Territoires zéro chômeur de longue durée : une affaire qui roule et qui s’étend

Lancés en 2016, les Territoires « zéro chômeur de longue durée » ont passé le cap de l’expérimentation et s’étendent désormais à une cinquantaine de villes du pays. La semaine dernière, c’est Gerzat et Clermont qui se jetaient à l’eau pour le droit à l’emploi.

Le droit à l’emploi est un principe énoncé dans le préambule de la Constitution de 1946. « chacun a le droit de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». C’est l’association ATD Quart Monde, qui œuvre en partie pour garantir ce droit, qui est à l’origine des premiers travaux autour du dispositif Territoire zéro chômeur de longue durée. ATD Quart Monde s’engage depuis sa création pour mettre fin à la pauvreté et construire une société plus juste respectant la dignité de tous et la dignité par l’emploi notamment. C’est ainsi qu’elle a porté le projet en partenariat avec le Secours catholique, Emmaüs France, Le Pacte civique et la Fédération des acteurs de la solidarité.

« Personne n’est inemployable »

L’association « Territoire zéro chômeur de longue durée » a été créée en 2016 pour démontrer qu’à une petite échelle (ville, quartier), il est possible de proposer aux personnes qui en sont privées, un emploi à temps en développant des activités utiles pour répondre aux besoins du territoire.

Expérimentation

En 2016, ce sont 10 villes qui ont été choisies pour mener l’expérimentation. Une liste de demandeurs est établie et ces derniers sont consultés afin d’orienter la création de l’emploi le plus adéquat. Ensuite, des Entreprises à But d’Emploi (EBE) sont créées, représentant différents services et permettant l’embauche des personnes ciblées.  

L’exemple de Thiers

Thiers fait partie de la première vague d’expérimentation lancée il y a 6 ans. Dans ce territoire, 4 EBE emploient près de 200 salariés. « C’est une réussite. Ça vient dynamiser un territoire dans sa globalité. Sur l’aspect social aussi. Les travailleurs sont très contents, ils retrouvent une forme de dignité, de fierté. Il y a aussi un effet qu’on observe sur leurs enfants, la dynamique d’organisation de la vie familiale. », indique Laure Descoubes, responsable du Comité Locale pour l’Emploi à Thiers.

Là-bas, l’entreprise Actypoles-Thiers s’est spécialisée dans les activités solidaires ou dans les compétences publiques. Une autre EBE a permis de relocaliser un atelier de couture. « On ne peut pas se déconnecter de l’histoire globale du projet. On le voit sur tous les territoires, les emplois partent des souhaits et des compétences des chômeurs de longue durée. », précise cette dernière.

Pour la création d’emplois, il existe deux conditions. D’abord, ne pas faire concurrence à d’autres entreprises privées qui proposeraient déjà sur le territoire, un même type de service. Surtout, un besoin en rapport à la nouvelle activité doit préalablement exister.

« Ce projet a un pilier social indéniable et très positif. En revanche, du point de vue économique, on est toujours dans l’expérimentation aujourd’hui. Ce n’est pas si facile. Mais des chefs d’entreprises me disent qu’ils n’ont jamais vu une vague d’embauche comme ça. L’objectif, c’est de répondre au chômage de longue durée. On revient sur un droit constitutionnel des gens. On n’a pas les réponses à tout mais prendre en compte le souhait et les compétences des personnes, c’est incontournable. C’est un projet ambitieux et qui avance vite. Je suis très heureuse que plein de territoires envisagent de se lancer dans l’aventure. ».

Laure Descoubes
Social, solidaire et adapté

Territoire zéro chômeur se veut être un dispositif collaboratif. Il mobilise l’ensemble des acteurs d’un territoire pour créer une dynamique d’emploi, économique et solidaire. Les emplois crées sont pensés avec les demandeurs. Ils sont à temps choisi et adaptés aux compétences des personnes privées d’emploi. La forte mobilisation autour des collectivités locales, des différentes associations, de Pôle Emploi, du monde économique et même des habitants d’un territoire permet d’identifier les besoins et les activités utiles pour la population.

Une affaire qui roule

Après une première vague d’expérimentations en 2016, une deuxième loi de 2020 prolonge et étend le dispositif en l’ouvrant à 50 nouveaux territoires. C’est dans ce cadre que le Département, Clermont Auvergne Métropole et les Villes de Clermont-Ferrand et Gerzat ont souhaité déposer leur candidature. Ainsi, Gerzat et le territoire du quartier des Vergnes, qui compte un nombre important de demandeurs d’emploi, feront partie de l’expérience.

Une nouvelle EBE va ainsi voir le jour. InserCoop va organiser ses activités autour de plusieurs pôles : CULTUR’COOP (plastification de livres, mise en place d’une bibliothèque de rue, logistique évènementielle), KIDI’COOP (micro-crèche inclusive accueillant des enfants de 3 mois à 6 ans en situation de handicap), ST’COOP (sous-traitance pour les entreprises), HORTI’COOP (production locale de plants pour fournir les serres municipales et métropolitaines. Des activités de maraichages et d’aide alimentaire se développent également à Gerzat. En France, on compte actuellement 700 000 chômeurs de longue durée.

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