Alors que les Assises de la Psychiatrie et de la Santé Mentale commencent aujourd’hui, le Syndicat National des Psychologues (SNP) et la CGT action Sociale proposaient un rendez-vous place de Jaude, ce Mardi 28 septembre, à Clermont-Ferrand.
Il est à peine midi, quand le barnum se déploie place de Jaude. Majoritairement féminin, le rassemblement des psys profite du soleil auvergnat. Peu de la profession se rendront dans la grisaille parisienne, à l’occasion des Assises de la santé Mentale et de la psychiatrie. « Beaucoup de médecins y ont été invités, mais alors que l’on parle de santé mentale, on oublie encore les psychologues qui seront très minoritaires à ce rendez-vous. » Explique Claire, secrétaire régionale adjointe du SNP.
Des effets d’annonce
Pourtant, la profession en a à dire. « Le gouvernement a mis en place des mesurettes sans notre concertation. Il peut se targuer d’avoir inventé des dispositifs, post-pandémie, par exemple, mais aucun ne marche. » En exemple, « Ecoutez-moi » à destination des enfants n’a pas fonctionné car aucun psychologue ne s’est inscrit sur la plateforme du Puy-De-Dôme. « Le tarif requis était bien trop bas. »

Précarisation de la profession
Dans leur besace, un diplôme Bac + 5, avec souvent peu de débouchés, et surtout aucune valorisation salariale. « Dans les institutions privées ou publiques, on nous propose rarement un temps plein, c’est un milieu très précarisé. Il manque énormément d’emploi, et pourtant, on se rend compte qu’avoir besoin d’un soutien psychologique c’est fréquent. »

Projet de remboursement
Pour les psychologues en libéral, c’est plus le projet de remboursement qui inquiète. « On va nous proposer des remboursements à 22 euros, alors que nos consultations actuelles sont facturées entre 60 et 75 euros. Pour nous y retrouver, il faudrait garder le patient seulement 20 minutes. On n’a pas signé pour faire du travail à la chaîne »
Bref, les syndicats ont besoin d’avoir leur place dans les négociations afin que les décisions prises ne soient pas « hors sol », ni de simples effets d’annonces.

Un accès plus direct
Autres demande, les psychologues aimeraient que l’accès à leur cabinet soit plus direct. « Il faut passer par un médecin qui évalue lui-même le nombre de séances, or, notre travail consiste à personnaliser les besoins, on ne peut savoir à l’avance si on a besoin de 20 ou 30 séances. »

Nouvelle formation
La formation psy devrait, elle aussi, être revue. « Nous devrions passer à un Bac+ 8, qui articulerait plus de formation et de stages. Mais nous tenons à dire que notre métier appartient aux sciences-humaines, pas à la médecine. On n’a pas besoin d’être malade, d’avoir une pathologie pour ressentir un mal-être ou une souffrance psychique. »

Déjà l’appel du 10 juin
Déjà le 10 juin, les psychologues étaient dans la rue, nombreux et nombreuses, et grandement soutenus comme le prouvent les nombreux signataires sur l’appel du 10 juin. Pourtant, aucune de leur revendication n’a été, à ce jour, entendue.
