C’était il y a quelques semaines. Devant ses camarades, un élève a frappé son enseignant d’EPS. Des coups qui ont valu plusieurs jours d’ITT au professeur souffrant d’une fracture du nez. Le collégien s’en est aussi pris à son vélo, qu’il a totalement détruit, en pleine rue.
Alors, ce matin, une délégation a demandé à être reçue par les services du rectorat afin de s’assurer de la sécurité du personnel et élèves dans les établissements scolaires.
On ne veut pas de portique, on veut de l’humain
« Nous sommes traumatisés par l’agression d’un de nos collègues » Démarre un représentant SNES FSU du collège Jeanne D’arc. « On ne veut pas de portique de sécurité, on veut de l’humain. On manque de surveillants. 1 pour 120 élèves, comment ils peuvent déceler les dysfonctionnements dans ces cas-là ? » Questionne-t-il avant de reprendre : »Notre établissement est devenu difficile, en plein centre de la ville. »
L’enseignant donne le micro à un de ses collègues, prof de sport. « Chez nous, c’est simple, on manque d’installations sportives. De plus, la cour du collège est microscopique, et on doit la partager avec des élèves pour maintes raisons. » Aussi, les enseignants se rendent au COSEC, à côté de la gare, prennent des escaliers. « On y trouve de la drogue, des préservatifs, des seringues… » Enumère l’enseignant. « Sur la piste d’athlétisme, il y a des morceaux de verre. En fait, on en a marre de faire avec…tout le temps… »
Depuis l’agression, les enseignants de sport ont décidé de ne plus se rendre au COSEC. « Se rendre là-bas n’est pas assez sécurisé. »
Plus d’AED
Ainsi, les enseignants de l’établissements demandent 8 postes d’AED au lieu de 6. « On ne demande même pas d’augmentation de salaire. On veut juste des conditions normales pour travailler. »
Ensuite, Fabien Clavaux du SNES FSU a démarré son discours par une pensée à son collège blessé, mais aussi a exprimé son soutien aux élèves et agents de l’établissement. « Il faut plus de moyens en terme d’AED mais aussi d’infirmière, Assistante Sociale et de psychologue scolaire. »
Le syndicaliste demande un suivi renforcé des poly-exclus, comme l’est le jeune agresseur qui avait été placé à Jeanne d’Arc après une exclusion. Son conseil de discipline a d’ailleurs été délocalisé et l’enseignant victime des coups, bénéficie de la protection fonctionnelle.
« Les collèges sont en train de craquer«
Fred Campguillem, enseignant au Collège Gérard Philipe, et syndicaliste à la CGT Educ’action, a lui aussi apporté son soutien. « Nous sommes en grève aussi pour vous soutenir.
Ces phénomènes de violence existe aussi parce que les conditions de travail ne sont pas possibles. » Dans son établissement comptabilisant moins d’élèves, on recense plus d’AED. « Nous ne prenons pas assez en charge ces élèves poly-exclus. Et notre institution n’a pas le réflexe de nous protéger. Il faut prendre conscience d’une chose : Les collèges sont en train de craquer… »
Une délégation a été reçue vers 11 heures par le rectorat pour déposer ses revendications.