Syndicats, étudiants et citoyens rassemblés pour mobiliser contre le RN

Jeudi 27 juin à 10h, un rassemblement était organisé à l’appel de l’intersyndicale et d’étudiants. Objectif : Unir face à la montée du RN. L'événement a eu lieu à proximité de la Place du 1er Mai où près de 200 personnes étaient présentes pour des prises de parole.

Sous un soleil de plomb, les plus courageux se réunissent place du 1er mai, ce jeudi 27 juin. Le temps de se mettre sous les arbres pour profiter d’un peu d’ombre, les prises de parole commencent. Les syndicats et des étudiants ont appelé à ce rassemblement alors que le premier tour des législatives approche et que le danger du RN n’a jamais été aussi grand.

Motivations 

 Parmi les syndicalistes, étudiants et civils de la circonscription, la plupart nous disent être présents pour “faire bloc” au RN. “Moi je suis personnellement là pour m’opposer à l’éventualité d’une arrivée au pouvoir du RN. J’ai bien exprimé une bonne peur le lundi matin après la dissolution de l’Assemblée.”, nous confie Raynald, un habitant de Brioude. “Je viens parfois en manifestation mais là je me suis dis que c’était le moment”, poursuit- t’il. “Je combats le RN parce qu’il va enlever toutes nos libertés, notre démocratie. Notamment en ce qui concerne la culture, ils vont mettre un frein là-dessus parce que c’est un peu trop comme l’URSS.”, clame quant à lui René, la soixantaine. 

Entre attentes et espoirs

 Les manifestants espèrent que ce rassemblement sera entendu et efficace, que les gens ne s’abstiendront pas et voteront contre le RN ce dimanche. “On aimerait être visibles, pouvoir distribuer des tractes et affirmer qu’à Clermont on est toujours contre l’extrême droite.”, indique une militante d’ATTAC. “On voudrait qu’il y ait plus de monde, que ce soit médiatisé et qu’on montre qu’on est tous unis”, mentionnent deux jeunes étudiantes. L’inquiétude se fait ressentir, c’est pourquoi certains préfèrent s’unir, se soutenir dans ce combat. ”Je trouve que c’est toujours intéressant de faire des manifestations, de se rassembler, de voir qu’on est un certain nombre à partager les mêmes inquiétudes.”, fait savoir Raynald.

Plus ou moins habitués 

L’investissement politique de chacun est différent. Certains sont actifs et participent souvent aux manifestations. “On était actifs même avant Macron mais ça fait sept ans que ça s’est intensifié. Il est important de ne pas laisser la rue à d’autres personnes.”, explique la militante d’ATTAC. Tandis que d’autres commencent tout juste, motivés par les récentes actualités. “Il y en a qui viennent plus souvent que moi, j’y viens de temps en temps certes mais j’aspire à plus m’investir. Je pense qu’il y a des moments dans une vie politique où ça donne envie de se bouger, et là clairement avec ce qu’il se passe en ce moment, ça m’a fait passer un cap.”, déclare Raynald. 

Vote à venir 

Beaucoup se rejoignent sur le fait que le RN n’aura pas la majorité à Clermont cependant il y a de fortes chances qu’il l’ai dans le reste de la France. “Ils ne passeront sûrement pas à Clermont, mais il faut se mobiliser partout.”, indique la membre d’ATTAC.

Appel intersyndical

 Au cours du rassemblement, plusieurs syndicats ont pris la parole. Parmi eux, on retrouve la CGT (Confédération Générale du Travail), l’UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes), Solidaires, FSU (Fédération Syndicale Unitaire) ainsi que l’Union Étudiante Auvergne. La CGT accuse Emmanuel Macron de favoriser le RN. ”Le méprisant de la République n’a fait que trahir la confiance de la population ouvrant la porte au rassemblement de la haine en parlant comme lui, en gouvernant comme lui et en lui ouvrant les portes du pouvoir.”, affirme Ghislain Dugourd, secrétaire général de la CGT Puy-de-Dôme.

“Les organisations syndicales du Puy de Dôme, dans le respect de nos différences et de nos divergences ont su une fois de plus prendre leurs responsabilités et ont su construire dans l’unité, la résistance pour empêcher l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite contre la réforme des retraites, l’assurance chômage, raciste, antisémite, homophobe et sexiste.”, poursuit- t’il. Il dénonce ensuite la réduction de salaire de nombreuses personnes. “3 millions de travailleurs et travailleuses sont concernés par cette smicardisation généralisée.” 

“La politique ce n’est pas les partis politiques, c’est tout ce qui concerne les affaires publiques. Ne pas s’occuper des affaires publiques c’est se soumettre, et ici personne ne se soumet.” informe le représentant de l’UNSA. Il signale tout ce que défend le RN. “Quand l’extrême droite défend la préférence nationale, la fin de l’égalité salariale, quand elle renvoie la femme au fourneau, mais surtout pas au boulot, quand l’IVG est en danger et l’autorité remplacée par l’autoritarisme. Quand on voit tout ça, il y a une chose qu’on ne veut pas être, c’est apolitique.” expose-t’il. 

Les étudiants engagés 

La plupart des personnes présentes étaient des syndicats de travailleurs, cependant il y avait tout de même des étudiants mobilisés, adhérents à l’UEA. “Les fans de Bardella nous font croire que le RN a changé, il n’en n’est rien. Il y a deux semaines, deux proches du RN appellaient à casser du pd. Les militants ne comptent plus les crachats, insultes et violences reçus.” énonce un étudiant. Il conclut en disant : “Notre France c’est celle qui a résisté aux nazis, pas celle qui a collaboré”.

Cet article a été réalisé par nos deux stagiaires, Chloé et Emma.

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1 réflexion sur “Syndicats, étudiants et citoyens rassemblés pour mobiliser contre le RN”

  1. On ne peut pas voter contre le RN comme il est mentionné dans l’article. Ce parti est là et visiblement, sans aucune remise en cause de sa présence dans le champ politique. Donc il n’existe aucun moyen de dire dans un processus électoral – je veux éliminer ce parti.
    Beaucoup d’énergie a été déployée et pour rien. Je dirais même que tout ce qui est produit, dit, obéit aux ordres du parti détesté. ON déteste le RN comme le RN déteste les autres partis.
    On a réussi à esquiver le clash en votant pour un autre depuis 2002. Mais combien de leaders politiques se sont dits – pour gagner, il faut que le FN/RN soit au second tour, dans une élection à 2 tours, le RN perd et le gagnant même minoritaire tire la couverture à lui ( Chirac, Macron 1, Macron2). ON peut se demander si la lutte affichée contre l’extrême droite était bien réelle au cours des vingt dernières années.
    Mais dans une élection avec un scrutin unique, ça ne marche pas. Et l’absence d’union à gauche pour présenter des candidats avant les élections européennes est irresponsable. Cette faiblesse à gauche s’oppose à la dynamique du RN. Je crois que les citoyens vont faire payer à la gauche sa bêtise qui lui colle à la peau depuis 1981.

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