29 septembre : rentrée des luttes dans tout le pays

Ce matin, à 10h30, la manifestation interprofessionnelle est partie de la Place des Carmes. Comme dans tout le pays, un grand rassemblement a eu lieu pour contester, entre autres, la baisse du pouvoir d’achat, la réforme des retraites et la casse du service public.

Ce matin, la cloche a sonné pour annoncer la rentrée sociale en France. Dans plus de 200 lieux, des rassemblements ont fédéré des milliers de personnes. À Clermont, près de 3000 manifestants étaient au rendez-vous.

C’est à l’appel de la CGT, de Solidaires, de la FSU, de l’UNEF, de la Voix Lycéenne et de la Confédération Paysanne que les citoyens ont répondu pour battre le pavé. Dans le cortège également, plusieurs partis comme Lutte Ouvrière, la FI, le PC et leur mouvement commun NUPES.

Intersecteur et intersyndicale

En arrivant, on marque une pause depuis l’arche qui surplombe la Place des Carmes (renommée Place des Luttes depuis quelques temps). D’ici, on aperçoit les manifestants qui se regroupent. Il est 10h30 et du monde est déjà présent. Grâce aux drapeaux et aux banderoles, on comprend qui est là et quelles sont les revendications. Ce « 29 septembre », on en entendait parler depuis longtemps. Autour du miroir d’eau, on entend discuter des lycéens, des retraités, des travailleurs de l’Éducation nationale, de la santé, du social, des ouvriers…

Faire bouger les lignes

Il est 11 heures lorsque le cortège se met en route. Les revendications sont nombreuses : la hausse du smic et des salaires en général et donc l’augmentation du pouvoir d’achat. Les citoyens réclament également l’amélioration des conditions de travail, la revalorisation du service public et l’abandon de la réforme des retraites.

Lorsqu’on parle de l’Éducation nationale, on parle souvent des profs. Ces derniers veulent plus de reconnaissance, de moyens et de meilleurs salaires, surtout après une rentrée catastrophique comme cette année. Mais aujourd’hui, c’est avec Marie et Mélissa, deux lycéennes que nous avons échangés. « On a à cœur de soutenir les mouvements sociaux et puis, on est toutes les deux filles de profs donc on a vu sur plusieurs années comment ça évoluait et justement, ça ne bouge pas beaucoup, c’est toujours les mêmes problèmes, ce qui montre que rien ne change. » expliquent ces dernières.

Juste à côté, les différents syndicats échangent sur le thème de la santé. Ici, on parle évidemment des conditions de travail. Ils sont bien loin les applaudissements du confinement. Il y a le médical mais aussi le médico-social. Les agents demandent que le Ségur (prime de 183€) soit égalitaire et donc, distribué à tous.

Quatre hommes discutent dans la foule. Ils sont de la Territoriale de la FSU. Ils travaillent pour la métropole clermontoise. L’un est à la retraite, deux autres bossent dans les espaces verts. Le dernier est bibliothécaire. « À force de fonctionnaire-bashing, il y a un problème d’attractivité des carrières publiques. Mais la question prioritaire, c’est celle du pouvoir d’achat. En ce moment, c’est la politique de l’autruche. », insiste-t-il.

Pouvoir d’achat et retraites en tête de cortège

C’est le grand refrain de ce matin, la priorité des manifestants. Après une inflation record et un prix des énergies au plus haut, de nombreux français ne parviennent plus à faire face. Un travailleur nous alerte : « Moi, je suis technicien d’intervention. Je suis aussi d’astreinte gaz. Si t’as un problème à 4 heures du mat’, tu m’appelles et je débarque. Mais malgré mes conditions de travail difficiles, mon salaire est gelé depuis 5 ans alors que l’inflation elle…. Il y a du monde, c’est bien, c’est un problème commun. ».

La question des retraites est aussi dans toutes les bouches. Ce combat, cela fait des années que les syndicats et salariés le mènent. Mais l’exécutif veut passer, même en force s’il le faut. Emmanuel Macron n’exclut pas de dissoudre l’Assemblée si les débats n’aboutissent pas avant l’hiver est qu’une motion de censure est votée contre le gouvernement. « Ils essaient de faire passer la réforme en catimini, nous, on essaie de s’accrocher. », affirme une militante du collectif Culture en Danger qui rappelle les conséquences de la réforme de l’assurance chômage sur les intermittents, et pas que du spectacle. « Ça participe à la casse du système de solidarité. ».

Et demain, la lutte ?

La foule remonte jusqu’à Delille, passe le Boulevard Trudaine pour se diriger place de Jaude. C’est le moment des prises de paroles. Plusieurs manifestants nous disent leur peur de ne pouvoir poursuivre la grève dans un contexte où une journée de salaire ne peut plus être sacrifiée.

Pour d’autres, la lutte doit continuer coûte que coûte. Les représentants annoncent déjà un mouvement social d’ampleur qui n’en est qu’à ses débuts.

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1 réflexion sur “29 septembre : rentrée des luttes dans tout le pays”

  1. Bien sur que tous les salariés doivent percevoir le CIT qui n’est qu’un modeste rattrapage de la stagnation du point d’indice dans la fonction publique.
    La question de l’application de ce dispositif au privé associatif relèverait de la justice salariale, de l’égalité salariale. Mais si on parle maintenant d’égalité salariale, il faut bien aller voir ce qui apparait au bas de la fiche de paye.
    Pour un même métier, éducateur par exemple, les salaires du privé sont 30 % plus élevés que les grilles indiciaires du public.
    Le montant des retraites suit la même courbe parallèle à l’avantage du privé. Est ce à dire que les cotisants fonctionnaires alimentent les caisses des autres régimes ?
    DONC commençons par l’égalité au niveau du traitement de base afin de faire disparaitre cette inégalité structurelle de salaire.
    Les salaires doivent augmenter de façon transparente et juste mais en fonction de quel indice ? Le taux d’inflation ? IL y a des choix qui profitent au plus hauts revenus et aux salariés qui ont l’espérance de vie la plus longue.
    Le pouvoir d’achat qui est un autre critère mais qui est très réducteur car il ne prend en compte que l’évolution du salaire et sa capacité à financer ses besoins. Il semble de plus consensuel et réunit groupes politiques divers.
    Les OS relaient ce critère mais ne prennent pas en compte l’usure de la monnaie ( comme le pratique l’INSEE).
    Ainsi on observerait que le réel pouvoir d’achat d’un fonctionnaire N’A PAS AUGMENTE PENDANT CES 30 DERNIÈRES ANNÉES. Il est au même niveau ce qui met les fonctionnaires dans une situation tout a fait particulière. L’état rembourse la dette sur le dos des agents publics et maintenant sur le dos de tous les salariés avec l’allongement de la durée du travail.
    Pour changer les choses, il faudrait peut être, comme les dockers anglais, décider d’un arrêt de travail pendant toute une semaine.

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