Il est l’heure d’entrer en résistance

Journal en ligne engagé, Mediacoop n’a jamais caché son indépendance et sa soif de liberté, quitte à avoir des fins de mois difficiles et des sueurs froides au moment du bilan comptable.

Depuis 2015, notre journal n’a jamais été militant, ne roulant pour personne. Aucune carte, hormis celle de presse. Mais des convictions, bien sûr, et un engagement dans le sens civique du terme.

Mais, il nous faut le reconnaître, depuis un an, peut-être un peu plus, le monde s’est inversé. Le camp des idées progressistes, memorial des luttes du passé, s’est fait doubler par sa droite. Son extrême-droite.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de dénoncer les annonces gouvernementales, les abus de pouvoir. Il ne s’agit plus de se rendre aux manifestations pour exprimer la joie militante et les combats durs à mener.

Aujourd’hui, il devient nécessaire d’entrer en résistance dans un monde médiatique désormais en guerre.

Voilà 10 ans que Mediacoop écrit, filme, publie, les réalités de ce monde, parfois triste et décevant, mais plein d’espoir.

Il est l’heure de se rendre à l’évidence. La tâche est bien plus lourde qu’on ne pouvait l’imaginer. Notre rôle est de défendre la liberté d’expression tout en censurant les propos délictueux qui commencent à reprendre leurs droits.

Nous entrons donc en résistance car nous avons désormais des adversaires. Peut-être même des ennemis à la vérité.

Avant, nous pouvions ne pas être d’accord, débattre, s’agacer. Aujourd’hui, le monde a changé. Il n’est plus possible d’être animé d’échanges.

Nous avons regardé les autres medias qui s’amusent du buzz  avec des journalistes-marioles qui se mettent en scène sur des vidéos pour diviser le monde. La Montagne, en premier lieu, a perdu le sens des réalités de notre métier, avec certains de ses journalistes, qui s’amusent à allumer et éteindre des feux.

Nous avons une responsabilité dans la lumière qui s’éteint sur notre société. Il est important désormais de combattre avec ferveur les complotistes qui refont leur monde sur leur page Facebook, sans jamais s’ancrer ailleurs que dans leur réalité virtuelle. Une non-représentation de leur pouvoir dans la vie citoyenne, mais qui à force de haine et de mensonges, entrainent dans leur noirceur, les âmes en peine. La récupération de la colère se joue là. Il ne leur reste qu’un pas à faire pour faire basculer leur entourage virtuel dans la haine. A quoi sert la page Saccage Clermont hormis colmater les différentes colères, les unir afin de créer le mal. Cette même page qui accueille 10 mille personnes mais dont seulement quelques uns se sentent concernés au point de se rendre dans les réunions publiques.

Car le collectif n’a jamais été le fort des haineux. Le collectif n’a jamais rempli les cœurs en colère. Alors, se contentant de colères et remarques individuelles, ils ont laissé un gosse d’à peine 16ans, être leur modérateur pendant un an. Aujourd’hui encore, alors que ce même gosse revient sur les réseaux après avoir eu un rappel à la loi par la justice, les adultes qui l’entourent l’accueillent comme un héros, alors qu’il fut martyr d’une société qui abandonne ses jeunes sur les réseaux.

Entrer en résistance contre la désinformation. Contre la colère. Contre la Haine.

Il reste aujourd’hui que le militantisme tue.

Encore cette semaine, un paysan corse, de la confédération paysanne a été tué de trois balles dans le dos. Encore cette semaine, combien de nos jeunes militants sont-ils tombés d’épuisement, de désespoir ?

Nos jeunes vont mal, un étudiant sur 2 prend des anti-dépresseurs. Les troubles alimentaires ont augmenté de 30 % en 5 ans, notamment chez les jeunes filles.

Le monde de la lutte pour un monde meilleur s’appauvrit tant les âmes se désolent et le monde brûle.

Quel espoir ? Quels rêves ? Quel chemin prendre pour ne pas se prendre les pieds dans nos cauchemars ?

