Le soleil se lève à peine sur ce lundi matin. Devant les grilles du lycée Ambroise Brugière, dans le nord de Clermont, des caddies empilés bloquent l’accès à la cour. Dès 8 heures, plusieurs lycéens mènent le blocus afin de dénoncer la réforme des retraites. De l’autre côté de a voie de tram, les renseignements généraux sont là ainsi qu’un véhicule de gendarmerie et des membres de l’Académie.
Soutenir les profs et les autres
« Nous sommes contre cette réforme. On le dit pour soutenir nos professeurs et nos parents. ». Yasine est de tous les combats dans son lycée. Élève en 1ère, ce dernier est heureux de la façon dont les enseignants ont reçu son action de ce matin. « Les profs passent et affichent tous un petit sourire avant de continuer leur chemin. ». Certains sont en grève aujourd’hui et présents pour soutenir les élèves. « Il y a différentes revendications. D’abord, les conditions d’étude. Dans certaines classes, ils sont 33 ou 34. C’est le lycée général et technologique avec le moins de moyens dans l’Académie. Il y a aussi la réforme. Ce n’est pas parce qu’on a 15 ou 17 ans qu’on ne se sent pas concerné. », explique David de la CGT Éduc’Action et prof à Brugière. « Je fais grève car je suis contre cette réforme. On ne va pas passer notre vie à nous sacrifier alors que l’argent, il est déjà là. », souligne un de ses collègues.

Lutter contre les retraites, cela a un sens particulier dans ce lycée des quartiers nord. Ici, beaucoup d’élèves sont issus de familles précaires. « Si les vieux ne partent pas, nous, on ne peut pas entrer sur le marché du travail. Mais surtout, ici, l’espérance de vie est moins grande. On profite moins de sa retraite quand on a été ouvrier. », clame Olivia de la Voix Lycéenne.
Brugière ne compte pas pour du beurre
Il y a la réforme, certes mais ce matin, les lycéens avaient aussi à coeur de dénoncer la situation dans leur lycée. Celui avec le moins de moyens dans l’Académie. « Il y a du sureffectif, notamment en STMG et dans les classes de seconde. Mais la région ne vient jamais à nos réunions du CA. Est-ce qu’on est pas un peu mis de côté dans les quartiers? », se demande Yasine.
10 heures. C’est la récré. Les jeunes montent sur un banc pour entamer leur discours. « C’est une injustice pour nos professeurs et nos parents. », « Aujourd’hui, Ambroise Brugière est révolté. », « On a besoin d’argent pour un meilleur enseignement! ».

Devant le lycée, les jeunes de la FI et du Parti Communiste Français sont là. Des syndicats tels que l’UNEF, Voix Lycéenne et l’UCL également. Une AG est prévue à 14 heures. Tous se donnent rendez-vous demain pour une seconde mobilisation d’ampleur dans la rue.