Le 25 novembre, c’est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Malgré la pluie et le froid, les gens se sont rassemblés à partir de 18 heures place de Jaude pour faire entendre leur voix. Sous les lumières des décorations, c’est de leurs mots que les collectifs féministes dont Nous Toutes, Osez le féminisme ou encore 8 mars toute l’année ont éclairé la foule. Depuis plusieurs années, le 25 novembre est l’occasion de s’unir partout dans le monde pour dénoncer toutes les formes de violences subies par les femmes. Plusieurs thématiques sont tour à tour abordées par les collectifs ou syndicats étudiants. Violences conjugales ou précarité menstruelle, la liste est longue.
Faire prendre conscience
Dans la foule, nous rencontrons Jean-Jacques. Ce papa était à Clermont-Ferrand pour son association Laura B 22 ans. Laura, c’est sa fille, assassinée par son conjoint en 2019. Depuis, pour ne pas oublier, pour faire prendre conscience, Jean-Jacques et sa compagne Vanessa sillonnent les communes de France pour inaugurer des bancs rouges en signe de femmage à Laura et à toutes les femmes victimes de féminicides. À 13 heures, un nouveau banc était posé au Jardin Lecoq. « Inaugurer ce banc, c’est merveilleux car c’est permettre à toutes les communes de montrer leur engagement face aux violences familiales. C’est permettre aussi à une famille qui se promène d’être interpellée par le symbole et d’amorcer un dialogue. On peut s’assoir et prendre du recul », nous explique ce dernier.
103 femmes
Depuis le 1er janvier 2021, 103 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Le chiffre est glaçant. L’inaction des institutions encore plus. « 1400 femmes sont mortes en France depuis 10 ans. L’opinion publique n’admet pas que des soldats soient tués, ça doit être pareil pour les femmes », ajoute Jean-Jacques.
Ce soir, beaucoup de jeunes personnes sont venues. Des étudiantes nous expliquent qu’être là est important mais que la question des violences faites aux femmes doit compter encore plus : « On se sent concernées mais ce serait bien qu’il y ai plus de lycéens et de lycéennes par exemple », confie l’une d’elles. En effet, ces violences sont l’affaire de tous, quelque soit l’âge. « C’est important d’être là tout simplement, même si je suis un homme. C’est un rassemblement contre les violences faites aux femmes et tout le monde devrait être contre. Je pense qu’il y a un réveil ces derniers temps mais on n’est pas assez nombreux. Et il ne faut surtout pas que les hommes prennent la place des femmes pour revendiquer, on doit être là seulement pour soutenir. On nous écoute déjà assez comme ça », explique Loman, un étudiant venu pour l’occasion.
On veut 1 milliard
Après quelques prises de paroles, le cortège se forme, prêt à battre le pavé. En direction de la Maison de la Culture, plusieurs centaines de personnes entonnent chants et slogans. Dans la nuit, on met le nez en l’air. Pancartes et affiches rappellent tout le chemin à parcourir face aux viols, agressions sexuelles, inégalités, face à la précarité et aux violences. Un panneau annonce « On veut 1 milliard ». Les collectifs et les citoyens exhortent les autorités à prendre leurs responsabilités et à cesser le déni. Pour l’heure, militants et courageux du soir savourent l’unité dans leur lutte et gardent les yeux rivés sur l’horizon.














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