Un squat menacé d’expulsion pendant la trêve hivernale

Alors que la trêve hivernale a commencé début novembre, un squat dans une maison abandonnée est menacé d’expulsion par la mairie. Les résidents sont sommés de quitter le logement avant mardi prochain.

Une maison, située dans le quartier de Chanteranne – La Glacière, est squattée depuis cinq ans, après le décès de son propriétaire. Le processus de succession étant bloqué, l’habitation est abandonnée. Jusqu’en 2017, les voisins constatent beaucoup de passage dans la maison, qui devient de plus en plus une déchetterie. Mais depuis cette date, le squat se stabilise : les allers-retours ont cessé, huit personnes y vivent et tentent d’entretenir le site, sans électricité ni chauffage. « On a mis vingt jours entiers pour vider les déchets qui étaient entassés jusqu’au plafond par les anciens squatteurs, dans une seule pièce ! On a déblayé une partie du jardin, surtout celle devant la maison, et on a fait un potager. On y plante des pommes de terre, des tomates, du basilic… Mais il y a des escargots qui mangent nos cultures ! Et on a repeint le portail aussi. » témoigne un des résidents.

D’après le DAL63 (Droit au Logement), des agents municipaux accompagnés des policiers sont venus deux fois la semaine dernière pour sommer les squatteurs de partir. « La mairie est venue pour réparer la toiture de la bâtisse d’en face, qui appartenait au même propriétaire. Je crois que c’est ça qui leur a fait remarquer le squat. » explique Nelly, membre du DAL. « Pour l’instant, elle ne leur a présenté aucun document justifiant le fait qu’ils doivent partir. Il faut d’abord obtenir un arrêté de péril, qui est un acte administratif et qui constate que l’habitation représente un danger. Entre le confinement, la trêve hivernale, et le fait qu’aucun document n’est prêt, elle n’est pas dans son bon droit pour les obliger à partir. » Pour les résidents de la maison, ce serait d’autant plus dangereux pour eux d’être mis à la rue : « Si on nous oblige à partir, on va nous offrir un hébergement d’urgence pendant une nuit, peut-être une semaine. C’est pas suffisant et surtout ce n’est pas le moment, il fait froid, il y a le confinement… Les centres d’hébergement sont plein et on a déjà déclaré qu’on était ici pendant le premier confinement. Et cet été, la mairie ne nous a rien dit. » Un des résidents raconte l’intervention de la mairie : « Les policiers n’ont pas été méchants, ils ont été violents. Ils nous ont forcés à sortir de la maison et ont refusé que je montre mes papiers. Ils nous ont dit que dans six jours, on devait être partis et qu’ils allaient murer la maison. »

Les résidents sont soutenus par le collectif Pauvreté Précarité, dont une des adhérente, Pascale, a averti le DAL63 ainsi que le voisinage, qui apprécie leurs nouveaux voisins, qui eux, entretiennent le site. Même s’ils ont perdu son contact, ils étaient même acceptés par le potentiel successeur de la maison et ils collectent toujours son courrier.

  • Si vous souhaitez aider ces personnes, vous pouvez contacter le DAL63 qui recense leurs besoins matériels (produits d’hygiène, couvertures, sacs poubelle… Ces personnes vivent actuellement sans chauffage):
  • – Sur Facebook : https://www.facebook.com/DAL63-434208333376323/
  • – Ou par téléphone (Nelly du Dal vous répondra) : 07 57 50 61 98

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2 réflexions sur “Un squat menacé d’expulsion pendant la trêve hivernale”

  1. Bonjour suis parmit les personnes concernées d’expulsion du squat qui se trouve à l’adresse suivante :37 rue Thevenot Thibaud Clermont Ferrand 63000, pas loin de l’aceuil du jour où resto du coeur et michelin, on vie dans une situation intolérable et inhumain stresses. .. Pressions…. Et instable physiquement et moralement par la mairie de Clermont Ferrand et pourtant la famille cherche toujours leurs courriers au squat et la maison déjà sa situation administrative pas encore réglé entre les héritiers de la famille et la mairie qui veut acheter et élargir leur terrains qui se trouve colé de notre squat donc le dossier du squat et pendu ni vendre ni à acheté et vous connaissez le reste, on cherche surtout la stabilité et une vie digne.

  2. Je remercie vraiment et beaucoup madame Pascal pour ses efforts et soutiens envers nous et madame Nelly de l’association Dal pour tout, j’arrive pas m’exprimer à quelle point elles ou ils nous souhaitent.heureusement il y a toujours des gens gens bien et les significations de la France :Égalité. Fraternité. Liberté et je rajoute humanité.

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Publié le 20 novembre 2020
Écrit par Laura Massip

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