L’UNEF 63 répond aux attaques nationales sur leur syndicat

C'était il y a une semaine, la présidente de l'Unef, syndicat étudiant, était alors interrogée par une journaliste d'Europe 1. Elle a expliqué au micro que pour libérer la parole, une ou deux fois dans l'année, des réunions non-mixtes pouvaient être organisées. Depuis, Marine Lepen mais aussi Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education Nationale ont crié au scandale, parlant de méthodes fascistes. Nous avons donc été à la rencontre des étudiants de l'UNEF 63.

On les connaît bien dans le milieu militant clermontois. Ils sont de toutes les batailles sociales et ne manquent jamais à l’appel quand il y a manif. Ce mardi matin, ils sont dans leur petit local implanté au cœur de la fac de lettres. Ils reçoivent des étudiants afin de leur parler de leurs droits, pour les aider et les guider. Mayke s’assoit sur un banc au soleil. Il se roule une clope et d’un ton très calme explique ce qu’il comprend de cette pseudo-polémique. « Ca fait un moment que l’extrême-droite veut la mort de notre syndicat. Dernièrement, nos militants se sont faits attaquer à la fin d’une manifestation, dans le centre de Clermont-Ferrand. Nous avons porté plainte. » Mais chose nouvelle, le gouvernement a rejoint les critiques de l’extrême-droite, concernant le syndicat. « Après tout ça est assez cohérent. Nous sommes dans une campagne de dénigrement de l’université, avec notamment les polémiques autour de l’islamo-gauchisme. C’est un terme que le gouvernement en place reprend de l’extrême-droite, on comprend donc leur référence. »

Les conséquences, au-delà de la présence médiatique, sont lourdes : Réalisation de liste de professeurs dits islamo-gauchistes, et présence de plus en plus accrue de l’extrême-droite dans les universités et lieux culturels. « L’extrême-droite se sent soutenue par le pouvoir en place. » Effectivement, on peut voir que de plus en plus d’attaques fascistes ont lieu en France, comme le week-end dernier à Lyon, où une librairie a été attaquée par une trentaine de néo-nazis cagoulés.

« Notre syndicat n’est pas en péril poru si peu. Il a plus de 100 ans, et a dû faire face à de nombreuses critiques. Nous, on se bat pour le droit des étudiants, sans aucune discrimination. Il n’y a aucun élément juridique pour mener à bien la dissolution de notre structure. C’est juste révélateur d’un climat nauséabond. » continue Mayke.

Que reproche-t-on au syndicat étudiant ?

Le syndicat réalise pour la libération de la parole des réunions non-mixtes. En effet, parfois, des soirées réservées aux femmes sont proposées afin qu’elles puissent parler librement. « On a remarqué par exemple, que lorsqu’il y a des hommes en réunion, ils coupent la parole, et le temps de prise de parole est totalement inégalitaire en fonction du genre. Les femmes ont été éduquées à se taire. Ces réunions non-mixtes servent à ça. » Idem pour les réunions racisées. « Une personne de couleur pourra mieux exprimer son rapport au racisme dont il est victime si son bourreau n’est pas dans la salle. » Ces réunions sont très rares. « Une ou deux par an. Cela nous permet de faire remonter les propos des uns et des autres qui ont pu parler sans pression, librement. En aucun cas, lors de ces réunions des décisions sont prises. » poursuit Mayke.

Autre polémique : L’islamo-gauchisme

Mayke en rit un peu. « Ce terme, on le met à toutes les sauces. Mais globalement, d’un côté, il y a des « envahisseurs », de l’autre « les gens qui aident les envahisseurs » dans ce mot pour l’extrême-droite. C’est un peu comme le judéo-bolchévisme à une autre époque. » Le jeune étudiant en socio tient à souligner que tout ça est dû à l’amalgame fait entre musulmans et terrorisme. « L’extrême-droite a la fâcheuse tendance à penser que les musulmans sont tous des terroristes, et comme nous, nous aidons tous les étudiants, quelque soit leur orientation sexuelle, leur confession, leur origine, leur statut social, les fascistes ont vite fait le raccourci. Mais on continuera d’aider tous les étudiants, voilés ou non, hétéro ou homo, riche ou pauvre. »

Une tribune signée par 250 personnalités est sortie cette semaine. De nombreux représentants politiques et associatifs l’ont écrite pour défendre le syndicat. B. Hamon, JL. Mélenchon, A. Hidalgo, C. De Haas, et plein d’autres y ont contribué. Tous sont passés par le syndicat étudiant et défendent ses valeurs progressistes, en dénonçant la diffamation dont il est victime actuellement. Un autre communiqué signé par l’intersyndicale CGT,FSU, Solidaires, etc a aussi apporté son soutien à l’UNEF.

« Le monde universitaire c’est un leu où on développe son esprit critique. Il est remis en cause quand on s’attaque aux enseignants. Le syndicalisme c’est un contre-pouvoir. Et l’UNEF c’est à la fois ce monde universitaire et syndical. On représente ces deux mondes-là. Alors forcément, on nous attaque. L’extrême-droite, et désormais le gouvernement veulent nous museler, surtout à cette période. Les étudiants n’en peuvent plus, ils sont en colère. et nous sommes une structure du mouvement social, on veut amenuiser nos forces. Le gouvernement le fait déjà en instaurant la loi sur la sécurité globale, en précarisant l’université, en la rendant compétitive…Alors surfer sur les critiques à notre égard de l’extrême-droite, c’est un petit levier supplémentaire…Mais, nous sommes au-dessus de ça, et nous continuerons à bosser pour les droits de tou-t-es les étudiant-e-s… »

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