A lieU’topie, une soirée pour découvrir le matrimoine de Clermont-Ferrand

 

Saviez-vous qu’une femme était à l’origine de l’industrie Michelin ? Peu de chance. C’est contre ces oublis de l’histoire et la prééminence des figures masculines dans le récit de notre région que Lieu’topie a retrouvé Concordia pour un nouveau café citoyen.

 

Lundi soir, l’association Concordia Auvergne a convié Karine Plassard à Lieu’topie pour nous parler des femmes qui ont marqué l’histoire de Clermont-Ferrand. Responsable de la mission « Egalité des Droits » pour Clermont, c’est sous forme d’ateliers et de jeux que la militante féministe à souligner l’importance des femmes dans l’histoire de la ville.

Dès 19h30, la salle est pleine. Morceaux de papier distribués, chacun doit inscrire le nom de trois héroïnes française pour les présenter ensuite à l’auditoire. Olympe de Gouge et Simone Veil sont sur toutes les lèvres. C’est sous forme d’un quizz que la soirée continue. Chaque question permet de mettre en lumière une femme qui a marqué la ville, la région ou bien le pays.

Lucie Aubrac a émigré à Clermont en même temps que l’Université de Strasbourg où elle était enseignante avant la guerre pour participer à la résistance. C’est Elizabeth Pugh Baker, femme d’Edouard Daubrée (un des fondateurs de Michelin) qui soumet l’idée d’utiliser le caoutchouc pour la production. Toutes ces anecdotes et ces présentations permettent de découvrir l’histoire de Clermont-Ferrand autrement et de lutter contre les idées préconçues. D’Hélène Brion, syndicaliste CGT et féministe dès les années 1900 à Jenane Goudji, écrivaine et résistante (sœur de Françoise Giroud) en passant par Fadela Amara, fondatrice du mouvement Ni putes ni soumises et ancienne secrétaire d’Etat, les portraits s’enchainent. Les chiffres aussi. Seulement 6% des rues françaises portent des noms de femmes. A peine 5% des œuvres du Musée d’Orsay sont faites par des créatrices. La France ne compte que 16% de mairesses et l’écart de salaire culmine toujours autour de 25%.

Face à ces inégalités et à la visibilité très minoritaire donnée aux femmes dans l’Histoire, cette initiative se veut à travers l’exemple de Clermont, un moyen de réintégrer des actrices à part entière du développement de notre ville et de notre pays. Karine Plassard rappelle qu’avant Simone Veil, de nombreuses femmes ont marqué l’histoire et qu’il est important de connaitre leur nom à elles aussi. En attendant, Concordia vous donne rendez-vous au mois d’avril pour un nouveau Café Citoyen.

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