« Nous voulons réunir les acteurs de la filiale aéronautique »

Jeudi 17 mai, à 11h sur le parvis de l'aéroport de Aulnat, une vingtaine de militants de la CGT se sont regroupés. Ils demandent l'ouverture d'un débat démocratique, entre entreprises, salariés, élus mais aussi usagers sur l'avenir du secteur de l'aéronautique de la région. Touché par la crise du Covid, le but serait de construire des propositions concrètes, répondant aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Un débat sur l’avenir du secteur

Les militants CGT demandent le regroupement de toute la filière aéronautique, de la conception des pièces à l’envol de l’avion. « On veut regrouper tous les acteurs de la filiale. Les salariés des entreprises qui produisent les pièces de nos avions, comme Constellium et qui seront aussi impactés si le secteur disparait. Mais aussi les syndicats des agents travaillant à l’aéroport, les usagers… » présente Arnaud Boucheix, responsable syndical de la CGT à l’aéroport.

Les militants sont d’autant plus indignés par ce manque de consultation quand « on nous donne de plus en plus de responsabilités mais sans évolution sur le salaire. On est en sous effectif et on fait exploser la polyvalence. Travailler à flux tendu, c’est prendre des risques pour la sécurité aérienne » déplore Arnaud. Par exemple, le service dédié pour accompagner les enfants ou les personnes ayant un handicap ont été supprimés. « Maintenant ce sont ceux qui font les enregistrements qui doivent assurer ce service. »

Les salariés de l’exploitation, ceux qui font l’assistance au sol, représentent 60% des salariés de l’aéroport. « Sauf que nous ne sommes pas du tout sollicités concernant l’évolution du secteur. » Pour les militants sur place, la pérennité de l’aéroport est importante pour sauvegarder l’emploi sur la région et un service publique de qualité. « Le centre de maintenance concerne 400 personnes » commence Joël Rondel, secrétaire CGT du CSE national de HOP!, une filiale d’Air France. « L’aéronautique, sur la région, c’est 30 000 emplois directs, sans parler de la sous-traitance » présente Boris Bouchet, venu en campagne en tant que tête de liste FI-PCF aux régionales.

Les solutions proposées

« Il faut que les créneaux horaires et les avions soient adaptés aux usagers. On a beaucoup d’usagers qui vont travailler sur Paris. Ils ne vont pas prendre le train de 3h30 donc c’est à nous d’avoir des aéronefs avec la bonne capacité de sièges et les bonnes horaires le matin et le soir. » argumente Arnaud. Pour Joël, c’est aussi ça, polluer moins. « Plus l’avion est petit, moins on consomme. Sauf qu’être moins énergivore n’est pas dans la volonté du groupe Air France. »

Les syndicalistes dénoncent d’ailleurs une méthode de Greenwashing de la part du groupe. « Ils utilisent un carburant bio, dilué à 25% avec des huiles recyclées. Sauf que cette huile, elle vient de Suède. L’impact écologique est nul. On propose plutôt des moteurs moins énergivores et des avions faits en matières recyclées. Et si l’État et la région souhaitent développer le réseau ferroviaire, nous souhaitons être prioritaires sur les formations pour avoir un transfert de compétences. »

Pour Boris Bouchet, il faut arrêter de donner des subventions publiques au secteur sans contreparties. « En 2018, la région a donné 37 millions d’euros au secteur. En 2020, avec la crise, on a encore donné. Ce n’est pas pour que la crise est bon dos et qu’on casse les emplois. »

Le débat sur les lignes intérieures vers Paris et l’avenir de la filière aéronautique de la région est donc ouvert. Pour les syndicalistes, « Les lignes intérieures ne concurrencent pas le ferroviaire, car les besoins sont différents. Beaucoup d’usagers, mais aussi de marchandises, font une escale à Paris avant de reprendre un avion pour les Dom-Tom par exemple. C’est important pour l’économie de la région. » conclut Joël.

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