Quand La Montagne écrit sur l’hommage à un prêtre accusé de viol !

Mediacoop est connu pour ses enquêtes qui sont révélées au national, comme l'affaire de l'amiante à Aubière, dénoncée ce matin sur RMC et BFM. Mais l'équipe de notre structure travaille aussi sur la critique des médias. Nous avons découvert ce week-end un petit article, dans La Montagne, sur l'hommage rendu au curé de Royat, poursuivi pour viol en 2020...Nous pensons bien évidemment à la victime.

La Montagne a enlevé l’article mis en ligne sur son site, après avoir été interpellé par une de leurs lectrices, Josette Roudaire. Elle nous a appelés dans la foulée.

Mais l’article reste dans les pages du journal papier du Week-end. Et ça s’appelle une bourde.

« Un hommage pour se rappeler les bons souvenirs »

On y voit sur une photo, le curé royadère, parler au micro, pour dire ses adieux à la paroisse. Un petit texte explique même que ce moment de convivialité aura été l’occasion de se rappeler des bons souvenirs.

Pourtant, le Père Baptissard n’a pas laissé de bons souvenirs du tout. Une plainte en 2018 a été déposée par une jeune femme. Une enquête est alors menée. Elle durera jusqu’en janvier 2020, date à laquelle le curé sera mis en garde à vue. Il a alors 86 ans.

Le 28 janvier 2020, l’archevêque de Clermont-Ferrand, Monseigneur François Kalist organise une conférence de presse. Il y explique être au courant de l’affaire depuis le dépôt de plainte et avoir respecté le travail d’enquête. Il formule surtout sa « tristesse » et sa « honte », « sa peine » pour la victime.

Mise en examen pour savoir s’il a fait d’autres victimes

La victime n’avait que 8 ans en 1998, quand le prêtre l’a violée, alors qu’il rendait souvent visite à sa grand-mère pour des rendez-vous amoureux. La jeune fille aura mis 19 ans avant d’en parler à sa famille et 20 ans avant de porter plainte.

On imagine alors la stupeur, et la colère que la jeune femme a dû ressentir en voyant un article relatant l’hommage des paroissiens pour cet homme désormais âgé de 88 ans et qui décide de prendre sa retraite.

Responsabilité médiatique

Quelle est la responsabilité des médias en pareil cas ?

Peut-on, doit-on, malgré tout, écrire un article en l’honneur d’un homme accusé de viol ? Mérite-t-il un encart dans la presse locale, avec sa photo ?

Cela révèle-t-il aussi les difficultés financières de la presse quotidienne régionale, qui fait de plus en plus appel à des « correspondants » non journalistes, non salariés, (payés au feuillet) ?

Message d’Impunité

Selon Karine Plassard, militante féministe, « cet article renvoie un message d’impunité. Jugé trop vieux pour être incarcéré, il a déjà pu échapper à la prison, mais en plus, on lui rend hommage ! Sa carrière cléricale est tout de même entachée d’un viol sur mineur. Et puis, déjà d’un point de vue médiatique, le curé de Royat mérite-t-il sa photo dans le journal le jour de sa retraite ? N’y a-t-il pas d’autre information plus majeure ? Il faut savoir que cet homme est responsable du mal qu’il a fait et qu’il est aussi responsable des 20 années de silence de cette jeune femme. Il avait 66 ans au moment des faits, elle, 8 ans, il l’a manipulée à tel point qu’elle n’a parlé que 20 ans après. C’est une ordure qui n’a pas subi sa peine et qui en plus est félicité pour sa carrière. C’est honteux. »

Il nous semble important de rappeler ici, dans ces lignes, que pour notre part, nous apportons tout notre soutien à la victime.

Articles de l’époque :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/pretre-soupconne-viol-tristesse-honte-archeveque-clermont-ferrand-1780501.html

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/un-pretre-octogenaire-mis-en-examen-pour-le-viol-presume-d-une-fillette-en-1998-20200125

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/pretre-Puy-Dome-mis-examen-viol-2020-01-26-1201074210

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