisse 25 patients en psychiatrie adulte sur le carreau et que les employés dénoncent.

La pluie a laissé place au soleil. Les salariés sont rassurés et pourront tenir leur assemblée générale dehors. Le temps de quelques photos, une quinzaine de personnes, docteurs, psychologues ou infirmiers sont réunies pour une heure d’information syndicale. Les participants expliquent la situation.

Le 16 mai 2024, la direction du Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand a annoncé de façon inattendue la fermeture estivale d’un service temps plein. Il s’agit du service Saint-Luc accueillant 25 patients en psychiatrie adulte. Si certains employés dénoncent la décision et se sont déjà réunis les 31 mai et 7 juin, cette dernière prendra effet dès demain, vendredi 21 juin et cela pour trois mois.

Une décision brutale

Habituellement, des fermetures peuvent avoir lieu l’été pour quelques semaines. Plutôt un mois en général. Cette fois, celle-ci durera plus longtemps. Une décision de la direction incomprise par les salariés. En effet, à l’argument des nombreuses demandes de remplacements pour la période estivale, ces derniers répondent qu’ils étaient prêts à faire face et qu’ils ont déjà l’habitude de jongler avec les postes vacants toute l’année. « Les congés des services étaient organisés, les suivis étaient déjà organisés aussi », explique Florence Mourgue, infirmière.

Surtout, c’est la brutalité de l’annonce qui a sidéré les employés. « Fin avril, on nous dit qu’il n’y aura pas de fermeture et mi-mai, que finalement c’est une nécessité », indique Hervé Challeil, infirmier.

Pour les personnes rassemblées, les remplacements ne sont pas la seule raison de cette fermeture. Pour elles, leur façon de travailler est directement ciblée. « C’est une attaque de notre travail, de notre façon de fonctionner. C’est la durée trop longue des séjours qui est ciblée », confirme Marie Savre, psychologue. « L’ARS compte en durée de séjour et pas en état des patients. Mais comment on fait quand on doit renvoyer quelqu’un chez elle ? », se demande Florence Mourgue alors que des patients détériorent parfois leur lieu de vie et on du mal à organiser jusqu’à leurs repas.

Priorisation des patients

« Nous personnels de santé de l’AHSM souhaitons alerter sur la situation de l’hôpital suite aux différentes réorganisations et suppressions de lits (55 lits en moins de 7 ans) », prévient la CGT du Centre Hospitalier Sainte-Marie dans un communiqué du 17 juin.

Si les conditions de travail se détériorent déjà depuis plusieurs années, la fermeture d’un nouveau service pour l’été inquiète les salariés mais laisse aussi sur le carreau les patients et leurs familles. « Il va y avoir une priorisation de plus en plus importante des patients. Les moins mal restent chez eux », dénonce Florence Mourgue qui précise que les visites à domicile ne compenseront pas l’absence d’accueil en hôpital alors même que ce service intègre des patients suivis au long cours et dont les besoins sont importants. « Nous couvrons le secteur Nord de Clermont jusqu’à Saint-Éloy-les-Mines donc les patients ne trouveront pas l’équivalent en libéral sur leur territoire », ajoute le Dr. Gelly.

Incertitude

« Toute l’année la recherche de places disponibles devient un casse-tête, il est évident que la recherche sera encore plus périlleuse », dénonce la CGT dans son communiqué. Autre inquiétude, le personnel avoue n’avoir aucune certitude sur la réouverture du service, assurée seulement à l’oral par la direction. « On a une confiance relative », affirme Florence Mourgue.

En attendant, si la fermeture est actée et se concrétisera demain, les soignants tenaient à être présents pour alerter sur la situation alors que la santé mentale apparaît comme une priorité des politiques publiques, du moins sur le papier. « Nous demandons donc à ce que cette fermeture n’ait pas lieu pour pouvoir travailler correctement dans l’intérêt de tous », conclut le syndicat dans son communiqué du 17 juin.

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