Nous la sentons tous et toutes, cette atmosphère de plomb, guidée par les mauvaises énergies. L’argent, le mensonge, le pouvoir et la division.

Nous sentons tous souffler ce vent mauvais, rempli de racisme, et d’inégalités sociales.

Notre métier doit donc changer.

Nous ne serons plus un media engagé. Nous devenons un media de résistance. Car aujourd’hui, il nous faut rester debout, il nous faut rester digne, il nous faut rester fiers des convictions que nous défendons. Et nous le faisons désormais à contre-courant. Nous avons perdu des batailles. Pas la guerre. Antimilitariste, nous sommes sans arme, si ce n’est notre envie de comprendre ce monde. Mais aussi de devoir en combattre une partie.

Nous devenons des résistants de l’information, avec les dangers que cela implique. Mais, nous n’avons pas le choix.

Nous entrons en résistance. Pour un monde meilleur. Pour la liberté de vivre, écrire. Pour combattre l’ennemi, de plus en plus sournois, présent et nombreux.

Rejoignez-nous, aidez-nous à informer dignement.

Soyez à nos côtés pour ne pas laisser la noirceur ternir nos rêves et nos bonheurs. Réchauffons nos cœurs et pleurons au passé.

Nous avons besoin de vous. Alors, donnez nous vos informations, vos batailles, vos idées. Rejoignez notre comité de rédaction. Inscrivez- vous  en envoyant un mail à redaction@mediacoop.fr

Et entrons toutes et tous ensemble en résistance en créant ensemble le média que l’on mérite.

Nos actionnaires, c'est vous.

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2 réflexions sur “Il est l’heure d’entrer en résistance”

  1. Jacques Célère

    Il est aisé de faire la leçon à ses consoeurs et confrères, mais à titre d’exemple, vous avez promis à nous lecteurs, un traitement de l’affaire de l’agression du policier.

    « Nous vous parlerons demain de cette vidéo. » En date du 12 mars sur vos réseaux sociaux. Comme la promesse d’un traitement avec du recul, du fond… Eh bien, nous l’attendons toujours. Une promesse non tenue.

    Au lieu de cela, Médiacoop est aujourd’hui un média dédié à la diffusion d’annonce de manifs et communiqués militants. Rien de plus. Le traitement journalistique attendra. Donc les tirades, c’est bien, mais il faut s’y mettre, et vraiment.

  2. Il est aisé de faire la leçon à ses consoeurs et confrères, mais à titre d’exemple, vous avez promis à nous lecteurs, un traitement de l’affaire de l’agression du policier.

    « Nous vous parlerons demain de cette vidéo. » (On a bien vu votre manip sur le post ????)
    En date du 12 mars sur vos réseaux sociaux. Comme la promesse d’un traitement avec du recul, du fond… Eh bien, nous l’attendons toujours. Une promesse non tenue.

    Au lieu de cela, Médiacoop est aujourd’hui un blog à la gloire de sa fondatrice, dédié à la diffusion d’annonce sde manifs et communiqués militants. Rien de plus. Le traitement journalistique attendra.

    Donc les tirades, les leçons, c’est bien, mais il faut s’y mettre, et vraiment. Alors oui, vous en avez une certaine de responsabilité, et elle est notamment liée à votre paresse. Bossez, au lieu de regarder et cracher sur votre voisin. N’est-ce pas cela le poison de nos sociétés ?

    Et puis, que dire du passage de certains chez vous qui ont très mal vécu la situation, on est loin des belles valeurs prônées…

    Je sais que vous allez une nouvelle fois invalider le message, alors qu’il sert au débat, et vous met face à vos responsabilités. Mais c’est bien trop dur ça… Le fameux débat dont vous parlez alors que vous êtes incapable d’affronter la contradiction. Vos propres « sources » le disent…

    Inutile de vous dire que ces messages seront publics prochainement d’une manière ou d’une autre si vous ne les publiez pas.

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