Gratuité des transports en commun : une action de sensibilisation aura lieu samedi.

Samedi 23 janvier, un stand du PCF (Parti Communiste Français) sera installé, place de Jaude, afin d'échanger sur la gratuité des transports en commun avec les citoyens clermontois. Cette intervention aura lieu de 14h à 17h, près de la statue Vercingétorix. Un quiz sera fait pour interpeller la population sur les idées reçues que l'on peut avoir sur ce sujet. L'opération remettra la mobilité gratuite sur la table des discussions publiques, en perspective de septembre 2021, date envisagée par la métropole pour mettre en place les transports en commun gratuits les week-ends.

La gratuité des transports en commun est le « fer de lance de la révolution des mobilités » explique Cyril Cineux. Pour lui, c’est une étape qui s’inscrit dans un ensemble d’habitudes à changer au niveau de nos déplacements. « Il faudra aussi développer les pistes cyclables, le réseau de transports en communs, que ce soit pour lutter contre les inégalités spatiales ou pour faire face à l’augmentation de la fréquentation une fois les transports devenus gratuits » poursuit Cyril. Car si la métropole commence d’abord par mettre les transports en commun gratuits uniquement les week-ends, c’est pour inciter la population à plus prendre le tram et le bus, mais aussi pour éviter de faire face à un trop grand afflux d’utilisateurs d’un coup. « Développer le réseau sera encore long après septembre 2021 » expose Cyril. Mais pour le moment, l’heure est à la sensibilisation du public : « On va contextualiser la question : montrer que rendre les transports gratuits marche dans d’autres villes comme Aubagne, Dunkerque. On abordera aussi plusieurs thèmes, ce qu’apportera cette initiative au niveau environnement, social mais aussi économique. Ça va par exemple redynamiser les centre villes et l’économie locale, réduire la pollution due aux voitures, les gaz à effet de serre mais aussi la pollution sonore. Se passer de voiture permet aussi d’envisager la ville et l’aménagement urbain différemment. Au niveau social, ce sera un gain de pouvoir d’achat pour tous » développe Cyril.

La gratuité des transports en commun semble donc apporter certains avantages à la vie urbaine, économiquement mais aussi socialement : « On a pu constater dans les autres villes qu’il y a plus de mixité sociale dans les transports. Finalement, la gratuité réduit aussi les inégalités spatiales et économiques car elle permet le désenclavement des banlieues. Les gens se déplacent plus au centre-ville plutôt que d’aller dans de grands centre commerciaux à l’extérieur de la commune. Ça redynamise le centre et l’économie locale. » explique le militant PCF. Cyril explique aussi que ce genre d’actions est fait pour défaire les idées reçues que la population peut avoir sur ce sujet : beaucoup pensent notamment aux dégradations, incivilités que cela pourrait amener, mais aussi au coût que cela ferait porter aux collectivités. « A Dunkerque, ils ont fait une étude sur deux ans, comparant l’avant et l’après mise en place de la mesure. Au final, il y a eu une baisse des incivilités. Déjà il y a un contrôle social plus important puisque plus de monde sont dans les transports. Comme c’est accessible à tous, vous enlevez la tension du paiement, il n’y aura pas de mécontentement suite à une amende pour non paiement, par exemple. Et les nouveaux usagers, comme les familles, s’approprient l’espace, ça créé moins d’incivilités car ça devient un vrai espace public » argumente Cyril concernant le manque de respect que pourrait avoir les usagers. Pour lui, les choses auxquelles on tient le plus ne sont pas forcément celles que l’on achète. Cela nécessitera tout de même une bonne communication et d’être vigilant. Concernant les financements, ils feront sûrement parti des plus grandes idées reçues et seront donc sûrement dans le quiz : « Il faut savoir que 70% des transports en communs sont aujourd’hui payés par un impôt sur les entreprises qui ont plus 11 employés.15% sont financés par les collectivités et 15% seulement par les usagers. Nous travaillerons donc à trouver des financements pour supprimer ces 15% qu’il reste. Ça reste un choix politique » commence à déconstruire le 4ème adjoint au maire et spécialiste des questions de mobilité.

Pour analyser les conséquences d’une telle mesure et obtenir toutes ces informations, la ville de Clermont-Ferrand s’est appuyée sur les expériences des autres villes. Dunkerque est l’exemple le plus concret, ayant mis en place la gratuité les week-ends en 2015 pour ensuite la développer sur l’ensemble de la semaine en 2018. « On a regardé l’attractivité sur le centre-ville, la fréquentation des places, bibliothèques, musés et commerces. Les commerçants voyaient plus de gens dont certains qu’ils n’avaient jamais vu. On voit déjà que l’augmentation de la fréquentation montre que les nouveaux usagers auraient utilisé la voiture si ça n’avait pas été gratuit » explique Cyril. Mais la ville a aussi fait appel à des enseignants-chercheurs. Ces derniers avaient déjà monté une étude sur la faisabilité du projet à Dunkerque. Ils ont donc formé le bureau VIGS et sont des spécialistes de l’urbanisme et de la gratuité des transports. « Leur étude a montré que le réseau actuel ne pourra pas accueillir une trop grande hausse des usagers. Nous allons donc instaurer la gratuité les week-ends en attendant de développer encore le réseau. La fréquentation va augmenter les week-ends, notamment par rapport aux évènements qui se passent au centre ville, ce qui amènera de l’attractivité en plus » poursuit l’adjoint au maire. Concernant l’impact écologique, il est difficilement analysable. « On attend de voir les effets sur Dunkerque, qui va pouvoir faire un bilan dans peu de temps pour comparer l’avant et l’après. C’est une étude très fine des déplacements sur le territoire, ça se fait tous les 10 ans donc c’est long pour voir les résultats » explique Cyril. « Dans tous les cas, il faut aussi que le réseau soit efficace et intermodal : qu’il assemble marche, vélo et transports en communs sinon ça desservira la cause et aura l’effet inverse : la population ne voudra plus prendre les transports collectifs. Donc on doit d’abord développer notre réseau avant de passer à la gratuité pour en tirer tous les avantages. »

Après Montpellier et Nancy qui ont mis en place la gratuité des transports le week-end depuis septembre, la ville de Clermont-Ferrand souhaite s’inscrire dans une avancée et mouvement national : « Cette mesure fait partie d’un ensemble pour une mobilité plus respectueuse de l’environnement, pour trouver des alternatives collectives pour respirer et circuler mieux, tous ensemble » conclut Cyril. Pour répondre à toutes vos questions sur le sujet, des chapiteaux seront prévus pour vous protéger en cas de pluie. Vous pourrez aussi gagner votre T-shirt « Liberté, Égalité, Gratuité » en répondant correctement à trois questions du quiz. Vous pouvez d’ors et déjà réviser en relisant l’article !


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