Venue d’Olivier Véran, Récit d’une après-midi de non-dialogue

A Mediacoop, nous avons su par les syndicats que le ministre de la santé serait aujourd’hui présent au CHU Estaing de Clermont-Ferrand. Alors, aucune accréditation ni invitation ne nous a été adressée. Nous avons donc passé notre après-midi à jouer au chat et à la souris.

Des invitations presse, on en reçoit à la pelle. Mais, notre adresse mail a dû être égarée par les services de la mairie et du CHU pour la venue du ministre de la santé. C’est donc la fleur au bout du fusil qu’on arrive sur le parvis de l’hôpital, sur invitation des syndicats. FO, SUD, CGT sont réunis pour tenter de faire connaître leurs revendications : PLus de personnels, plus de matériels, arrêt des suppressions de lits, arrêt du management délétère. ( NDLR : Une plainte pour harcèlement sexuelle vise le Professeur Laurichesse)

Des revendications claires

Eric Rodier, aide-soignant en chirurgie cardiaque, et délégué du personnel CGT est formel : « 8000 postes dans la fonction publique ont disparu sous Macron. Nous voyons une destruction de l’hôpital public qui dure depuis 20 ans ! » Un autre continue « Désormais, on opère en ambulatoire le plus possible. On se fiat opérer le matin, on repart l’après-midi, on continue de fermer les lits malgré la crise. » Les conséquences, selon les syndicalistes, sont terribles. « On a réduit le nombre des opérations pour faire face au Covid. Les urgences d’hier peuvent attendre aujourd’hui, au risque d’aggraver la situation du malade »

Un ministre de la santé dans le flou ?
« On ne peut plus prendre de congés »

De plus, le personnel soignant se voit leurs congés refuser. « Normalement, nous avons droit à 21 jours de congés entre juin et septembre. Là, ils nous sont refusés. Nous ne sommes pas assez nombreux sur le pont donc on ne peut pas partir en vacances. Nous sommes quand même depuis un an sous tension. » Autre problème, même les demande de disponibilités ou démissions sont refusés. « Avec le plan blanc, tout est bloqué. » même le SEGUR de la santé ne semble pas suffisant. « Nous avons demandé 300 euros d’augmentation, nous n’avons obtenu que 183 euros…Le salaire d’une infirmière en France est l’un des plus bas d’Europe. 28eme sur 32 exactement. Nous passons à la 23eme place avec cette augmentation. » Explique une infirmière venue soutenir les grévistes, le temps de sa pause.

Mépris du personnel soignant

Et puis, il y a ce mépris du gouvernement selon les syndicalistes. « On nous dit que c’est notre faute car nous ne nous faisons pas vacciner. Mais encore faudrait-il le pouvoir. avec le vaccin, 50 % du personnel a été malade, et a posé son jour de carence. Un jour de carence pour une aide-soignante c’est 80 euros, et comme il y a deux injections, ca représente 160 euros de perte de salaire. Sans compter qu’il faut aussi nous remplacer pendant cette journée et que comme on manque de personnel, ben ce n’est pas possible ! Et quand on a la Covid-19, il faudrait que ce soit reconnu comme maladie professionnelle. » explique une aide-soignante.

Des salariés en colère
700 soignants en arrêt maladie à Clermont-ferrand

A Clermont-Ferrand, il manque selon Eric Rodier, 500 personnes. « Il faut savoir qu’aujourd’hui, à l’hôpital on comptabilise 10 % d’absentéisme, entre le personnel contaminé et les burn out, car la pression est forte du côté de la direction. 10% c’est 700 personnes. Il n’en remplace que 350. Si nous recrutions 500 personnes, on serait donc tranquilles, mais on cnotinue à travialler à flux tendu et à voir les collègues craquer. »

Pourtant, le personnel clermontois n’a pas manqué de courage. Nombre d’entre eux sont allés aider dans d’autres régions plus affectées par le virus. « On voudrait donc juste un peu de reconnaissance. »

Si le plan SEGUR a permis malgré tout une petite compensation financière, il a cependant enlevé une heure de repos entre deux gardes, passant de 12 à 11 heures. « Nous sommes choqués de l’instauration d’une prime au mérite, c’est à dire que l’on va récompenser les personnes qui accepterons de faire des concessions sur leur jour de repos, etc. la prime à l’intéressement aussi nous fait peur, ça c’est pour les entreprises privées pas pour l’hôpital public qui n’est pas sensé se faire de l’argent.« 

Le mépris de Mediacoop

Après les prises de parole, et le soutien de Culture en Danger 63, les syndicalistes apprennent qu’ Olivier Véran est à l’intérieur , du côté du Self. Alors que les médias ont été invités à suivre le ministre, Mediacoop montre sa carte de presse mais se fait refouler. Il faut alors pour entrer feinter un peu, en se faisant passer pour une syndicaliste. Après la colère de ne pas avoir le droit de faire son métier d’informer librement, nous voilà dans l’attente. Puis, Le ministre de la santé passe dans le couloir, sous les huées du personnel auquel il n’adresse aucun regard. Tête baissée, il est suivi de près du maire de la ville, Olivier Bianchi.  » Ouvrez les lits » hurlent les militants. Mais ils reçoivent en guise de réponse l’accélération des pas de leurs interlocuteurs.

« Nous sommes totalement méprisés. Nous ne pouvons pas communiquer, ni même exprimer notre colère. Et les médias qui pourraient poser des questions pour nous ne sont même pas acceptés. On voit bien là la communication du gouvernement. On se croirait dans une dictature… » Déplore un militant en rangeant sa banderole « Soignants en colère ». On n’aurait pas mieux conclu…

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