LE CIDFF 63 alerte sur les manques de financement

Le Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles du Puy-De-Dôme est mobilisé toute cette semaine pour dénoncer les paiements en retard de l'Etat et des collectivités. Explications

Chaque année, ce sont 3000 femmes qui font appel au CIDFF du Puy-de-Dôme, dont 40 % souffrent de violences. Mais, cette semaine, les 12 salariées disent STOP. Les finances ne permettent plus les paiements des emplois, et l’avenir paraît compromis.

Nadine Baron, directrice de l’association explique : « En 2024, le Sénat vote la prime SEGUR pour nos structures, une valorisation de 430 euros bruts et chargés par mois et par salariée. » Une bonne nouvelle donc qui permet aux employées de recevoir 183 euros nets mensuels. Pourtant, cette prime pose problème, car l’Etat n’a pas compensé. « Sur l’année 2025, ça représente 72000 euros de budget en plus. Mais, nous n’avons pas les aides en face. Pire, nous comptabilisons une baisse de subventions de 13%… »

Segur, le cadeau empoisonné

L’association est donc dans une impasse. « Le SEGUR est une obligation. » Explique Margaux, Juriste, « Le financement a été promis mais les subventions sont bloquées. »

Chaque année, le premier versement se fait en avril. Or, en 2025, toujours rien !

« Aujourd’hui, on a épuisé nos fonds de réserve. On ne pourra pas payer les salaires de juillet. Pourtant, l’argent dû, c’est celui qu’on nous doit pour le travail déjà effectué. »

La directrice espère pouvoir négocier avec la banque. Mais, il n’empêche : « Nous travaillons avec des femmes victimes de violence, on ne peut pas leur dire que leur cas peut attendre, qu’on ne peut plus bosser donc qu’elles doivent patienter ! »

L’association reconnue d’utilité publique, est une une antenne de l’Etat. « Mais, l’Etat nous a oubliées. »

670 Mille euros de Budget

Ne vivant que de l’argent public, l’équipe doit répondre à 40 appels à projet par an pour pérenniser leur compta. « C’est assez insupportable de devoir toujours se battre pour mériter son argent. »

Si à la fin de l’été, le désengagement de l’Etat se poursuit, le CIDFF 63 fermera ses portes, laissant 12 salariées sur le carreau et 3000 femmes sans aucune alternative. « Nous n’avons aucune notification d’engagement de nos financeurs, alors qu’on réalise les actions depuis le début de l’année. Sur 670000 euros de fonds annuels, seuls 95000 sont assurés d’être versés, officiellement. »

Mobilisation des salariées cette semaine

Demain, les salariées se mettront en route du 25 Gisèle Halimi jusqu’à la maison des sports, avec leur brassard « en grève ». Jeudi, elles retourneront sur le terrain, toujours équipées de leur brassard.

Mais, elles n’ont plus confiance. Aussi, elles estiment que la solution c’est la recherche de mécènes et de donateurs.

Vous pouvez ainsi les soutenir sur : helloasso

On recense 198 CDIFF en France. La moitié pourrait fermer avant la fin de l’année si les subventions n’arrivent toujours pas.

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