Après le polar en 2018, les grands espaces en 2019 et la justice en 2021, le festival Cinéma etc revient cette année avec une édition consacrée à l’engagement d’où son titre « Résister ». Cinéma etc, c’est une association créée il y a 5 ans pour fédérer le ciné-club qui existait déjà. « Même si c’est le cinéma qui est au cœur, le « etc » veut dire qu’on croise avec d’autres activités artistiques », explique Dominique Bonnet, un des animateurs du ciné-club. L’association propose une édition aux petits oignons cette année avec de nombreux évènements et invités passionnants.
Résister
Depuis toujours, l’homme utilise l’art comme véhicule de son engagement et de son désir d’informer, de critiquer, de lutter ou de mobiliser. Ici, c’est le cinéma qui aura pour rôle d’éveiller les consciences. De Sergueï Eisenstein à Ken Loach en passant par Charles Chaplin, Jean Renoir, Robert Guédigiuan ou Agnès Varda et tant d’autres, le cinéma n’a cessé de confronter le spectateur aux questions sociales, de dénoncer les dérives des institutions ou l’horreur et l’absurdité des conflits. « D’une certaine façon, on fait de la résistance, on continue à promouvoir un cinéma en salle et en soit, c’est déjà une forme de résistance à beaucoup de pressions. Par ailleurs, c’est un thème très présent dans le cinéma, la littérature etc donc ça paraît juste comme thème. », confie Dominique Bonnet.
Donner du sens
Pendant le festival, quatre invités viendront rencontrer le public. Quatre figures de l’engagement, chacun à sa façon et qui donnent du sens au mot « résister ». D’abord, Dominique Manotti, ancienne militante politique et syndicaliste. Pour raconter son époque, elle a choisi l’écriture avec des romans noirs qui traitent des thèmes économiques, politiques et sociaux. La cinéaste Dominique Cabrera qui a sorti le film Corniche Kennedy en 2016 viendra parler de sa filmographie engagée qui compte fictions et documentaires. Nicolas Jaillet sera aussi de la partie ainsi que Jacky Chabrol, fervent défenseur de la ruralité et de l’environnement. Engagé dans de nombreux combats, le militant prône l’action non violente et la désobéissance civile.


Croiser les publics
Si les invités sont déjà le signe d’un festival de qualité, la programmation n’en est pas moins attirante. Au menu, concerts, tables rondes, séances scolaires et courts-métrages mais aussi des rencontres avec les différents invités. Chaque soir, un film mettra en lumière la thématique de la résistance. « La programmation se concentre sur le cinéma, on est très contents d’avoir une cinéaste. Cette année, elle est très équilibrée avec des films différents et des personnes qu’on est très impatients de rencontrer. On veut toucher différents publics ».
Jeudi à 20h30 au cinéma Arcadia de Riom, c’est Le Caire Confidentiel (2017) de Tarik Saleh qui ouvrira le bal. En janvier 2011, une femme est assassinée dans une chambre d’hôtel. Les soupçons se portent sur un politicien proche du président Moubarak. Vendredi, carte blanche à Dominique Manotti avant la projection de Avoir 20 ans dans les Aurès (1972) de René Vautier. En 1961, un groupe de Bretons est envoyé en Algérie. Ces jeunes pacifistes sont transformés en machine à tuer. L’occasion pour René Vautier de livrer le sommet de son engagement anticolonialiste. Samedi 26 mars, le documentaire Une poste à La Courneuve passera avant le film Corniche Kennedy de Dominique Cabrera. Une jeune fille de bonne famille observe des jeunes d’une cité marseillaise qui plongent de la Corniche Kennedy par défi.


L’ensemble du festival aura lieu au cinéma Arcadia. Les tarifs et la programmation sont à retrouver sur la page Facebook de Cinéma etc.