Histoire des congés payés

Ca a commencé par une photo drôle qu'on a mise sur les réseaux sociaux et qui parlaient des congés payés. Mais de la boutade, la photo est devenue virale, et plus de 1500 commentaires ont afflué. Nous ne les avons pas tous lus. Mais parmi les discordes, une était bien visible : la droite se vantait d'avoir inventé les congés payés quand la gauche prônait le Front Populaire. Pour mettre tout le monde d'accord, on a décidé d'enquêter un tantinet.

Alors que des stations balnéaires voient le jour pour la grande aristocratie qui s’octroie le repos estival, Napoléon décrète 15 jours de congés seulement à ses fonctionnaires. Nous sommes le 9 novembre 1853.

D’autres pays prennent exemple sur la France, en généralisant à tous les salariés. Dans l’Hexagone, les républicains au pouvoir en 1870 ne portent que peu d’intérêt à la chose. Quelques entreprises, pourtant, offrent des congés à leurs salariés : le métro parisien, des entreprises électriques ou gazières, ou encore les mines des Houillères en 1925. Michelin en profite même pour sortir son guide. Mais peu profitent des vacances. Certains partent plutôt aider les familles dans les champs.

Antoine Durafour et Louis Gros

En 1920 pourtant, Antoine Durafour, député radical-socialiste de la Loire, puis ministre du travail trouve cela injuste : Tous les salariés doivent bénéficier des mêmes avantages. Il rédige un projet de loi proposant 2 semaines de congés payés pour tous. Le texte finira aux oubliettes.

Louis Gros, député SFIO reprendra le projet, seulement en 1931. Il sera voté mais débouté par la chambre de commerce.

Le Front Populaire

En 1936, le Front Populaire se soucie davantage des semaines à 40 heures. Mais, malgré tout, le parti de Léon Blum rédige un texte entre le 8 et le 9 juin : Les congés payés seront dus à toute personne ayant un contrat de travail de plus d’un an. 15 jours par an quelque soit l’âge, le sexe et la nationalité du travailleur/euse. Cette première année, 600 000 personnes profitent des billets de train à prix réduits pour aller au bord de la mer ou à la campagne.

Renault

10 ans plus tard, après une grève, Renault signe avec les syndicats l’accord du 15 septembre 1955. Non seulement, l’entreprise augmente les salaires mais en plus, elle octroie à ses salariés une troisième semaine de congés payés. Le socialiste Guy Mollet, alors président du conseil, généralise cette mesure. Le 2 février 1956, l’Assemblée Nationale vote le texte à l’unanimité.

Renault encore ! En 1962, sans en aviser le gouvernement, l’entreprise automobile offre une quatrième semaine de congés payés. En 1965, le Conseil national du patronat (ancien Medef) souhaite l’étendre aux grandes entreprises françaises au mépris des PME. Le gouvernement réagit en inscrivant une loi pour tout le monde. Votée le 2 mai 1968, elle ne sera publiée que le 17 mai 1969, après les événements de mai 68 et la dissolution de l’Assemblée Nationale. Avec ses 4 semaines de congés payés, la France devient le deuxième pays au monde après Cuba à obtenir autant de repos.

5eme semaine et chèques vacances !

Après l’élection de François Mitterrand, Le gouvernement de Pierre Mauroy obtient la semaine de 39 heures, une cinquième semaine de congés payés et 8 jours fériés par an pour tous les salariés. Un ministère du temps libre verra même le jour, juste le temps de la création des chèques vacances.

Bonnes vacances et bonnes fêtes de fin d’année !

Nos actionnaires, c'est vous.

Aidez-nous à rester gratuit, indépendant et sans pub :

1 réflexion sur “Histoire des congés payés”

  1. Je pense qu’il faut commencer l’année sur de bonnes bases sociales : les congés payés ne sont pas du tout inventés par la droite -la bourgeoisie, qui possède le capital financier et le fait fructifier par le travail. Ce sont bien les forces sociales issues des associations de travailleurs qui ont gagné les congés payés. Ensuite les parlementaires de gauche ont voté ces avancées sociales dans les lois sur le temps de travail. Et une grosse erreur est de lier les congés aux loisirs comme celui de partir au bord de la mer. Les congés sont d’abord et avant tout des périodes arrachées au temps passés à l’asservissement engendré par les conditions de travail éprouvantes. Congés = repos.
    Pour la droite, le slogan  » travailler plus » se poursuit avec les prochaines tentatives d’allongement de la durée du travail sur la carrière soit travailler jusqu’à 65 ans.
    On entend plus du tout parler de la diminution du temps de travail hebdomadaire ou de la semaine de 4 jours. Le président et le patronat pourraient sortir le joker de l’augmentation du nombre de jours de congés annuels pour faire passer le texte de la réforme des retraites.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cet article vous a plu ?

Soutenez le Cactus !

Le journalisme a un coût, et le Cactus dépend de vous pour sa survie. Il suffit d’un clic pour soutenir la presse indépendante de votre région. Tous les dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66% : un don de 50€ ne vous coûte ainsi que 17€.