En 2024, dans le cadre de la résidence de journalisme, nous avions accompagné les patients du Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel à élaborer leur propre émission. Cette structure permet aux personnes souffrant de maladies mentales ou troubles psychiatriques de participer à de nombreuses activités afin de renforcer le lien social.
En effet, dans la prise en charge des troubles psychiatriques, on a pris conscience que le lien social est un soin comme un autre, peut-être même encore plus essentiel.
Le lien social, un soin comme un autre
Ainsi, nous avions débarqué avec notre studio radio dans les locaux devant des personnes qui n’avaient jamais osé parler dans un micro. Et en quelques mois, nous aviosn enregistré une émission en direct devant un public.
Nous n’étions pas seuls pour monter le projet. Thomas et Camille, infirmiers psychiatriques, nous avaient épaulées. Ils étaient incroyablement surpris du côté thérapeutique que la radio proposait aux patients.
Radio CATTP, la radio de la diversité
Quelques mois plus tard, nous recevions une photo. Ils avaient acheté le même matériel que nous et avaient monté leur propre studio. Ils avaient continué l’aventure sans nous, à créer des émissions, à interviewer des gens. Radio CATTP, la radio de la diversité, était née.
Puis, on a reçu un coup de fil, Thomas avec une nouvelle Camille avaient besoin de nous pour monter une émission spéciale à l’occasion de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale.
Semaine d’Information sur la Santé Mentale
Nous avons tout de suite répondu par l’affirmative, bien trop contents de revoir l’équipe. Alors, bien sûr en 18 mois, certains étaient totalement guéris et avaient quitté le CATTP, d’autres s’étaient inscrits dans de nouvelles activités. Mais, nous retrouvions celles et ceux qui s’étaient le plus investis et auxquels nous avions refilé le virus de la radio.
Ce matin, c’était donc journée de retrouvailles. Nous sommes repartis à Roanne.
Retour à Roanne
Après un bon thé, nous nous sommes mis au travail.
Nous allons avoir une émission de radio le 16 octobre, en direct des rencontres de Roanne. Il nous faut la préparer. Brainstorming ce matin donc. Nous avons réfléchi aux axes importants. Et nous avons saisi plein de choses : l’importance du travail et parfois l’impossibilité d’être embauché quand on souffre d’une maladie psychiatrique. L’importance de la famille et l’impact que la maladie peut avoir sur elle. Le besoin de parler de la maladie mentale, sans honte.
Trouver son angle
Mais surtout, c’est Laurent qui pose cette phrase : « Il ne suffit pas d’une allocation. » Puis il rajoute : « On a besoin de lien avec les autres, de vivre comme tout le monde et de pouvoir accéder à la vie. »
Voilà, être un malade mental, comme on dit ne se soigne pas avec une allocation mais bel et bien avec un changement de regard de la société, une insertion et la nécessité de comprendre l’impact de la maladie sur soi, sur les autres et sur notre environnement.
Notre émission a donc trouvé son angle.
Nous vous tiendrons au courant de ses avancées.
Merci au CATTP de Roanne pour le financement de ce nouveau projet.
1 réflexion sur “Santé mentale: « Il ne suffit pas d’une allocation »”
A l’origine de ce changement de regard sur les fous pour dire les choses simplement, le plus important saut épistémologique est la création de l’École expérimentale de Bonneuil sur Marne. Un film a été fait par un des membres fondateurs ( Vivre à Bonneuil). IL y a donc 50 ans, des jeunes se transformaient car on leur donnait une place dans la société. IL faut voir le courage, l’intelligence et l’humanité qui se dégageaient des artisans, des responsables administratifs au contact de ces jeunes. Plus près de nous, il y a eu les expériences théâtrales initiés par des artistes et qui ont monté des pièces de théâtre. Le problème actuellement c’est la maladie qui accapare les sujets. Pourtant l’anormalité est le terreau de notre humanité! Lacan ne disait il pas : » n’est pas fou qui veut ».