Nouvel élan en soutien à la Maskarade à Clermont-Ferrand

Samedi 24 avril, environ 150 personnes ont manifesté dans les rues de Clermont-Ferrand, au rythme des basses émises par les sound systems. Les teufeurs dénonçaient les poursuites et la répression qu'ils jugent démesurées contre les inculpés de la Maskarade et le mouvement de la free party dans son ensemble. Ils défendaient donc la culture et la fête libre, alternative ainsi que l'annulation des lois dites sécuritaires.

Les teufeurs sont de nouveau de sortie. Ils sont revenus sur leurs revendications, en particulier pour soutenir les inculpés de la free party du nouvel an, surnommée la Maskarade. Ces derniers sont accusés d’avoir organisé cette « teuf » à Lieuron malgré les restrictions sanitaires. Visés par 16 chefs d’inculpations, ils encourent jusqu’à 10 ans de prison.

Les revendications face à une justice à deux mesures

Les ravers demandent l’arrêt des poursuites démesurées et la relaxe des inculpés de la Maskarade. « Pourquoi des jeunes prendraient 10 ans pour avoir dansé quand seulement 1% des viols sont condamnés ? » s’insurge Zoé. « On les accuse de mise en danger d’autrui. Quand on voit les transports en communs bondés, on pourrait se demander quelle est la responsabilité de l’État. »

Cette justice à deux mesures est dénoncée chez les ravers. « Les enquêteurs n’ont aucune preuve contre les accusés. Ils en ont arrêté un lors d’un contrôle routier, et ils arrivent à dire qu’il a participé ET organisé la free party. Comment ça se fait qu’on n’arrive pas à trouver le coupable de la mort de Steve et qu’on expédie cette affaire ? Ce n’est pas une véritable enquête. » explique Panda, membre du collectif de soutien à la Maskarade.

Les teufeurs demandent aussi l’annulation des lois dites sécuritaires ainsi que le respect des libertés, de la fête libre.

Le monde de la free party : vers une dépénalisation ?

Un mouvement réprimé car il fait peur ?

Les teufeurs expliquent qu’ils sont réprimés car ils font peur au gouvernement. Une des raisons qui aurait poussé la préfecture à interdire les manifestations avec de la musique amplifiée pendant un mois et demi. « Nos premières revendications ce sont nos caissons. Les musiciens qui manifestent, ils ont le droit de jouer et nous non ? » questionne Erwan, organisateur de la manifestation. « Olivier Bianchi nous a avoué sa crainte que ça dégénère. » poursuit-il.

Pour Panda, les autorités ne se rendaient pas compte de l’ampleur d’un tel mouvement. « La première manifestation, les autorités ne s’attendaient pas à autant de monde ou de son. On était 1500. Elles ne se rendaient pas compte de la capacité d’organisation du mouvement. Elles ont peur de comment on pourrait réagir. On est trop libres pour elles. »

Leur solution

Pour les danseurs suivant les caissons à la trace, le son c’est toute leur vie. « C’est notre art, notre passion, on en a besoin. » exprime Eliott, un des membres du sound system les Dézikilibrés. « On voudrait une dépénalisation du mouvement. Mais on est contre une légalisation car on ne veut pas être encadrés par des normes, des taxes et apporter un aspect financier à la free » explique Clément, lui aussi membre des Dézikilibrés.

Pour Panda, la solution est simple : « Qu’ils arrêtent d’envoyer les flics. En free party, on est autonome. Et si quelqu’un est mal, il y aura toujours des gens pour l’aider, le surveiller ou appeler les secours. C’est aussi ça la teuf, c’est l’entraide, comme une famille. »

Pour ceux qui voudraient soutenir le collectif « Soutien à la Maskarade 63 », contactez les par mail : soutienalamaskarade63@gmail.com

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