Au CHU Gabriel-Montpied, les kinésithérapeutes sont au nombre de 15. Mais cela ne suffit pas pour prendre en charge tous les patients qui en ont besoin. Pourtant, pour les soignants, pas question de trier.
Alors d’abord, on liste les revendications puis on dépose un préavis de grève. Pascal Tarrisson, directeur général de Montpied les reçoit. Il ne donne pas satisfaction aux requêtes. Les kinés et une intersyndicale composée de SUD, CGT et FO entrent en grève le 21 juin.
Sonnette d’alarme
Le jour de la grève, un communiqué est envoyé aux médias :
Les agents donnent le maximum pour assurer une prise en charge optimale des patients et de leur famille, au détriment de leur propre santé et de leur vie familiale.
La situation qui perdure depuis plusieurs années entraine un mal être au sein de l’équipe. Nous revendiquons une augmentation de l’effectif en adéquation avec l’augmentation de demandes de prise en charge des patients.
La prise en charge kiné contribue de manière active à une récupération de l’autonomie plus rapide, à un retour plus précoce à domicile et par extension à une meilleure qualité de vie pour les patients.
La seule proposition envisagée par les directions est la priorisation des prises en charge, autrement dit, encore un tri des patients. Cette solution entraîne un vrai conflit de valeurs éthiques et conduit à une perte de chances pour les patients hospitalisés. Les représentants du personnel ainsi que les kinésithérapeutes sont à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.


Pour les agents mobilisés, la réponse de la direction privilégiant le tri des patients est intolérable. « On ne peut pas se dire qu’on a laissé tel patient ou tel patient. », confirme Sylvie Berger, représentante Force Ouvrière. « Ce n’est pas possible éthiquement. On travaille avec des prescriptions médicales. Leur demander de faire un choix, ce n’est pas admissible. », poursuit cette dernière.
Parmi les revendications, la création de 4 postes et le passage en CDI des CDD qui le souhaitent.
Aux grands maux les grands remèdes
Deux jours après le début de la grève, les kinés ont décidé de marquer le coup en portant leurs revendications à travers une action plus forte et symbolique. Ces derniers ont envahi, le 23 juin au matin, la direction générale de l’hôpital.

Une lutte qui a porté ses fruits puisque les agents ont été reçus par la directrice générale par intermittence qui a accepté les revendications. « Une étude va être faite sur les 4 postes demandés. Mêmes s’ils ne peuvent pas tout financer, une étude sur la charge de travail aussi est prévue et un poste devrait s’ouvrir bientôt. Les CDD passant au CDI sont aussi validés », précise Sylvie Berger. En attendant, la grève a été levée.